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26/04/2007

Petit rappel

La note sur Eric Besson vous a visiblement beaucoup inspirés. Néanmoins je ne peux valider de commentaires insultants ou diffamatoires. Soyez gentils de faire attention à ne pas dépasser la limite. Vos opinions sont libres, mais j'ai aussi une responsabilité vis à vis de la loi.

Ça m'évitera  de passer pour un censeur.

Merci 

24/04/2007

Le culot d'Eric Besson, futur animateur de "l'aile gauche du sarkozysme"

Eric Besson au premier rang du meeting de Sarko. Là, il y va quand même un peu fort, celui qui il y a quelques semaines rédigeait encore pour le compte du PS un stupide brulot anti-sarkozyste qui dénonçait un "néo conservateur à passeport français". Bon, il a fait amende honorable, mais tout de même ce Canossa ressemble furieusement à une demande de maroquin ministeriel.
Je ne retire rien à ce que j'ai écrit ici au sujet de son bouquin. Je ne remets pas en cause non plus son honnêteté. Mais cet excès d'opportunisme, cet absence de retenue qui confine à l' indécence nuit à la sincérité du propos initial,  une demande de modernisation du PS. Même accompagnée d'un appel à sanctionner Royal, je pouvais encore comprendre l'impatience du militant. Là, il me semble que la ligne rouge est franchie. Dommage.

23/04/2007

Autres leçons

Après examen attentif des résultats d'hier, il apparait que le vote Le Pen recule partout, mais en plus grande proportion dans le sud est et l'Est que dans les départements du Nord ou l'on sait qu'il est sociologiquement davantage composé d'ouvriers ou de "cassés" de la mondialisation. Dans ces départements le vote utile à gauche à aussi moins joué qu'ailleurs. On trouve Besancenot et Buffet au dessus de leur moyenne. Ce qui semblerait indiquer que Ségolène Royal a moins bien réussi que Sarkozy son travail de récupération d'électeurs naturels de son camp, partis par déception vers les extrêmes.
Ceci serait confirmé par ce que nous disait Edouard Le Cerf de la Sofres, malgré sa claque Le Pen reste premier chez les ouvriers...
Par ailleurs, il semble que la vague des ralliements d'élus UDF à Sarko ait commencé dès cette nuit, ce qui laisse mal augurer de ce que fera Bayrou de sa "victoire". Ce matin ses principaux lieutenants étaient indisponibles pour commenter les résultats...

Quelques leçons du 1er Tour

Voici les impressions que je n'ai pas pu donner ici dès hier soir, étant à l'antenne de la soirée électorale de France 24 (qui fut soit dit en passant un grand succès, vous devriez essayer ça change!)
Comme l'a souligné assez justement hier le publicitaire Claude Posternak sur notre plateau la France sortie des urnes de 2007 a fait un bon en avant de 50 ans en distinguant nettement 3 candidats "modérés", adeptes de l'économie de marché et favorables à l'Europe. Je préfère le visage de cette France là, avec un Le Pen à 11% que celui de 2002. Sarkozy a réussi à l'affaiblir. S'il est élu, il faudra surveiller le FN comme le lait sur le feu, c'est à dire ne pas décevoir cet électorat chatouilleux.

La France est sortie en une soirée du chiraquisme, comme le montre le resultat de la Corrèze, où Ségolène Royal est en tête!

