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28/01/2008

Obama, l'homme à abattre

Dans le camp Clinton, l'affolement suscité par la victoire d'Obama dans les caucus de l'Iowa a cédé le pas à un calcul cynique et dangereux. Puisque le grand rival, déjà considéré comme plus sincère et meilleur pour la cohésion sociale du pays, était capable de l'emporter dans un Etat très largement "blanc", il fallait d'urgence le faire rentrer dans le rang. Le ramener à ce qu'il n'aurait jamais du cesser d'être: Le candidat des Noirs.
Hillary Clinton a à peine fait campagne en Caroline du Sud, laissant ce soin à son mari, pendant qu'elle parcourait les tréteaux en Californie. A l'annonce des résultats, elle a rapidement félicité son adversaire et s'est dite impatiente que les choses sérieuses commencent, le 5 Février. Sous entendu: Obama a gagné en Caroline du Sud. Ok, Bravo. Mais au fond, quoi de plus normal puisque  c'est un Etat "Noir". Ce sous-entendu, venant après les attaques au dessous de la ceinture de Bill, témoigne de ce que sont vraiment les Clinton: Des petits parvenus sans foi ni loi, qui veulent laisser croire que la présidence leur revient en raison de leur rang, de leur antécédents et d'une supposée compétence naturelle, que les sondages semblent, allez savoir pourquoi, leur reconnaitre. Il s'emploient à persuader les électeurs démocrates tentés de voter pour le jeune sénateur de l'Illinois, sa fraicheur, ses promesses de renouvèlement, qu'une majorité d'Américains n'est pas encore prête à installer un Noir dans le bureau ovale, et donc que leur vote serait contreproductif. C'est pourquoi les militants d'Hillary ont cru trouvé la parade en expliquant que, bien entendu, le très doué Barack serait un jour président des Etats Unis, mais pas cette fois-ci. Trop tôt...
Dans l'Ouest, Hillary a même fait pire en montant les Hispaniques contre les Noirs .  Dans plusieurs Etats de l'ouest les "latinos" sont légions, parfois même, dans certaines villes comme L.A., une majorité de la population. Or, ils ont l'impression que leur promotion économique et politique a été retardée par les avantages dont jouissent les Noirs en raison du principe de discrimination positive, et du clientélisme démocrate. Ils sont prêts à bloquer l'ascension d'un Noir, d'autant plus qu' ils n'éprouvent, eux, aucun sentiment de culpabilité pour l'esclavage...ils n'étaient pas encore là. Dans le Nevada, ils ont fait basculer le vote démocrate en faveur de Clinton. Forte de ce succès, elle espère que les mêmes ressentiments communautaires lui permettront de gagner la Californie, et de s'envoler irrésistiblement vers l'investiture.
Il y a déjà eu des candidats démocrates Noirs dans les primaires, mais c'était seulement pour mettre un peu d'animation dans la campagne, fidéliser l'électorat noir déjà très captif. Au fond, le candidat Noir servait de lièvre dans la course. Tout le monde, à commencer par les électeurs démocrates étaient bien convaincu qu'il n'avait aucune chance de s'installer à la maison blanche. C'est pourquoi, une fois effectué un ou deux tours de piste, en forçant le trait sur les thèmes "de gauche", il finissait en général par se retirer gentiment au profit du favori campant sur des positions centristes. C'est ainsi que l'électorat noir restait, et reste encore accroché au Parti Démocrate. L'ennui avec Obama, c'est qu'il a refusé de jouer ce petit jeu, n'a jamais voulu faire de sa couleur de peau un argument électoral, et n'a jamais cédé à la surrenchère gauchiste. Attitude qui l'honore,  que nous autres européens comprenons bien,  mais qui, dans une société communautariste relève de la gageure.
Clinton est considérée comme la grande favorite des primaires. Pourtant, je n'exclue pas totalement une surprise Obama, j'avoue même que je la souhaite. D'ailleurs la stratégie- risquée- des Clinton montre bien qu'ils ont senti le danger: Voici un candidat Noir qui attire bien au delà de sa clientèle "naturelle". Qui est capable de gagner des Etats Blancs ou, pour le moins, de réaliser des  scores dans la population blanche bien plus élevés que d'habitude un Noir. Pour couronner le tout il a reçu le soutien de personnalités historiques du parti, comme Edward Kennedy.
Compte tenu de ce qu'est l'histoire des Etats-Unis, il est certes difficile de parier sur l'élection d'un Président noir. Pourtant, cela finira bien par arriver un jour. Tout candidat démocrate, c'est à dire censé promouvoir les droits des minorités, serait bien inspiré de ne pas faire un usage politicien des questions raciales. D'autant plus que, pour les démocrates, c'est jouer avec le feu. Si Obama est un mauvais candidat, autrement qu'en raison de sa couleur de peau, il faut dire pourquoi, entrer dans le débat d'idées. Autrement, si la primaire se polarise excessivement sur les questions de couleur, une part plus ou moins grande des électeurs blacks qui se sentiraient légitimement floués, voire insultés, pourrait rester  à la maison en novembre, faisant ainsi perdre la Maison bBlanche aux démocrates. Ce phénomène pourrait être encore amplifié si le candidat républicain est John Mc Cain, un homme tolérant et favorable à l'égalité raciale. L'élection du prochain président américain est bel est bien devenue, du fait des Clinton, une affaire raciale.

