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01/11/2007

Attention danger, Enfants

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Les enfants. Il faut faire très attention avec les enfants et surtout s'ils se retrouvent pris au milieu d'un choc de civilisations, de cultures, d'opinions, de race, de religion, j'en passe. Voir Guy Môquet. Voir il y a très longtemps (qui s'en souvient?) la pénible affaire Finaly qui, un demi siècle après l'affaire Dreyfus, faillit encore couper la France, ses intellectuels, en deux. Voir les pseudos orphelins du Tchad (ou du Darfour, on ne sait plus) arrachés à leurs parents avec la complicité de quelques chefs de tribus. Pathétique épopée de quelques illuminés de l'humanitaire qui pensaient sans doute savoir mieux que de pauvres sauvages ce qui était bon pour les (leurs?) enfants. Quoi? On ne va pas chipoter avec les lois locales quand ils s'agit de sauver les enfants. Une bonne éducation à l'occidentale, les bonnes manières, des vêtements propres valent quand même mieux que la vie dans des camps de fortune. Même avec papa et maman. Ce raisonnement a un nom, celà s'appelle du néo-colonialisme. Avec ses bonnes intentions et même ses "côtés positifs". Mais néo coloniales quand même, voire un tantinet raciste.
Bien sûr, Idriss Déby, avec ses grotesques accusations (pédophilie, trafic d'organe, esclavage) s'y entend à merveille pour réveiller les "vieux démons", et faire sangloter l'homme blanc. Comme Khadafi avec les infirmières bulgares, le président tchadien fait sa petite tambouille politique sur le dos des occidentaux. Sauf que les infirmières étaient, elles, totalement innocentes. L'affaire ne sent pas bon du tout, et, celà n'a pas manqué, il y a eu à Abéché des manifestations anti-occidentales, durant laquelle la foule chauffée à blanc (sans jeu de mot) a failli lyncher.
Il faut certes veiller à ce que les droits des accusés soient respectés, en fonction des règles internationales, mais dans un premier temps se mobiliser pour les deux journalistes scandaleusement traités comme des complices. Sans doute parce qu'ils sont Français et blancs comme les aventuriers de l'arche de Zoé. Il faut dire que c'est aussi du racisme. (On peut signer la pétition exigeant la libération des journalistes ici)
Comment traitons-nous les enfants? Les notres bien sûr, mais aussi ceux des "autres".Quand ils sont "sans papiers", la police française les piège, et leurs parents aussi, à la sortie des écoles, où les poursuit chez eux. De temps en temps en tentant de s'enfuir par le balcon, il y en a un qui tombe (A Amiens, le jeune russo-tchétchène Ivan Demsky débouté du droit d'asile , lui et ses parents). Il éviter tout vision angélique de l'immigration. Mais affirmer aussi que la politique doit se faire au niveau européen et qu'une fois passées les frontières, même clandestinement on ne peut traiter de la sorte des êtres humains.
En Inde, 60 millions d'enfants seraient au travail. Payés moins, beaucoup moins qu'un  dollar par jour. Quand ils sont payés. L'enquête clandestine publiée par l'Observer britannique a montré que des gamins de 10 ans étaient vendus par leurs parents contre une misère pour travailler 16 heures par jour dans des ateliers de confection poisseux et n'étaient même pas payés. Quand ils ne sont pas assez vaillants on les bat. C'est Oliver Twist à New Dehli, au XXIème siècle.
Qui doit-on blâmer? La firme Gap, américaine, qui entend participer à la lutte contre le sida en Afrique et qui,malgré ses engagements à banir le travail des enfants, sa collaboration avec les ONG, ses 90 inspecteurs, ne peut contrôler jusqu'au moindre sous-traitant indien? Ou bien le gouvernement indien qui ne semble pas très empressé de faire respecter ses propres lois? C'est au choix, selon ses préjugés altermondialistes ou occidentalistes. Mais la vérité est qu'ils sont également responsables. Gap sait très bien qu'il ne paye pas à ses fournisseurs un prix juste, susceptible de garantir un échange équitable, et qu'il exige des délais de livraison tellement courts qu'il les oblige à sous-traiter à n'importe qui. Le gouvernement indien ne peut s'exonérer de sa responsabilité et ses protestations sont ridicules (il accuse l'Europe de préparer des mesures protectionnistes, au nom de la protection des enfants). Le pire, c'est que les deux calculs sont également contreproductifs. En ne garantissant pas l'éducation la plus avancée à ses enfants l'Inde qui manque déjà d'ingénieurs ne prépare guère son propre avenir qui sourira aux pays dont la population jouira du meilleur niveau de formation.
Gap se tire aussi une balle dans le pied. Les dégâts d'image de cette affaire vont lui couter très cher. La mère ou le père de famille européen ou américain hésitera sans doute un peu plus avant d'entrer dans un magasin Gap pour y acheter à son enfant un vêtement pour lequel un autre gamin moins chanceux aura trimé pendant que le leur allait à l'école. De surcroit, les ventes de Gap  baissent déjà parce que l'enseigne peine à renouveler ses collections assez rapidement. La mode change vite et l'avenir est aux circuits courts. En comparaison, Zara s'en tire beaucoup mieux. Au lieu de presser les sous-traitants et s'exposer à une mésaventure comme celle de Gap en Inde, l'enseigne espagnole a "relocalisé" sa production en Afrique du Nord. Les salaires y sont (un peu) plus élevés qu'en Inde mais elle n'y perd pas beaucoup car aujourd'hui les coûts de main d'œuvre représentent une part très modeste, autour de 10%, du  prix de vente final d'une chemise ou d'un T shirt de marque. A la caisse, nous payons surtout pour les dépenses de marketing et de transport de la marque en question. Mieux, il s'avère que le prix d'un vêtement est aussi, et peut-être surtout, une affaire de communication! Si Gap-qui a annoncé qu'il allait détruire la marchandise "made in India" concernée par le scandale, manifestait ne serait-ce qu'une intention de produire ailleurs, cela ferait peut-être réfléchir les autorités indiennes.
Leçon de ces histoires: Quand nous jouons avec les enfants, nous ne perdons rien à faire en sorte que ce soient eux les gagnants.