La première leçon qui doit être retenue,  c'est que la démocratie, pour rester vive et joyeuse a besoin de renouvellement, ce qui veut dire que nous serions bien inspirés de retenir cette leçon qu'appliquent déjà nos voisins: Quand on a perdu, on se retire du jeu, on laisse la place à d'autres. Quand on gouverne, il est normal que l'on cherche à se representer, mais pas plus d'une fois. La participation massive d'hier est la marque d'un espoir dans une nouvelle génération. Pour le reste: Sarkozy est haut, très haut même, la gauche à un niveau historiquement bas. Il sera dur à battre. Le fait qu'un nombre non négligeable d'électeurs de centre-gauche aient voté Bayrou est un signe d'impatience dans la lenteur du PS à se moderniser. Mais il ne peut pas y avoir d'alliance UDF/PS dans de telles conditions. Pourquoi? La logique du scrutin majoritaire impose en effet de faire des alliances entre les deux tours. Ivre de son score, Bayrou a oublié ce petit détail. Or, les élus UDF vont commencer à s'inquiéter de leur sort aux législatives. Et il est probable qu'une majorité des électeurs de l'UDF, même avec des réticences se sentent sans doute plus proches du projet de Sarkozy. Il ne paut pas s'atteler à un PS faible (Ségolène Royal ne fait guère plus en pourcentage que le total Jospin+Chevènement+Taubira en 2002). Bayrou n'a pas d'autre choix que de laisser la liberté à son électorat, sauf à se condamner à ne plus compter du tour dans les 5 ans à venir. En effet, dans toutes les démocraties européennes les partis charnières (comme le FDP en Allemagne) vont vers le pôle qui attire le plus. Or, le PS n'est pas assez fort pour agréger les centristes. Il doit d'abord faire sa mue, pour retrouver un étiage d'environ 30% qui fait que l'on devient interessant pour ses alliés. En cas de défaite le 6 mai, il serait bien inspiré, cette fois-ci, d'y travailler sérieusement  et de ne pas seulement compter sur l'anti-sarkozysme pour revenir au pouvoir, ou de se laisser griser par des victoires aux élections intermédiaires. Il est normal que l'UDF, comme d'ailleurs le FN , les verts, etc... demandent une dose de proportionnelle. Mais ce mode de scrutin sympathique en apparence est en fait vecteur d'instabilité et d'opacité. C'est celui de la IVème république, des combinazione qui au bout du compte signifient que les électeurs sont floués. Si on veut aussi, ce qui est absolument necessaire, renforcer le parlement il faut que s'y dégage des majorités claires et que les gouvernements ne soient pas menacés d'être renversés toutes les deux semaines...
La tonalité de la campagne du deuxième tour sera interessante. Si la gauche mise uniquement sur l'antisarkozysme, elle risque d'aller vers une nouvelle déconvenue. Outre que ce serait un choix médiocre, il ne se trouvera pas une majorité de Français pour croire qu' un homme qui a déjà obtenu déjà plus de 11 millions de voix au premier tour est dangereux.
Je me demande comment quelqu'un comme Jean François Khan va réagir lorsqu'il verra que son préféré Bayrou n'adhère pas au TSS, "tout sauf Sarko"?
Il faudrait plutôt que Ségolène Royal explique pourquoi elle pense que ses propositions sont meilleures pour la France, sur le plan économique et social, sur celui de la politique étrangère et européenne, sur celui de l'intégration des populations reléguées dans les banlieues, que le projet de Sarkozy. Mais elle devrait pour cela  préciser au préalable un programme qui est résté dans le flou sur de nombreux points.
Voilà, sa marge de manoeuvre paraît bien étroite (on est plutôt dans le cas de figure 74 que 81), mais c'est une autre campagne qui commence!

20/04/2007

Halte au hooliganisme sur la blogosphère!

medium_elysee-2.3.jpg

A défaut d'avoir fait la démonstration tangible de leur utilité dans cette campagne, certains blogueurs menacent de tout casser d'ici dimanche soir en publiant des estimations de résultats avant 20 heures, au mépris de la loi, mais surtout de l'esprit de la démocratie qui exige un minimum de respect pour l'électeur au moment ou il fait son choix. Certains, comme Morandini, ont pignon sur rue dans de grands medias, ce qui me rend perplexe.