18/01/2008

Fumer comme un turc...dans son bain

Depuis le 1er janvier le cendrier est une relique archéologique. Direction le musée. La rue est devenue un cendrier. Curieux, je n'ai pas l'impression que ça ait fait avancer pour autant la "politique de civilisation". Au contraire.
Il se passe aussi un truc bizarre: J'ai arrêté de fumer(des cigarettes) voilà plus 7 ans (très exactement- je m'en souviens c'était insupportable- depuis le jour de la finale du championnat d'Europe 2000 remportée aux tirs aux buts par la France contre l'Italie), et pourtant voilà: je n'ai jamais eu autant envie d'en fumer que depuis que le couperet de l'interdiction est tombé. J'ai l'impression de commettre un acte de résistance, de partager le sort de ces pauvres accrocs que l'on traquera bientôt jusque sur les trottoirs, pour tapage. Il parait que ça rit fort le soir un fumeur, surtout quand il a un peu bu. Alors , couic...une fois que sera passé un dernier délai de grâce de quelques mois on leur coupera définitivement le sifflet.  Certains s'attendent d'ailleurs à la prochaine étape de la politique hygiéniste: l'interdiction de l'alcool. Si la France ne produisait pas autant de vin ce serait d'ailleurs fait depuis longtemps. Comment? Vous dites que l'alcool, à la différence du tabac, ne tue que ceux qui en consomment directement? D'abord c'est oublier les accidents de la route, les femmes battues et autres crimes commis sous l'emprise de l'alcool. Bientôt les activistes des ligues de vertu moderne nous expliqueront ce qu'ils entendent par "alcoolisme passif". Bien sûr ce concept n'aura pas plus de rigueur scientifique que celui de "tabagisme passif". Les médecins sérieux savent qu'il a été forgé car c'était le seul moyen de parvenir à une prohibition totale du tabac.
Donc les fumeurs font-pour l'instant- le trottoir. Mais où fumer un cigare désormais? Mieux vaut avoir un grand chez soi si l'on est adepte de cette pratique éminemment civilisée. Si l'on a, bien sûr, la courtoisie élémentaire de ne pas l'imposer à son entourage. Fumer le cigare était déjà particulièrement onéreux (mais plutôt moins, et moins sot que de bruler de l'essence dans une voiture), cela (re) devient un luxe, depuis que les quelques bars "havanophiles" ont fermé leurs portes aux porteurs de "puros". Il se dit même que les fumeurs les plus aisés louent des appartements en ville, des sortes de garçonnières à volutes, aux seules fins d'y faire, en compagnie, quelques cendres.
On se prive, on se cache, on se retranche. On imagine que c'est ça l'Europe de demain: 300 millions de citoyens infantilisés. Plus si on compte les turcs. Car eux aussi s'y mettent. Ah, vous pensiez les tenir hors du club encore longtemps comme ça: Pensez! Trop incorrigiblement orientaux pour comprendre que fumer n'est pas "civilisé"? On ne parviendra jamais à obliger un turc à se couper de sa clope ou de sa chicha. Serons jamais aux normes les turcs. Raté. Ni une ni deux, le gouvernement turc viens de nous faire la démonstration du contraire. Il en veut tellement de l'Europe qu'il est prêt à y entrer même si c'est un espace non fumeur. Il prend même les devants: parait-il qu'en Turquie l'interdiction s'étend désormais aux voitures personnelles. C'est aussi prévu ici, sachez le bien, comme me l'a confirmé "entre4zyeux", le député ayatollah Yves Bur: "pour protéger les enfants des parents qui fument". Je lui ai alors objecté: parce qu'il faut une loi (ou un décret en l'occurrence) pour que les parents songent à la santé de leurs enfants? Drôle de civilisation. Ça l'a tellement énervé qu'il m'a traité de journaliste malhonnête. Encore un peu j'étais bon pour un camp de rééducation à l'air pur, mais la civilisation ne les a pas encore inventé.
Sinon, amis fumeurs, il vous reste une solution: fermez les portes, ouvrez les fenêtres, même en hiver, et transformez votre salle d'eau, en bain...turc.

02/01/2008

Qu'est-ce qu'une politique de civilisation?