21/10/2007

ADN, Guy Môquet, la gauche va dans le mur

Bernard Henri Levy explique dans son dernier essai ("Ce grand cadavre à la renverse"-Grasset), qu'être de gauche c'est d'abord affaire de réflèxe. J'aime bien cette idée, si elle veut dire rester en éveil, en alerte, se porter spontanément au secours d'une victime d'injustice. La Justice avant l'Ordre, LA leçon de l'affaire Dreyfus. Bien. Mais ça ne doit pas empêcher de réfléchir aussi. Or, je ne comprend pas l'attitude stéréotypée de la gauche dans l'affaire des tests ADN. Je dis tout de suite que cet amendement du député Mariani me parait être une ânerie. Je trouvais réducteur cette conception biologique de la famille, scandaleux qu'on opère une sélection par l'argent en prévoyant que le test était à la charge des candidats au regroupement familial, dangereux que les pères soient testés et que des secrets de famille puissent ainsi voler en éclat. Mais je n'ai jamais compris le pilonnage de la gauche sur "le rappel des pires heures de notre histoire", des rafles de Juifs, l'accusation de fascisme, d'eugénisme, et  j'en passe. C'était un amendement réac qui a été totalement vidé de son contenu et qui peut même éventuellement permettre de lever des soupçons, donner un coup de pouce à des dossiers qui sont aujourd'hui rejetés parce que les autorités administratives n'ont pas confiance dans les documents d'état civil présentés. On a même prévu que ces tests devaient être effectués sous le contrôle d'un magistrat. Ce n'est quand même pas la peine de convoquer Vichy, en un réflèxe pour le coup très pavlovien.
Et que dire aussi du refus de certains profs (de gauche on l'imagine) de lire aux élèves la lettre de Guy Môquet? Uniquement parce qu'ils n'encadrent pas le Président qui en a décidé ainsi? On le craint. Ils évoquent leur soucis de ne pas être politiquement manipulés, récupérés, instrumentalisés. De quelle manipulation s'agit-il? Le martyr du jeune Guy Môquet est un symbole qui a ému Sarkozy et qu'il veut donner en exemple aux jeunes collégiens et lycéens. Bien sûr, les profs ne sont pas de simples fonctionnaires aux ordres, qu'il ne faut pas s'arrêter là et qu'une explication s'impose ensuite dans laquelle les enseignants peuvent faire leur boulot. Par exemple rappeler le rôle du PCF entre 1940 et 1941? Pourquoi pas. Et si c'était cela qui les gênait? A moins qu'il ne s'agisse que d'un pur réflexe sectaire. Touche pas à mon Guy Môquet. Pourtant il y aurait beaucoup à dire autour du destin de ce jeune homme victime du totalitarisme français (Là dessus BHL a raison de relever les erreurs historiques commises  Sarkozy), choisi par Vichy-le vrai Vichy pas celui que fantasme notre gauche- pour le peloton d'exécution après un attentat anti nazi, simplement parce qu'il était communiste et fils de communiste, et pour épargner d'autres Français "innocents". Vous croyez que ce n'est pas universel et actuel comme histoire, et que ça ne mérite pas d'y consacrer une heure dans les écoles?