Quoiqu'il en soit, ce faisant, ils espèrent attirer l'attention vers eux grâce à l'odeur du scandale. Recette bien connue, utilisée par une certaine presse ou une certaine télévision qu'ils sont souvent les premiers à stigmatiser. Les arguments avancés sont parfois recevables, notament le fait que les medias étrangers vont révéler ces tendances, en général très proches du résultat final, dès que les instituts les communiqueront à leurs clients, vers 18h40 en général et que n'importe quel internaute ou télespectateur disposant du satellite ou du câble aura facilement accès à ces fuites. Il est évident que la loi française est devenue totalement obsolète. D'autres justifications sont consternantes, comme le projet de Guy Birenbaum de démontrer "par l'absurde" les ravages de la démocratie d'opinion...
Ce hooliganisme politique, je pèse mes mots, est symptomatique d'une malheureuse évolution d'internet, en particulier des blogs, une certaine catégorie de blogs en tout cas qui évolue en lisière des grands medias. Ils sont tenus par des personnalités qui s'illustrent aussi sur les antennes et se sont servi de leur blog pour contester le leadership des grands medias. Ils prospèrent sur la vague de méfiance dont sont l'objet les journalistes soupçonnés de conspirer contre la démocratie et parfois de mentir ou de cacher la réalité.
Pour revenir au fond des choses, je crois que cette affaire est importante du point de vue des principes, beaucoup plus que de ces effets. Ainsi, e ne crois pas que la révélation des estimations (réalisée rappelons le à partir des cent premiers bulletins dépouillés dans les bureaux de vote fermant à 18 heures en france metropolitaine) un peu plus d' une heure avant la fermeture des derniers bureaux de vote soit de nature, sauf cas exceptionnel mais pas totalement exclu, à modifier le résultat définitif. Le risque existe pourtant qu'un candidat qui serait distancé de peu de voix pour la deuxième place qualificative pour le second tour introduise un recours et fasse invalider l'élection. Ceux qui prennent ce risque, aussi minime soit-il, qu'ils soient Français, Belges ou Suisses oeuvrent contre la démocratie. Ce qui est curieux c'est qu'il nous rebattent sans arrêt les oreilles des entorses faites par les grands medias à ces mêmes principes.
Il y a la loi électorale qui est certainement à revoir, en particulier celle qui réglemente les temps de parole qui infantilise à l'extrême les journalistes, et il y a l'esprit de la démocratie. Le respect de celui-ci exige que sans se poser plus de questions, chacun, au lieu de dénoncer je ne sais quel ridicule complot d'initiés , observe cette tradition d'abstinence (de commentaires, de "révélations") pendant que se déroule le scrutin et donc jusqu'à ce que le dernier electeur se soit prononcé. A cet égard il faut saluer la décision prise d'avancer le vote dans les Dom Tom au samedi, même si j'ai été surpris-sur une radio- d'apprendre que cette decision était accompagnée d'une quarantaine mediatique qui empêche les domiens d'avoir accès aux radios et télé métropolitaine dès le vendredi (là encore, si c'est exact, chapeau le CSA!)
Il faut aussi féliciter les responsables de 20 minutes qui ont annoncé leur souhait de respecter la loi, même si cela doit leur faire perdre des internautes qui iront s'abreuver ailleurs, et de poursuivre leurs blogueurs qui contreviendront à cette consigne.
Au fond ce débat ne sera définitivement tranché que le jour ou tous les Français voterons avec des machines à voter. Alors, à 20 heures piles et pas avant, les journalistes découvriront comme tout le monde, non plus des estimations, mais le résultat exact du scrutin...

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<a xhref="http://influenceurs.net/cgi-bin/display_news.pl?site_id=influenceurs&news_id=1510&skin_file=redirect.html&redirect=1" mce_href="http://influenceurs.net/cgi-bin/display_news.pl?site_id=influenceurs&news_id=1510&skin_file=redirect.html&redirect=1" title="22 avril : pas de résultats avant 20h">
<img xsrc="http://vanb.typepad.com/photos/uncategorized/2007/04/15/electionday.gif" mce_src="http://vanb.typepad.com/photos/uncategorized/2007/04/15/electionday.gif" width="150" height="150" alt="22 avril : pas de résultats avant 20h" /></a><br />
Recommandé par des <a xhref="http://influenceurs.net/news/on-vote-pas-de-resultats-avant-20-heures" mce_href="http://influenceurs.net/news/on-vote-pas-de-resultats-avant-20-heures" title="Affichez votre soutien (code html à insérer sur votre site)">Influenceurs</a>
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09/03/2007

Quand, ne craignant plus rien, tonton Raymond en vient à règler quelques comptes...