Pardonnez-moi de commencer l'année avec un tel sujet qui n'aura pas la légèreté des bulles de champagne du réveillon...Mais il promet d'être "la" grande controverse politique de ce début 2008: Qu'entendait donc notre Président lorsqu'il concluait ses premiers voeux, le 31 décembre, par cette affirmation: "J’ai la conviction que dans l’époque où nous sommes, nous avons besoin de ce que j’appelle une politique de civilisation." Il y a ceux que le simple mot  civilisation fait frémir ou bondir. Pour ceux-là la cause est entendue, Sarkozy s'est encore un peu rapproché de Bush et veut entrainer la France dans le sillage d'un "choc de civilisation". Ce sont les autruches, les "exorcistes du dialogue des cultures" auxquel faisaient référence Hubert Védrine dans un article fameux de 2003, intitulé "Comment nier le clash Islam-Occident?" En effet, il est inutile de nier que ces civilisations sont en plein conflit. Encore plus stérile de se contenter d'observer que les partisans de la confrontation sont ultra-minoritaires des deux côtés. La réalité est  bien là: De plus en plus de gens croient à la supériorité de leurs valeurs et de leur culture, aussi bien en Islam qu'en Occident, ce qui occasionne des déflagrations aussi bien au large (Irak, Afghanistan, Pakistan, Israël) qu'au sein des sociétés multiculturelles que sont devenues les nations occidentales. Faut-il pour autant tomber dans l'écueil du relativisme culturel? Ce serait une erreur fatale. Si c'est ce qu'a voulu dire Nicolas Sarkozy, alors il aura eu l'immense mérite d'enfin sortir du déni permanent dans lequel, à quelques exceptions près, se réfugie notre classe politique dès que l'on aborde ces sujets. On ne peut plus s'en tirer par des pirouettes sur le "respect". C'est d'ailleurs ce que semble indiquer la suite de son allocution de voeux:
Nous ne résoudrons rien si nous ne bâtissons pas l’école et la ville du XXIème siècle, si nous ne mettons pas au cœur de la politique le souci de l’intégration, de la diversité, de la justice, des droits de l’Homme, de l’environnement, si nous ne retrouvons pas le goût de l’aventure et du risque, le sens de la responsabilité en même temps que celui du respect et de la solidarité, ou si nous n’entreprenons pas de moraliser le capitalisme financier (...)
Beau programme en effet. Qui voudrait y retrancher quoi que ce soit?
Dans la même optique, le projet "d'union de la méditerranée", cher au Président français peut et doit se concevoir comme un projet "de civilisation". Il doit montrer, idée si chère à Camus, qu'au delà des différences culturelles et religieuses, il existe de vraies valeurs communes, celles de cette vieille civilisation méditerranéenne, et qu'il faut d'urgence réinventer un grand projet fédérateur autour d'elles, qui ne soit pas seulement économique et social, mais aussi culturel. Cela n'ira pas sans difficultés car des fossés se sont creusé. Là encore inutile de se dissimuler ces choses. Et nous devons, ici en Europe, assurer notre cohésion sociale sans rien céder sur nos valeurs, mais aussi sans tomber dans le complexe de supériorité.
Celà suppose, je le crois, de rester absolument intransigeant sur la laïcité. Cela ne veut pas dire ostraciser les religions. Mais rester ferme sur les seuls principes qui nous permettent de vivre ensemble. Et sur ce sujet, Sarkozy donne des signaux contradictoires et disons-le parfois franchement inquiétants, comme récemment dans son discours aux cardinaux au palais de Latran (Vatican). Nul ne peut lui reprocher d'appeler à un peu de transcendance, ne ne pas se limiter au champ du matériel (même s'il est lui-même visiblement très à l'aise dans la société de consommation et du paraitre!), ni même de rappeler les racines chrétiennes de la France. Mais sans doute est-t-il allé trop loin en proclamant que:
Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme de l'engagement porté par l'espérance.
Certes, il est possible de le vérifier tous les jours les instituteurs d'aujourd'hui ne sont hélas plus ceux de la IIIème République, et l'école de la république faillit de plus en plus à sa mission d'intégration. Par négligence de l'Etat, mais aussi parce qu'une génération de maitres a versé dans un irénique relativisme culturel. Mais de là à sous entendre que ceux qui croient encore à cette mission de l'école laïque sont condamnés à ne pas enseigner à leurs enfants la différence entre le bien et le mal...Voilà une conception bien réductrice de la laïcité et qui, surtout, fait l'impasse sur les échanges heureux de la République avec le monde spirituel et religieux, continue à raisonner comme si la guerre faisait encore rage entre laïcs et religieux, ou pire donne le sentiment qu'un rééquilibrage est souhaitable au profit des religions. C'est ce que peut avoir de dangereux  ce concept de laïcité "positive" ou "ouverte". Car il laisse entendre que jusqu'ici elle aurait été "négative" ou "fermée", précisément ce que veulent faire croire les intégristes et fondamentalistes de tout poil, alors qu' évidemment il n'en est rien.
Surtout, poussons le raisonnement du Président jusqu'au bout. Si les instituteurs ne peuvent remplacer les curés et les pasteurs, pourquoi ne pas ajouter à la liste les imams puisque l'Islam est devenue la deuxième religion de France? Et là, ce serait remettre le doigt dans  l'engrenage infernal que Sarkozy dit vouloir stopper, même quand-fort maladroitement -il laisse entendre dans ses conversations privées qu'il y a trop de musulmans en Europe (voir le récit qu'en fait JM Quatremer dans son blog). On ne peut imaginer plus mauvais signal envoyé aux populations musulmanes-ou d'origine musulmanes- qui sont déjà, particulièrement en France, scandaleusement discriminées.
Je sais bien que le but est plutôt de réaffirmer la foi dans nos valeurs pour résister  au défi représenté par le choc de Islam-occident. C'est néanmoins une impasse. C'est oublié que l'ennemi ce ne sont pas les "musulmans" mais l'emprise de la religion, particulièrement de l'Islam, sur la société. C'est ne pas voir, au delà du danger du fanatisme islamique, l'espoir (pour reprendre un terme religieux) que recèle la capacité d'intégration des sociétés démocratiques, et laïques occidentales. J'en ai relevé un dernier exemple dans un reportage sur le milieu des homosexuels musulmans à Berlin, publié le jour de l'an, dans le Herald Tribune. Et le témoignage de Fatma Souad, transexuel turc de 43 ans, figure des nuits "gay" de Berlin: "Selon la partie de la ville ou je me promène, je peux recevoir un coup de poing dans la gueule parce que je suis étranger, ou parce que je suis un pédé." D'autres jeunes homosexuels originaires de Turquie avouent que si leurs parents ou leurs frères connaissaient leur vie sexuelle, ils les tueraient. Encore une fois les premières victimes du choc de civilisation sont là, dans les cabarets berlinois, mais aussi dans les universités, les journaux, les cabinets d'avocat, des pays musulmans.
Aujourd'hui, la liberté d'avoir ou non une religion, de pouvoir en changer, le respect du libre choix de ses orientations sexuelles sont mieux garanties par notre système de valeurs occidentales, symbolisé par la laïcité. Respecter la religion est une chose. Admettre qu'elle a aussi influencé nos sociétés est une évidence, comme le fait qu'elle puisse être nécessaire à un certain questionnement spirituel ou moral. Mais la laisser empiéter sur l'espace public serait une faute.