17/10/2007

Le facteur Cécilia

Où est Cécilia? Cécilia, partie. Hors du nid. La presse people et politique est en pleine ébullition depuis quelques semaines. Pomponette (c'est ainsi que les paparazzi l'ont surnommée) est passée par ici (Genève), elle ne repassera pas par là (Maroc). Et pendant ce temps là, le Président se tait, semblant avoir brutalement perdu son allant. Et chacun de se demander quand et comment tout cela va finir, depuis, il faut le dire, l'incroyable épisode du vote "séché" au second tour de la présidentielle. Mais bon, qui aujourd'hui peut dire que son propre couple, sa propre histoire seront éternels? Ici, ce qui contribue à dramatiser c'est à la fois la "première" (un Président qui divorce pendant son mandat) et aussi le fait que l'on sente Super-Sarkozy, l'hyper-président réellement hyper fragilisé sur cette question. N'a-t-il pas lui-même avoué avec la franchise qui caractérise ses interventions que son seul soucis était Cécilia? Les "no comment" à répétition du porte-parole de l'Elysée, David Martinon en disent long également sur l'embarras dans lequel est plongé le Président et son entourage. Au fond, c'est comme si aucun sujet, aucun défi (l'Iran, Poutine, Trichet, les régimes spéciaux et les syndicats, etc...) ne faisait peur au Président, sauf celui-là. Peut-être espère-t-il encore un nouveau revirement de son épouse qui parait bien-il n'y a aucune information même "off" sur ce sujet-davantage déterminée, ironiquement, à pousser à cette rupture. Il faut rappeler d'ailleurs ce qu'en dit le constitutionnaliste Guy Carcassonne: L'immunité dont jouit toujours le Chef de l'Etat pendant la durée de son mandat vaut aussi pour les affaires civiles. Puisqu'il peut ne pas répondre à la convocation d'un juge aux affaires matrimoniales, il peut très bien, s'il s'obstine, empêcher le divorce! Gageons qu'il ne devrait pas adopter une telle attitude, mais-l'amour aveugle-sait-on jamais?
Le coup dur pour Sarkozy est que ce soucis arrive en même temps que les premiers nuages politiques, les conséquences des difficultés budgétaires, les infirmières bordelaises, qu'il est plus difficile à combler que leurs homologues bulgares...ce qui permet au Nouvel Obs de titrer sur "l'Octobre noir". Si ce n'est que le mois d'octobre...
L'opinion ne va pas changer d'avis sur Sarkozy parce que tout d'un coup il se retrouve célibataire. La vraie question porteuse d'éventuelles conséquences politiques est la suivante: Qui dit rupture dit souvent trahison. Lequel des deux, s'il y en à un(e), parviendra donc à passer, aux yeux du public, pour la victime?
PS: Voici un premier indice. L'Elysée commence à suggérer que l'attitude de la première dame commençait à "perturber le fonctionnement" de la Présidence de la République.