La harangue de Barre contre le lobby juif, l' éloge funèbre de son ancien ministre Papon, et du "pays" Gollnisch, son autojustification pathétique de ses propos tenus après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic lui ont valu le soutien du dit Gollnisch mais aussi de Dieudonné, ce qui dit assez dans quel état Barre termine sa vie publique. Là dessus, je souscris à ce qu'en a dit Claude Askolovitch. Nous avons les mêmes souvenirs. J'ajouterai ceci: Barre peut bien en vouloir à un "lobby juif". J'ai déjà dit que cette expression, en soit, ne me choquait pas. Celà a été utilisé par quelques sites pas très bien intentionnés et j'en profite pour préciser: On peut très bien appeler "lobby juif" le regroupement de certains juifs, de certaines associations qui estiment, à un moment donné qu'elles veulent unir leur force pour mettre en échec ce qu'elles considèrent être des actions nuisibles à l'idée qu'elles se font des intérêts des Juifs, mais plus souvent- puisqu'il s'agit de politique- d'Israël. L'ennui c'est que, primo elles peuvent très bien se tromper sur ce qui est bon pour les Juifs et pour Israël: quels Juifs? Les religieux ou les laïcs? Quel Israël? Celui des colonies ou celui qui s'encanaille à Tel Aviv? Bon, déjà. Secondo, l'autre problème c'est que le poids démographique des Juifs Français ne peut faire peur qu'aux antisémites qui ont tendance à le surpondérer. A tout casser 6 à 700000 personnes, et encore pas toutes revendiquées comme telles. Ça ne peut pas avoir de réel poids politique, comme par exemple influencer sur le résultat politique dans une ville comme New York. L'antisémitisme commence lorsque l'on prête à ce "lobby" des pouvoirs, ou une influence qu'ils n'a pas. Mais il arrive, allez, disons deux ou trois fois dans un siècle, que ces Juifs qui ne sont pas d'accord sur grand chose quand il s'agit de politique, soient soudain tous d'accord et avec eux, ça arrive aussi, une bonne partie du reste des Français, assez parfois pour faire une majorité du peuple français. Pendant l'affaire Dreyfus ça n'a pas été sans mal. Sous Pétain, on sait que les persécutions anti-juives ont été le déclencheur, avec le STO, d'un lent mais inexorable retournement d'une opinion d'abord largement maréchaliste vers la résistance, ou en tout cas disons vers les "anti-boches" et "les anti-collabo". Le comportement de Papon a révulsé la France et la justice a tranché. La France juge tout aussi sévèrement l'attitude de Raymond Barre. Ce qui s'est passé, en 1981, c'est que pour une fois, une partie importante des Juifs de ce pays, qu'ils soient de gauche ou de droite ont soutenu Mitterrand. ils l'ont fait comme beaucoup d'autres catégories de Français pour des tas de raisons. Simplement, le comportement méprisant de la France giscardobarriste vis à vis des Juifs et d'Israël en était une de plus. Là dessus, Barre a complètement tort d'incriminer " la partie la plus à gauche du lobby juif". Celle là était de toute façon acquise à Mitterrand. Ce qui s'est passé, c'est que le Renouveau Juif réunissait des Juifs plutôt à droite, plutôt des bourgeois commerçants qui auraient dû craindre l'arrivée des "socialocommunistes", mais qui, à cause de comportements comme ceux de Barre après Copernic, ou de Giscard courbé devant les pétromonarques, ont voté à rebours de ce que leur dictaient leurs interêts sociologiques. Je crois que cela ne s'est pas reproduit depuis.