20/12/2007

Brèves de fin d'année

-Deux traders de chez Goldman Sachs (New York) vont gagner cette année entre 5 et 15 millions de dollars de bonus. Dans leurs analyses de marché il avaient prévu la crise des "subprimes" et ont convaincu leur chef d'équipe qu'il fallait prendre des positions à la baisse sur ce titres. Conséquence: ils ont fait gagner 4 milliards à la firme, à rapprocher des 2 milliards perdus sur les "subprimes", que dans le même temps d'autres banquiers de Goldman Sachs continuaient de faire acheter à leur clients! Vive la crise!

-La conférence de Bali s'est terminée sans accord sur une réduction quantifiée des émissions de gaz à effet de serre, mais sur un engagement des pays en développement de participer à l'effort global. C'est déjà ça. A Kyoto, les mêmes ne voulaient absolument pas en entendre parler, considérant que c'était aux pays développés de réparer leurs erreurs. Entre-temps la Chine est devenue aussi productrice de CO2 que les Etats-Unis. Cela dit, l'objectif de réduction de 50% les émissions d'ici 2050 reste très hypothétique. Les spécialistes considèrent que c'est un seuil minimum pour contenir à 2°C le réchauffement climatique...à la fin du siècle. D'ici là, en effet, la situation ne fera qu'empirer car il faut que le stock de CO2 constitué (et qui continue d'augmenter) s'évacue. Il y a une obligation morale à prendre néanmoins le problème à bras le corps. Une question reste toutefois en suspend: Le progrès technique, les économies d'énergie, le recours aux énergies renouvelables seront ils suffisants pour faire face à la demande mondiale croissante d'énergie, ou bien allons nous devoir changer de façon de vivre? En attendant rassurons ceux qui se demandent comment faire un Noël écologiquement responsable. Ce soucis est louable mais ses conséquences ne sont même pas infinitésimales...

-Après Annapolis, Paris, où les Palestiniens ont moissonné 7 milliards et demi de dollars de (promesses de) dons sur 3 ans. Les trois quarts de la somme de ce "Palesthon" serviront à payer les arriérés de salaires de la pléthore de fonctionnaires qu'il a fallu créer pour compenser l'asthénie économique des territoires. S'il y a bien une chose qui ne manquera pas dans le futur Etat, c'est bien de fonctionnaires! Pour qu'il y ait une réelle amélioration de l'éco nomie il faudrait que les Palestiniens, personnes et biens, puissent circuler librement d'une ville de la Cisjordanie à une autre. Ne parlons même pas de Gaza d'où même les malades ne peuvent pas sortir. Les Israéliens expliquent, et ils ont sans doute raison, que la levée immédiate des blocages laisserait passer les Palestiniens mais aussi les bombes humaines et qu'au premier attentat à Tel Aviv tout le processus s'écroulerait. La solution est donc de restaurer au plus vite la capacité des palestiniens à lutter contre le terrorisme, car la volonté d'Abbas et du Fatah parait ne plus manquer.