09/10/2007

Le fossile et le marteau

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Il ne faut surtout pas manquer ce débat de France 24 : « Le Che, saint ou bourreau? ». Le Che est mort il y a 40 ans, mais « le mur de Berlin ne s’est pas effondré sur lui » dit joliment Jean Ortiz, auteur de « Che plus que jamais », ouvrage collectif et, comme son nom l’indique, hagiographique consacré à la pensée et à l’actualité du commandante. Tout est là. Pour la gauche radicale, extrême, mouvementiste, gauchiste, altermondialiste etc…à laquelle s’adjoignent tardivement les lambeaux du Parti communiste…Le Che, c’est le marxiste léniniste qui ne veut pas mourir. L’idéologie et son cortège de crimes a beau s’être effondrée partout, sauf précisément à Cuba et en Corée du Nord, la survivance du mythe Guevara porte en elle la promesse que l’histoire peut toujours se répéter. Que l’ Amérique latine fera mentir le proverbe. Tous ensemble vers un nouveau grand soir dans ce continent victime par excellence de l’impérialisme yankee ! Le communisme est mort, vive le communisme ! Et si l’on fait remarquer que Cuba n’en finit pas d’agoniser, Ortiz, modèle de communiste fossilisé, martèle que « Cuba est dans une phase de transition vers le socialisme ». Une transition qui a tendance à durer. L’inquiétant c’est qu’avec lui, l’histoire se mettrait à bégayer sans avoir rien appris des errements passés. Dans le numéro hors-série de l’Huma consacré au Che, pas un article sur la « face cachée du Che » révélée par le livre éponyme de l’opposant cubain Jacobo Machover : pas la moindre trace des témoignages de ses anciens frères d’armes (« Il tuait comme on avale un verre d’eau »), des procès expéditifs, des exécutions sommaires d’anciens batististes, mais aussi d’innocents choisis presque au hasard, pour l’exemple, parfois seulement parce qu’ils portaient l’uniforme de la police. Comme Rafael Garcia, 26 ans, injustement accusé de l’assassinat d’un membre du mouvement castriste du 26 juillet, et que le Che, superviseur de l’épuration au lendemain de la révolution, envoya au peloton d’exécution tout en le sachant innocent. La dernière lettre de Garcia a sa jeune épouse en rappelle une autre, celle de Guy Môquet : « Mon amour adoré, ceci est la dernière lettre de ma vie. Nos quatre mois de mariage furent les plus beaux du monde. Je suis fier de ma famille. Je vous aime à la folie. La seule chose qui me peine est que je meurs innocent. Je dois te laisser mon amour, car je crois qu’ils viennent me chercher. Rendez-vous dans l’autre vie ou nous nous retrouverons, ma chérie. Rafael. » Aucune révolution, aucune épuration ne se fait sans drame. C’est précisément pour cette raison que la gauche anti-totalitaire parvint à la conclusion que la révolution n’était, tout compte fait, pas souhaitable. C’était avant les révolutions « de velours » à l’Est de l’Europe qui se libérait tranquillement du communisme. Mais comment peut-on encore parler aujourd’hui, comme le fait Patrick Le Hyarrick, le directeur de l’Humanité de « l’humanisme de Che Guevara » ? Amusant, d’ailleurs, de voir comment les communistes français aux abois tentent de récupérer aujourd’hui le mythe, en soulignant la « fraicheur » et « l’éthique » (sic) du marxiste du médecin argentin qui fut décrété « cubain de naissance » par le régime castriste. A deux ou trois reprises, en effet, Guevara n’avait pas ménagé le Komintern . Moscou, et en France le camarade Maurice Thorez, se méfiaient il faut le dire beaucoup du guérillero excité de la Havane (Castro aussi, à la fin, qui l’envoya se faire tuer ailleurs, ce qui fut fait). Aujourd’hui, l’Huma encense le Che, en escamotant ses crimes et en prenant ainsi le risque de reproduire les mêmes erreurs qu’avec ceux du stalinisme, reconnus après la bataille, sous la pression des évènements. Oui, décidément, le (grand) cadavre bouge encore…