28/02/2007

Une campagne nulle

medium_trio.jpgLa compétitivité de la France dégringole de la 6ème à la 9ème place des dix plus grandes nations européennes, selon une étude de l'économiste en chef de l'assureur Allianz. L'Allemagne a fait le chemin rigoureusement inverse (de la 9ème à la 6ème place). Seule l'Italie fait moins bien que nous. Avez-vous entendu un seul candidat évoquer ce sujet? Non. Ils ont tous bien trop peur de passer pour "déclinistes". Le manque de compétitivité d'aujourd'hui est directement responsable du chômage de demain, ce qui laisse présager que le futur ou la future élu (e) va passer un sale moment. (dernière minute: Ségolène Royal vient de dire que "les deux premières années seront difficiles". Il y a du mieux...)
Airbus va supprimer 10000 emplois, dont probablement 4000 en France. Ce n'est pas une de ces entreprises dirigées par des financiers obsédés par la rentabilité, mais par des capitalistes à l'ancienne, c'est à dire choisis en  raison de leurs connexions avec l'Etat, actionnaire lui aussi. D'ailleurs on les sent de moins en moins motivés par leur présence au tour de table de l'avionneur. Leurs euros rapporteraient en effet beaucoup plus investis ailleurs. Ils ne restent que parce qu'ils n'y a pas d'autres partenaires européens industriels privés d'importance pour les y remplacer. Bref, on leur demande de faire preuve de patriotisme économique, ce qu'ils font jusqu'ici, en ne cessant pourtant de dire que c'est du provisoire. On peut rêver mieux comme actionnaire!
Ces suppressions d'emploi ont leur origine dans les retards du programme A380 et dans le taux de change euro/dollar qui plombe les exportations (et donc les emplois) européens. Si les Allemands s'en sortent mieux que les Français avec le même euro, c'est justement parce qu'ils ont su améliorer leur compétitivité. La boucle est bouclée. La France ne peut prétendre  bénéficier des avantages de l'euro avec une gestion des finances publiques aussi catastrophique et en négligeant la productivité du travail.
Normalement, le pays devrait vivre un grand débat sur les moyens de retrouver le chemin de la compétitivité. Un débat avec nos voisins pour s'inspirer des recettes qui ont bien marché ailleurs. Un débat sur le prix à payer, car il est évident qu'il y en aura un. Mieux vaut dire quelles catégories devra le supporter et dans quelles proportions. C'est le rôle de la fiscalité. Le sujet de la TVA sociale, ou de l'impôt de consommation est complètement absent du débat. Aucun candidat n'ose le mettre en avant, de crainte de le payer en impopularité. C'est pourtant un moyen efficace utilisé avec succès par les Allemands et les scandinaves (tiens, vous avez remarqué, personne ne parle plus du "modèle danois"...) pour soulager la production sans taxer le travail et en même temps en pénalisant les importations en provenance des pays à faible coût de main d'oeuvre. Bref un impôt anti-délocalisation et favorable à l'emploi en France, et personne n'en veut! Vous y comprenez quelque chose? Evidement, c'est le consommateur qui va payer, mais comment faire autrement si l'on ne peut plus taxer ni le capital, ni le travail?
De ce débat essentiel, il n'est guère question nulle part. Sarkozy a déserté le thème de la rupture. Ségolène a mis une sourdine à sa petite musique pour se ménager les éléphants. Je doute que cela lui fasse gagner une seule voix. Les candidats, mais tous les candidats, continuent à surenchérir en promettant tout et son contraire. A qui apparaîtra comme le plus compassionnel, le plus sécuritaire, le plus ouvert ...ou un mélange de tout cela. Aucun des principaux candidats ne manque pourtant de qualités et ils valent sûrement mieux que la caricature que leurs adversaires passent beaucoup de temps à peaufiner. Ségolène Royale n'est pas populiste parce qu'elle veut tenir compte du peuple. Pas incompétente parce qu'elle s'affranchit de quelques dogmes en politique étrangère. Sarkozy n' a pas eu tort de parler de la "racaille" des banlieues. Elle existe, hélas, et prétend même lui interdire d'y remettre les pieds. La moquerie dont l'affligent les socialistes à ce sujet est consternante.
Reste Bayrou, qui tente bien de récolter quelques pépites abandonnées par l'adversaire. Mais lui aussi déçoit. C'est dans son camp que l'on trouve les adeptes les plus convaincants de la TVA sociale. Or, il n'en dit mot, préférant flatter la clientèle enseignante. Un clientélisme éhonté auquel même les socialistes n'osent plus se livrer.
A force de reculer le moment de vérité, vous verrez que ce sera tooujours le même qui réussira à passer pour celui qui la dit. Devinez qui?