-Tout le monde le redoute: Ingrid Bettancourt est trop précieuse pour que les Farc ne la garde pas avec les derniers otages (ils sont une quarantaine, certains retenus depuis 10 ans). On pourrait en déduire que la médiatisation de son calvaire a eu des effets pervers. C'est tout le contraire. Car même les Farcs, isolées dans la jungle et tout marxiste-leninistes qu'elles prétendent être restées font partie du "village global". Ils reçoivent les chaines par satellite et diffusent leurs communiqués par internet. Ils en deviennent forcément sensibles à l' image qu'ils donnent d'eux même. D'où ce premier geste qui peut être suivi par d'autres. A condition de ne surtout pas céder quoi que ce soit.

-Sarko et Carla. On entend plus parler que de cela dès que l'on met (prudemment et bien couverts) le nez dehors ces jours-ci. Cela passionne et amuse les Français qui ne sont surement pas dupes pour autant. Je ne rentrerai pas dans le débat sur la mise en scène de la vie privée du président. Est-ce une rupture avec l'hypocrisie du passé? Un signe de modernité "kennedien"? Un envahissement de la com? Un peu de tout cela sans doute. Bornons nous à relever qu'avec Sarkozy, mais aussi avec Royal, la France est entrée dans une peopolisation à l'américaine de sa vie politique. Jusqu'ici en Europe, à part Berlusconi, aucun leader n'était allé aussi loin. Au début du XXème siècle on pouvait être élu sur ses seules compétences politiques ou politiciennes. Le look ne comptait pas. A la fin du dit siècle il était devenu indispensable de maitriser les medias et en particulier de bien passer à la télévision. Désormais impossible d'être élu et de durer sans mettre en pratique les recettes marketing des stars de la télé et du show biz avec la presse people:  La vérité compte peu ou pas. Il faut qu'ils racontent, écrivent et mettent en scène à leur intention et en permanence une, ou des histoires privées, bien glamour, et par ailleurs, limiter leur curiosité sur les aspects de leur intimité qu'ils souhaitent vraiment cacher. Pour l'instant la presse française se prête assez bien au jeu. Jusqu'à quand?

-Vengeance sur internet: La pauvre Laure Manaudou en a fait les frais. Désormais les people devront prendre garde: Une rupture un peu mouvementée... et hop! A poil sur internet. Espérons que l'amie du Président n'aime pas prendre de photos, activité à laquelle on le sait nombre de jeunes couples mûs par une passion réciproque aiment s'adonner. Une solution: faire signer un contrat avant tout rapport sexuel assurant que l'on ne cache aucun appareil photo ou video. Vive l'amour! Allez, bonnes fêtes à toutes et à tous!

28/11/2007

Denise, rescapée de l'enfer Khmer rouge

b632bd59be7036357cc3f26d29a6d597.jpgC’est une petite dame très digne. Son livre n’aura jamais de prix littéraire, d’ailleurs ce n’est pas un roman. Justement. Lors de l’enregistrement, nous étions tous, sur le plateau comme en régie, au bord des larmes. Pour la première fois, je me suis demandé si j’allais être capable de terminer une interview. Après, nous avons tous eu besoin de l’embrasser. De serrer dans nos bras ce petit morceau d’humanité martyrisé…De lui demander pardon. En notre nom à tous, le notre celui de nos ainés qui n’ont pas su ou pu la protéger.
Je venais juste de terminer, déchiré, la lecture de son récit « La digue des veuves », aux Presses de la Renaissance. Bien trouvé l’éditeur car Denise Affonço, franco-cambodgienne, est revenue à la vie après quatre ans (entre 1975 et 1979) passés dans les camps de concentration à ciel ouvert des Khmers rouge pendant lesquels elle est morte plusieurs fois. Sa fille, elle, est morte de faim, à l’âge de 9 ans, sous ses yeux. Comme elle était trop jeune pour trimer comme les autres du lever du jour au coucher du soleil, sept jours sur sept, ses bourreaux ne lui donnaient qu’une demi-ration de riz. Les privations de sa mère n’ont pas suffi à la sauver. La pauvre fillette est morte, non sans avoir demandé pardon à sa mère pour avoir « été méchante avec elle ». Les jours qui ont précédé sa mort, Jeannie, possédée par le démon de la faim avait insulté sa mère parce qu’elle ne la nourrissait pas assez. Comment peut-on jamais se remettre d’un tel supplice ? Toute la famille de Denise a connu le même sort. Son mari, un intellectuel communiste, a été exterminé dans un « camp de redressement ». Quant les Khmers rouge sont arrivés à Phnom Phen, il était pourtant enthousiaste. Les révolutionnaires allaient, pensait-il les débarrasser du régime honni de Lon Nol. Denise, citoyenne française, aurait pu être évacuée. Mais pas son compagnon et père de ses enfants. D’autres femmes ont fait ce choix et n’ont jamais revu leur mari, mais comme dit Denise, aucune n’a la conscience tranquille. Denise est donc restée et n’en veut même pas à la France pour avoir eu un cœur de pierre.
Il ne reste à Denise qu’un fils, Jean-Jacques, réfugié en France comme elle. Il avait douze ans à l’époque et fut traité comme adulte. C'est-à-dire envoyé au travail forcé, séparé de sa mère et constamment battu. Sous alimenté, sa croissance s’en est ressentie mais il doit néanmoins à ce traitement d’avoir eu la vie sauve. Il n’y avait pas de chambre à gaz au Cambodge, mais on exterminait tout aussi sûrement par la famine et les maladies. Avec les cadavres les SS khmers fabriquaient de l’engrais humain…
Aujourd’hui Jean-jacques a 43 ans. Il a encore du mal à regarder des scènes de violence trop réalistes à la télévision, et croit toujours que son père est vivant.
Tous les récits des survivants d’un génocide se ressemblent.
Celui-ci s’est déroulé, avec la complicité de la Chine, sans réaction des « nations du monde libre », trente ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. A part quelques lampistes, les responsables n’ont pas été jugés. Pol Pot est mort dans son lit. Il y a eu d’autres génocides depuis. Rien ne change. Et c’est ça qui est vraiment à pleurer.
Pour voir ou revor l'entretien de Denise Affonço sur France24, cliquez ici