05/10/2007

Instantanés à Seville

Je sais que ça va en énerver quelque uns, mais j'aime bien ces deux photos prises le week-end dernier à la Maestranza. En bas, ce sont les fesses de Curro Diaz. Je trouve le cliché bien composé (encore que de qualité moyenne. Je ne suis pas satisfait de mon petit appareil pour les photos de loin). Il pourrait être publiée par Tétu non?


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04/10/2007

Le rafale, un désastre national

Le tacle du ministre de la défense Hervé Morin contre l'avion Rafale a causé la stupeur chez Dassault. Dans "Argent Public" nous avions, dès 1999 souligné la folie de cette aventure, à coup de subventions publiques, en remarquant déjà qu'aucun pays ne voulait nous acheter cet appareil ultra-sophistiqué, quand de l'autre côté nos partenaires européens mettaient au point ensemble l'Eurofighter dont l'Arabie saoudite vient de commander 72 unités. On voit ce qui reste aujourd'hui de cet entêtement dans l'orgueil national et le rêve de grandeur: L'Etat français lui-même s'apprête à réduire ses propres commandes, faute de moyens. Pour qu'un ministre tire ainsi sur un tel symbole national (les emplois etc..), c'est que nous n'avons plus guère de choix. Il n'y a là rien de réjouissant, mais j'ai ressenti une sorte de satisfaction rétrospective. A l'époque, la réaction de Charles Edelstenne, le patron de Dassault avait été des plus violente. Pas sur le plateau de l'émission, ou je lui avais posé des questions précises appuyées sur notre enquête, mais en coulisse. Des années plus tard, je me suis rendu compte que j'étais encore tricard chez Dassault. Passé sur une autre chaine, je devais animer un débat au salon du Bourget. Dassault fit savoir qu'il n'y participerait qu'avec un autre modérateur. J'étais considéré comme un ennemi! Evidemment, la chaine en question m'a demandé de m'effacer et je n'ai pas souhaité faire  un esclandre. Tels sont nos moeurs journalistiques...
J'éprouve pourtant de la fierté pour ce que nous avons réalisé dans cette émission.

26/09/2007

Birmanie, les moines face aux képis


Toutes les religions se valent dit-on en politiquement correct. Pourtant, lorsque des dizaines de milliers de moines bouddhistes défilent en Birmanie contre la junte militaire, les démocraties se portent à leur secours, soucieuses d'éviter un nouveau bain de sang. C'est que, en politique, le bonze inquiète moins que le mollah...

23/09/2007

Chiens méchants et la muselière de Fillon

Bon, et si on parlait d'autre chose? Un dernier mot, quand même: cette histoire de chiens dangereux (encore une fillette mordue à mort par deux dogues allemands dans l'Oise), montre encore l'inanité de certains propos tenus ici par certains inconditionnels de la cause animale (du genre: "Aucun animal ne tue par plaisir"). L'homme a le pouvoir de façonner les races à volonté, pour le meilleur ou pour le pire. Quand j'entends la présidente de la SPA voler au secours de ces charmants molosses tueurs d'enfants, alors que le gouvernement cherche justement à les mettre hors d'état de nuire, je reste songeur. Je sais que je vais encore me faire des amis...