19/02/2007

Avec Alain Duhamel

medium_image_duhamel.jpgAlain Duhamel, suspendu après avoir révélé- de manière incidente- son intention de vote en faveur de François Bayrou, a dénoncé le "caractère totalitaire d'Internet". Je crois qu'il se trompe. Ce qui est totalitaire, c'est de l'avoir suspendu, et pas d'avoir simplement porté à la connaissance du public son propos. Après tout, Alain Duhamel est un des journalistes politiques les plus influents du pays, il n'est pas anormal que ces déclarations publiques soient portées à la connaissance de ses lecteurs et auditeurs, au delà du petit cercle des étudiants de sciences-po. Ce qui l'est, c'est de suspendre un journaliste pour une raison pareille! Alain Duhamel a parfaitement montré qu'un journaliste digne de ce nom peut très bien conserver son sens critique, même envers un homme politique pour lequel il éprouve de la sympathie. Cette suspension est un lynchage pur et simple. C'est aussi une hypocrisie de plus, car nombre de journalistes ne se privent pas de manifester leur soutien à tel ou tel candidat, de manière évidement subliminale, parfois par une connivence qui s'exerce loin des micros et des cameras. C'est aussi un signe d'archaïsme profond du monde journalistique français. Aux Etats-Unis, pays ou l'on ne plaisante pas avec l'indépendance de la presse, il est de tradition que les journaux fassent part de leur préférence à la veille d'une échéance importante. C'est une forme de respect.

Par ailleurs, on ne peut pas encenser le "journalisme-citoyen" et empêcher les journalistes d'être aussi des citoyens et d'informer, s'ils le souhaitent, leur public de leur préférence. C'est la différence entre choix citoyen et choix partisan. Que croit-on? Que même les admirateurs inconditionnels de Duhamel vont forcément l'imiter, créer un comité de soutien à Bayrou, lui envoyer des chèques? Qu'ils seront influencés? Peut-être, et alors? La presse n'influence-t-elle pas de manière beaucoup plus insidieuse?

Le comprtement d'Alain Duhamel est exemplaire et moderne. Ne sommes- nous pas entrés, justement avec internet, dans une époque de clarté entre les citoyens et les medias?

N'est-ce-pas au contraire en libérant la parole des journalistes, en cessant d'en faire les eunuques du harem politique que le public retrouvera un peu confiance en eux? C'est d'ailleurs ce qui est intéressant dans les propositions de Bayrou, justement, qui veut empêcher les groupes industriels dépendant des marchés d'Etat de contrôler des medias. Car, contrairement à Alain Duhamel, je ne m'offusque pas des critiques du candidat centriste contre le monde médiatique, que je trouve assez fondées dans l'ensemble. Précisément, le contrôle des moyens d'information de masse par des groupes dépendant de commandes publiques est source d'opacité et fait pencher ces medias du côté du manche ou de celui ou celle dont ils estiment qu'il ou elle aura les meilleures chances de l'emporter.

Actuellement, Sarkozy. Evidement ils ne le disent jamais.

A côté de cela, la révélation par Alain Duhamel de sa préférence est une manifestation d'honnêteté et d'intégrité professionnelle. Ni plus ni moins.

 

12/02/2007

La martingale Royale


La candidate socialiste peut-elle refaire son retard sur Nicolas Sarkozy avec ses 100 propositions?..Avec quelques symboles aussi, Une candidate qui est aussi une mère et qui affirme vouloir la même réussite pour chaque jeune Français que pour ses propres enfants...Les candidats pères n'avaient jamais osé...Chirac s'était contenté de souhaiter faire avec la France la même chose qu'avec Paris.

La veste rouge, ensuite, en accord avec la tonalité du discours qui, de l'avis général, a déplacé son centre de gravité sur la gauche, alors que Sarkozy affichait à la Mutualité ses ralliements centristes...

Pourtant, à y regarder de près, les choses pourraient bien être plus compliquées que cela...La mise en garde sollenelle sur la gravité de l'endettement de la France d'abord, le coup de boutoir contre l'Etat jacobin ont surpris dans les premiers rangs de l'assistance où se trouvaient les élephants....Heureusement vint aussitôt la déclinaison de "l'ordre juste"...

Mais comment augmenter le SMIC (si l'Etat le prend en charge), les petites retraites, l'allocation logement, handicapés, financer le revenu jeunesse, la carte santé des 16/25 ans, doubler le budget de la justice, limiter à 17 elèves les classes de Zep, depenser autant par étudiant que la moyenne de l'OCDE etc...etc...sans aggraver l'endettement, ni augmenter les impôts...(ce qu'on suppose depuis la controverse avec François Hollande, puisque Ségolène Royal n'en a pas pipé mot hier.)
C'est la martingale Royale...
Il est vrai que les électeurs ne sont pas des comptables et que les chiffrages ne font pas de grands discours...Nicolas Sarkozy ne déroge pas à cette règle, lui qui a son lot de promesses ("tout devient possible") et veut en même temps baisser de 4% le taux de prelèvement obligatoire...4%, rien que cela, alors que Margaret Thatcher, au plus fort de sa "rupture", les fit baisser de 2%...seulement...
Alors, les promesses "n'engagent-ils que ceux à qui elles sont faites"?....Et la fonction des campagnes électorales ne serait-elle que de préparer les frustrations et les désillusions de demain?...