26/11/2007

les moeurs politico-médiatiques

Ce n'est pas moi qui raconte, cette fois-ci mais l'excellent Jean-Michel Apathie, de RTL. Bernard Kouchner a beau incarner une "autre façon de faire de la politique", l'humanitaire et tout et tout...Quand on en vient aux media, indécrottable, comme les autres, les réalpoliticiens. Non seulement ils s'invitent quand ça leur toque, mais en plus ils prétendent faire les questions à la place de l'interviewer, et quand ils n'y arrivent pas ils s'en vont sans même dire au revoir en faisant la gueule. Je vous le dit, il faut avoir sacrément la foi pour continuer de faire ce métier. Ce sera tout.

22/11/2007

Pourquoi 2007 ne sera pas 1995

Chirac mis en examen pour détournement de fond. Cela n'émeut personne tant Chirac, cela parait déjà du passé. Au passage, la dégringolade physique de l'homme fait peine à voir. Sur les quelques images prises de lui ces derniers mois, il marche comme un vieillard.
95 est donc la préhistoire.
Il y a de nombreuses raisons pertinentes qui expliquent que le conflit de 2007 ne ressemble en rien à celui de 1995. Laissons de côté la saison des grèves, novembre ici, décembre il y a douze ans.
Il y a bien sûr le fait que la société, le monde a énormément changé (la mondialisation est un phénomène assez bien intégré en général, même si certains Français ont encore du mal à s'y faire). Les Allemands-pour prendre un cas proche de nous- ont repoussé l'age de la retraite à 67 ans et, il faut le souligner, outre-Rhin les fonctionnaires n'ont pas le droit de grève.Chez nous, les régimes de retraite du privé et aussi de la fonction publique ont déjà été en partie réformés et la durée du travail allongée. Le bilan des 35 heures est considéré comme globalement négatif pour les salariés modestes.  Tout cela, plus l'exceptionnelle victoire de Sarkozy (en terme de mobilisation et de score)  explique que l'opinion ne sympathise plus avec les cheminots sur lesquels le conflit se polarise puisqu'ils ont, en théorie, la possibilité de "paralyser" le pays.
Or justement, contrairement à ce que l'on lit ici ou là, et en particulier dans la presse étrangère, il n'y a ni "blocage", et encore moins paralysie du pays. Tout juste un ralentissement, qui a un coût on y reviendra, mais en tout cas rien à voir avec le chaos de décembre 95.
La principale perturbation se situe dans les transports régionaux pour aller travailler et rentrer chez soi le soir. Les autres déplacements peuvent encore se faire en avion, et au bout de quelques jours il y avait à nouveau quelques TGV. Le Thalys et l'Eurostar ont fonctionné tout à fait normalement, conduits par des Belges ou des Anglais, merci l'Europe.
Les salariés se sont donc organisés, au prix de quelques jours de RTT (qui n'existaient pas en 95...), avec un  peu de co-voiturage (découvert en 95),  puis ils ont pris leur mal en patience. Beaucoup de sociétés ont mis en place des systèmes parfois collectifs pour leurs employés, à France 24 par exemple la direction a payé le taxi à tous ceux qui ne pouvaient pas faire autrement. A condition d'en trouver un, de ce côté là ça ne s'est pas arrangé. La note va être salée, de toute façon, car il n'y a pas de caisse noire patronale chez nous! Mais on n'a pas revu ces autobus qui partaient parfois à 5 heures du matin des villes de lointaine banlieues pour arriver à 8 heures et demi au centre de Paris.
La principale différence avec 95 vient de l'extraordinaire essor du deux roues, qu'il soit motorisé ou non. Depuis 12 ans les ventes de scooters croissent d'environ 10 à 15% par an. Et puis à Paris, comme dans  d'autres grandes villes, il y a, bien sûr,  le Vélib... Ajoutés aux vélos "privés" qu'on a ressorti des caves, ce sont des centaines de milliers de bicyclettes, poussées par la mode écolo et le réchauffement climatique, qui ont envahi nos rues, parfois de façon anarchique. C'est, hélas, le revers à la médaille: l'augmentation exponentielle des accidents corporels engageant des deux roues durant les grèves: +70% à Paris selon la Préfecture de Police! A mettre aussi sur le dos des grévistes?
C'est à Paris, plutôt en Ile de France, (et dans une moindre mesure à Marseille) que les syndicats des transports sont les plus puissants. Presque partout ailleurs les transports urbains ont été privatisés ou municipalisés. Il est donc ironique de penser que Bertrand Delanoé qui, selon la formule consacrée a inventé les embouteillages de nuit, en a aussi fourni l'excellente antidote avec le Vélib, et que de cette façon il a rendu un fier service aux usagers et indirectement aussi au gouvernement qui peut négocier sans subir une insupportable pression des salariés "paralysés".