Enfin, essayons tout de même de changer de sujet. Il faudrait créer une SPF: Société Protectrice de Fillon. L'homme que Sarkozy étouffe de son omniprésence médiatique est en effet d'une espèce rare dans ce pays. Celle des Barre (quand il ne faisait pas l'apologie de Papon) et Rocard. Voici que ce réformateur ambitieux qui ne craint ni de parler vrai, ni d'être impopulaire a décidé de se débarrasser de sa muselière. Avec une forme d'austérité de circonstance qui tranche catégoriquement avec le côté flamboyant de Sarkozy qui commet la faute de goût de s'afficher en compagnie de milliardaires au moment où l'Etat est "en faillite" (Fillon). Un contraste saisissant jusque dans leur look: Voyez ce mépris des modes vestimentaires du premier ministre, quand Sarkozy soigne son apparence dans d'impeccables costumes Prada. Et cette raie bien marquée sur le côté qu'il doit porter au même endroit depuis ses années lycées. Ainsi est Fillon qui pourrait bien devenir indispensable dans les temps pénibles qui s'annoncent.
Et que dire de cette pauvre Christine Lagarde qui avec ingénuité et spontanéité a osé de parler de rigueur. Y penser mais ne jamais en parler, règle d'or que s'est empressé de lui rappeler le patron. Pourtant il l'aimait bien, jusque là, Lagarde et lui prédisait une belle carrière. Patatras?
Sarkozy serait bien inspiré de laisser un peu plus de champ à ses deux là. Non pas de faire "la sieste", car les Français souhaitent que le Président soit à la manœuvre, mais de respecter quelques distances constitutionnelles avec le premier ministre, responsable devant un parlement de plus en plus soumis, hélas. Adepte du système américain en tout, Sarkozy oublie que, là-bas, les pouvoirs importants du président sont équilibrés par  ceux du congrès qui  contrôle  ses moindres faits et gestes. Est-il prêt à aller jusque-là?
Pour le moment, grisé par son succès électoral, il est vrai spectaculaire, il fait comme Giscard  en 74, et Mitterrand en 81. Mais, tout comme hier, cela n'aura qu'un temps.

11/09/2007

Suis-je un barbare?