07/02/2007

Dominique Lorentz, c'est de la bombe!

Hier soir, je recevais Dominique Lorentz, auteur de "Sujets Interdits" édité par les Arènes. Il y a dix ans, j'avais été impressionné, étourdi même, par son permier livre "Une guerre" qui, à contre-courant de l'ensemble de la presse, faisait le lien entre les enlèvements de Français par le Hezbollah au Liban, l'attentat contre la Fnac, rue de Rennes, l'assassinat signé Action Direct, de George Besse alors patron de Renault, la disparition de Michel Baroin et, déjà, la bombe iranienne. Dominique Lorentz est une analyste. Elle ne travaille que sur des sources "ouvertes", ignorant volontairement les sources confidentielles et les dossiers opportunément déposés dans les boites aux lettres. Au fil des ans, elle est devenue une spécialiste des questions nucléaires et de la prolifération.
Dans "Secret atomique", elle raconte dans le détail l'histoire cahotique de la coopération nucléaire franco-iranienne. Elle fut la seule a relever la facétie de l'ancien président Khatami. En visite à Paris, où il vient exiger le respect par la France des engagements pris à l'époque du Shah, il dépose une gerbe sur la tombe de...Pierre et Marie Curie.
Dans "Affaires atomiques" elle révélait, rien moins, que la bombe française était le fruit de la volonté des Etats-Unis, avec le concours de chercheurs juifs du nouvel Etat d'Israël. Autrement dit, selon elle, et contrairement à l'histoire officielle, c'est Israël qui a permis à la France de monter sa bombe atomique et non l'inverse!
Dans "Des sujets interdits", l'auteur raconte comment elle a été recrutée par la Defense nationale pour travailler à la définition d'une doctrine française de contre-prolifération, avant d'être bloquée sur intervention de la DGSE. Aujourd'hui Dominique Lorentz végète, de petits boulots en petits boulots. Elle est traitée en paria pour excès de curiosité.
Hier, sur France 24, elle affirmait ceci: La supposée "gaffe" de Chirac sur l'Iran n'en est pas une. En effet, il n'est plus question, dit-elle, d'empêcher les iraniens d'avoir la bombe, ils l'ont déjà. La bombe pakistanaise est en fait une bombe irano-pakistanaise. Les puissances nucléaires occidentales ont organisé la prolifération pour créer un système d'équilibre de la terreur. Le meilleur exemple est le conflit indo-pakistanais. S'il ne dégénère pas c'est que New Dehli et Islamabad savent qu'ils ont les moyens de se détruire mutuellement. L'évolution du regime des mollahs est venu bouleverser la donne. Et si la République islamiste se montrait moins rationnelle que les autres détenteurs de l'arme nucléaire? Et si Khatami, et aujourd'hui Ahmadinedjad mettaient à exécution leur menace de destrution d'Israël? Conclusion de Lorentz: Il s'agit maintenant non plus de dissuader l'Iran d'obtenir la bombe, mais de s'en servir. D'où la menace explicite de "raser Téhéran" en cas d'utilisation de l'arme nucléaire. C'était le message très peu diplomatique que souhaitait faire passer Chirac et reçu 5 sur 5 par son destinataire. Seul bémol: Israël ou ses alliés sont-ils en mesure d'intercepter en vol un missile nucléaire avant que celui-ci n'ait quitté l'espace iranien? Mais l'essentiel est que les fanatiques iraniens pensent que cette éventualité est suffisament sérieuse pour réfléchir à deux fois avant d'appuyer sur bouton nucléaire.

PS: Le verbatim des deux entretiens accordés par Jacques Chirac au nouvel obs et au New York Times sont très instructifs. Il est impensable que Jacques Chirac se soit cru "off the record"

 
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