Autre différence majeure: En 95 la surenchère avait coûté très cher aux syndicats "installés"avec l'apparition de Sud Rail sur la gauche de la CGT, et aux dépens de la CFDT. Même s'il y a eu débat interne, il est clair que la leçon a été retenue et que Thibaut avait intérêt à une reprise du travail la plus rapide possible.
Il y a d'autant plus intérêt qu'une fois admis le principe des 40 annuités (ce qu'a fait en réalité la CGT  sans bien sûr le crier), il y a du grain à moudre! On le savait avant même que la négociation ne commence, entreprise par entreprise, ce qui est évidement la meilleure formule.
La SNCF propose déjà 90 millions d'euros en compensation aux cheminots sous forme d'augmentation de salaire en fin de carrière, ou de régime de retraite complémentaire. Ses confortables bénéfices  (417 millions en 2006) le lui permettent, et au bout du compte, le client paiera. Ce qui n'est pas choquant, d'autant que le train est, en France, encore très bon marché. Les entreprises, les clients, et pour une part aussi les salariés paieront pour des retraites qui seront peut-être meilleures, ce qui est quand même plus normal que de faire payer le contribuable. Et puis 90 millions comparés aux 5 milliards que l'Etat économisera avec la disparition des régimes spéciaux, cela laisse même une marge de négociation aux syndicats qui auront en face d'eux un représentant du dit-Etat!
Bref, en deux mots, on est revenu- enfin presque- à un fonctionnement normal dans un pays démocratique et social, à défaut d'être social démocrate.
Pour toutes ces raisons, il n'est pas exagéré de dire que la grève de 2007 aura été un bide.
Mais, même si ce n'est pas 95, il aura fallu en passer par une grève anachronique qui va couter des centaines de millions, certains disent des milliards d'euros et pas loin d'un demi point de croissance. La France pouvait-elle se le permettre? Bien sûr que non. Et tout cela parce que les syndicats modérés (dans lesquels on peut aussi ranger désormais la CGT) doivent composer avec une base influencée intellectuellement par l'idéologie d'extrême gauche que l'on voit aussi à l'œuvre dans les campus avec le refus dogmatique et suicidaire de toute réforme de l'université. Une extrême gauche qui a contribué au déclin du PC et affaiblit aussi le PS, qui pèse près de 10% aux élections, qui joue ouvertement la rue contre le suffrage universel, refuse de s'incliner devant le votes à bulletin secret dans les AG des facs, en reste à des slogans démagogiques et "anti-capitalistes", bref un courant politique anti-démocratique face auquel, bizarrement, la société ne s'alarme pas, ne se gendarme pas, ne se montre pas "vigilante", comme elle le fait avec l'extrême droite dont la toxicité est pourtant, j'ose le dire, dix fois moins grande!
Attendez, vous ne me croyez pas? Le FN, au faîte de son influence électorale, aurait-il jamais pu, l'eut-il voulu, organiser une telle tentative de déstabilisation? Vous croyez que l'extrême gauche, à la différence de l'extrême droite est non violente? Voyez les destructions dans les facs et à la SNCF...sans parler de sa complaisance "border line" envers le terrorisme politique, la violence contre l'Etat justifiée par la violence de l'Etat et autres foutaises théoriques.
Comme l'extrême droite, l'extrême gauche sera défaite. Elle le sait déjà. Alors que se profile l'inéluctable reprise et les non moins inéluctables compromis, apparaissent les premiers sabotages (que Sud Rail refuse de condamner!). Car elle va ainsi au bout de sa logique de minoritaire. Comme les réformistes finissent par faire valoir leur point de vue et que tout le monde en est à peu près satisfait, elle ne peut que casser, car tel est en réalité son seul programme politique.
Reste qu'elle jouit d'une étonnante tolérance politique et sociale, car on l'assimile à tort au côté sympathique de 68.
Il est temps que juchés sur leurs vélib', les bobos, qui s'adonnent parfois au vote de protestation pour l'extrême gauche- sans même l'excuse sociale des prolos qui votaient Le Pen-le réalisent. Ils jouent tout simplement contre leur pays.