Si j'en crois Renaud Séchan, il faut croire que oui. Car je fais partie de ceux qui prennent plaisir au spectacle de la corrida, avec-je le précise sans aucune volonté de provocation-mise à mort du taureau. Je ne vous ai jamais entretenu de cette passion jusqu'ici, étant le contraire d'un prosélyte. Je trouve parfaitement respectable qu'on n'aime pas la corrida et même qu'elle répugne à certains. Ce qui m'a poussé à transiger avec ce principe c'est le clip anti-corrida commenté par M. Renaud. Que dit-il? Qu'il s'agit "à l'aube du troisième millénaire" d' un spectacle "barbare" où l'on "torture" impitoyablement un animal en public. Je reviendrai sur le terme. Mais surtout il invite chacun à "rejoindre la civilisation", en signant évidement la pétition des anti. Me voici donc rejeté, exclu de la civilisation, au sens de Renaud évidement. Car, à vous je ne sais pas, mais à moi ce type de discours m'évoque furieusement la rhétorique du bien et du mal qui hérisse tant le même Renaud et d'autres avec lui, lorsqu'elle est employée par Bush, par exemple, à propos de l'Irak. M. Renaud est tellement persuadé d'incarner la civilisation, que, forcément, tout ce qu'il n'aime pas et ne comprend pas est assimilé par lui à de la barbarie.
Je ne vais pas me livrer à une longue argumentation sur le sujet. Je renvoie simplement à l'ouvrage de Francis Wolff (ENS) "Philosophie de la Corrida"(Fayard), et pour ceux qui ont moins de temps à sa récente tribune dans Libé.
J'insiste seulement sur un point: Pour qu'il y ait torture, il faut que le "torturé" soit au préalable privé de ses moyens de défense, ce qui n'est nullement le cas du toro de combat. Celui-ci est au contraire élevé afin de développer au maximum son agressivité et sa combattivité. Une toute petite partie des bêtes sera d'ailleurs jugée digne de combattre dans des arènes, ce qui rend l'activité d'éleveur extrêmement aléatoire. Interdire la corrida aboutirait au contraire de ce que souhaitent les "anti"( du moins je l'espère) à la disparition totale de ces races de taureau, élevées chèrement dans le seul objectif du combat. ce serait un véritable génocide. On touche ici au ridicule de ce combat: "protéger" cet animal si particulier, revient donc, paradoxe absolu à la faire disparaitre en tant qu'espèce.
Reste la question du spectacle. S'agit-il d'un spectacle visible par "tous publics". Certainement pas. Il y a tous ceux qui ne supportent pas, ne comprennent pas. Ceux-là ne sont pas obligés de payer (cher) des places pour les arènes, ni même de le regarder à la télévision. Et les enfants? Je ne crois même pas qu'il s'agisse d'une question d'âge. J'ai élevé mon fils dans le respect des animaux, et nous avons un animal domestique qui est pour nous comme un membre à part entière de notre famille. Je ne l'ai jamais obligé à voir une corrida. Pendant longtemps, l'idée de la mise à mort lui posait problème. Jusqu'au jour où, à 9 ans, il était lui même demandeur. Il avait l'intention de se cacher les yeux pendant ce moment qu'il continuait de redouter, mais, sans s'en rendre compte, il l'a parfaitement supporté, et, je crois compris la chose.
L'animal meurt(souvent) dans l'arène. Bien ou mal c'est une autre question qui n'intéresse que les aficionados. C'est violent. Il meurt aussi violemment dans la nature lorsqu'il se trouve face à un de ses prédateurs. Or le taureau est une proie et l'homme qui l'a élevé est son prédateur. Il en va de même de la vache qui discrètement est emmenée à l'abattoir pour finir en steak dans nos assiettes. Sans que cela suscite autant d'émotion, alors que soit dit en passant, parfois cela devrait.
Certains enfants, et même certains adultes-ce qui est moins excusable- ont du mal à admettre ces évidences de l'ordre naturel qu'ils perçoivent comme de la cruauté. Un lion qui broie le cou d'une gazelle est-ce de la cruauté, ou simplement naturel, l'exercice de son instinct? Un chat peut-il encore chasser des oiseaux, ou bien cela lui sera-t-il bientôt interdit? Et les vers de terre dont se repaissent les oiseaux ne font-ils pas eux aussi partie du règne du vivant? Allons nous aussi les protéger et faire en sorte que les oiseaux deviennent végétariens? La bien-pensance actuelle, le principe de précaution et l'hygiénisme triomphant voudraient nous faire oublier cela et nous parlent de torture en mettant sur le même plan le sort des taureaux de combat et celui des réfugiés du Darfour. Au fond, tout simplement l'homme sur le même plan que l'animal. Mais si nous avons bien des devoirs envers les animaux, n'est-il pas, au contraire indispensable que l'homme prenne conscience de sa supériorité sur l'animal. Contrairement au fauve qui charge par instinct (en tout cas c'est dans cet objectif qu'il est élevé), l'homme ou plutôt le torero, lui, n'obéit pas à une pulsion. Au contraire, il codifie étroitement la mise à mort, la sublime et l'apprivoise en même temps, sans doute pour adoucir le sentiment de l'ineluctable. En respectant ces règles qu'il a lui-même fixées, il accepte aussi la possibilité d'y laisser sa vie. Il est aussi possible de voir dans la mise à mort l'accomplissement de la civilisation (et oui!) sur la bestialité. L'homme peut tuer un taureau dans une arène. Mais il a su faire preuve du savoir faire nécessaire pour faire naitre, vivre et mourir celui qui devient, une après-midi, son adversaire.

06/09/2007

Une occasion historique et avenir du blog

On n'a pas assez souligné l'importance du dernier discours de François Hollande devant l'université d'été du PS. Et surtout ce passage, cet aveu: "la France ne travaille pas assez". Je crois que jamais encore un premier secrétaire, un dirigeant important du parti socialiste (surtout dans l'opposition), n'avait fait un tel diagnostic. Royal avait bien laissé entendre quelques critiques contre les 35 heures, ou plutôt leur application, mais n'aurait jamais osé aller aussi loin. Cette reconnaissance (enfin !) par le leader de l'opposition du mal fondamental de l'économie française est un véritable tournant. Hollande a raison de dire qu'elle est plus importante que l'adhésion du PS, acquise depuis longtemps, aux principes de l'économie de marché. Elle devrait normalement signifier qu'il existe un consensus sur cette question et donc (là je m'avance beaucoup) sur les solutions.
Ce constat, même tardif, signifie que les politiques sont d'accord pour penser que si la France possède la croissance la plus faible de tous les pays européens (les chiffres du premier trimestre 2007 sont consternants) cela est du à un problème d'offre et non de demande. Si la France ne travaille pas assez c'est qu'elle est assommée par la fiscalité sur le travail et par un code du travail qui dissuade les entreprises d'embaucher quand leurs carnets de commande sont plein, de peur de ne pouvoir diminuer la masse salariale en cas de coup dur. Or, on peut retourner la question dans tous les sens, la seule piste intelligente était la TVA, dite "sociale" qui ferait participer tous les consommateurs (et non plus les seuls contribuables) sur tous les produits, nationaux ou importés, au financement de la solidarité. Les revenus du travail au noir seraient taxés-presque- comme les autres alors qu'aujourd'hui les salariés supportent l'essentiel du fardeau.
L'argument de l'inflation est fallacieux. Seule la trouille politique explique les hésitations. Aucun des pays qui ont adopté ce système n'ont eu à le regretter. Or, le gouvernement vient de le repousser, en tout cas jusqu'en 2009. Mauvais décision, encore une, après plusieurs choix industriels discutables (Suez-GDF, EADS), une reforme de l'université avortée, et des distributions improductives de cadeaux fiscaux au noyau dur de sa clientèle électorale. Jusqu'ici au moins, Sarkozy, le président le plus prometteur qu'ait eu la France depuis bien longtemps a préféré l'intérêt de ses électeurs aux intérêts de la France.
Reste à voir comment il se tirera de la reforme de la fonction publique et des baisses d'effectifs, autre condition indispensable à la croissance et à la compétitivité. Pour l'instant je  reste sur ma faim. On dit souvent que l'élection de Sarkozy est le "mai 81" de la droite. En terme de symbole, de rupture et de promesse (dans le sens noble), c'est vrai. Il ne faudrait pas pousser la comparaison trop loin.
Pas plus que Mitterrand en 1981, Sarkozy n'est responsable de l'état alarmant de l'économie française en 2007. Ce n'est pas une raison pour la plonger encore plus dans la crise, comme le fit son illustre prédécesseur en pensant surtout à nourrir l'appetit du peuple "de gauche" pour les symboles.
Or, aujourd'hui se présente une occasion historique de mener à bien des réformes de structure qu'ont déjà faites tous nos partenaires depuis une quinzaine d'années. Tout est à revoir dans les modes de pensée et de calcul, pour intégrer par exemple la fiscalité écologique. Cesser aussi de raisonner en fonction de taux de chômage, mais plutôt de part de la population active dans la population totale. On sait en effet que la légère baisse des statistiques du chômage dans la dernière année était due à des radiations et à des facteurs démographiques favorables. Elle ne signifiait pas que la France travaillait davantage.
Il est donc plus que temps de quitter nos réflexes malthusiens et de mettre en application les solutions recommandées depuis près de 20 ans maintenant par des centaines de rapports et études, plutôt de constituer encore des commissions composées de brillants esprits qui aboutiront inévitablement aux mêmes conclusions. Tout ou presque était déjà dans la note de la Fondation Saint Simon datée de 1994 et signée Denis Olivennes (aujourd'hui patron de la Fnac), sobrement et justement intitulée: "La préférence française pour le chômage". On en est encore là.

PS: Birenbaum arrête son blog. Dois-je en faire autant? Franchement je me pose souvent la question et je vous en avais fait part.  Vos réactions? 

 
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