19/11/2007

Faut-il bombarder l'Iran?

Depuis maintenant des mois la question est là , agoissante. Il n’est pas facile d’y répondre, encore moins de décider l’implication de son pays. Commençons par ce qui ne fait guère de doute : La république islamique d’Iran cherche bien à se doter d’une capacité de dissuasion ou d’intimidation nucléaire. Cette perspective est dangereuse, non pas tant en raison des menaces sur Israël (qui ne sont pas des menaces d’agression militaire, il faut le souligner), qu’en raison des risques de dissémination dans les autres pays de la région, inquiets de voir la grande puissance chiite accéder au club envié et prestigieux des nations disposant de « la » bombe. Si le monde laisse l’Iran disposer d’un arsenal nucléaire, ces pays accélèreraient alors leur course anarchique vers l’atome militaire. Le vrai danger serait alors de se retrouver un jour, en raison de cette prolifération, face à des dizaines ou des centaines de bombes sales aux mains de terroristes qui pourraient s’en servir sans encourir, comme l’Iran, le risque d’une  réplique nucléaire immédiate sur leur territoire, c'est-à-dire l’enfer…
Il est donc important d’empêcher l’Iran de faire aboutir son projet. Ce constat ne permet pas de répondre plus facilement à la question, la seule, attaquer ou non un Etat souverain. Certains pensent que le bombardement de l’Iran serait une folie pour de mauvaises raisons. Partisans en toute circonstance de l’apaisement ceux là sont de toute façon incapables, à l’image des munichois de jadis, d’envisager la guerre, même pour éviter un péril encore plus grand. D’autres ont de meilleurs arguments, tel Martin Van Crevel, spécialiste des questions stratégiques, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, qui expliquait récemment pourquoi le bombardement de l’Iran serait à la fois sans risque majeur pour les Américains (et leurs alliés), en raison d’une surestimation des capacités de réaction iranienne… mais pourtant sans intérêt car ayant peu de chance de toucher au but.
Les iraniens doivent se sentir vulnérables puisque, devant les autres chefs d’Etat des pays de l’Opep ce week-end, leur président a menacé, en cas d’affrontement avec les Etats-Unis, de recourir aux bonnes vieilles méthodes années 70 : coupure du robinet et blocage du détroit d’Ormuz. C’est peut-être du bluff, mais le marché-assez nerveux ces jours-ci- a aussitôt été repris par sa fièvre haussière.
Ce soir, sur le plateau du débat, l’affable ambassadeur iranien soufflait comme toujours le chaud et le froid, assurant que l’Iran ne souhaitait pas faire un usage politique du pétrole, mais qu’il ne resterait pas non plus les bras croisés. Comprenne qui pourra.
Alors que faire ?...La non plus aucune réponse n’apporte une assurance de succès. Sans doute peut-on prendre des sanctions plus sévères contre l’Iran, par exemple sur ses approvisionnements en pétrole raffiné, puisque Téhéran importe-un comble !- un tiers de sa consommation, en raison d’une trop faible capacité de raffinage.
On ne serait pas à l’abri d’une riposte « pétrolière », mais, comme le soulignait Pierre Terzian, de toute façon le marché spécule à la hausse dès que les rumeurs de confrontation sont confortées par l’actualité. Comme disait le Général, la politique (de la France) ne se fait pas à la corbeille. Et puis cela vaut sans doute mieux que de ne rien faire.
Les Iraniens peuvent se braquer, surréagir, mais on peut avoir une bonne surprise. L’Iran est un pays paradoxal. Ce n’est pas une démocratie, mais il y a une opposition et des élections et la situation économique du pays n’est guère reluisante. Les Iraniens commencent à se rendre compte que leur turbulent président n’a tenu aucune de ses promesses. Et puis, tout le monde le sait, il faut s’habituer à vivre avec un pétrole cher. Raison de plus pour éviter de se montrer pusillanime.

16/11/2007

Element de langage pour répondre aux emmerdeurs

C'est à la fin de l'article de Baqué et Gurrey sur la dépression de Jacques Chirac, dans le Monde de ce jour. Il faut bien relire l'une des dernières phrases:
"Le couple Chirac occupe toujours le vaste appartement du Quai Voltaire prêté par la famille Hariri. "Il n'a pas de patrimoine", plaide un ami, semblant oublier le château corrézien de Bity."

S'il n'y avait que Bity...

Donc, pendant les quarante dernières années, vous, moi, nous tous avons tenté de nous constituer un petit patrimoine à la mesure de nos moyens, pour nos vieux jours, pour nos enfants, mais lui qui était notre député, maire, premier ministre, Président, non. Rien. Démuni totalement, réduit à demander l'hospitalité, "provisoirement" à un ami.

Ah, ça va leur clouer le bec, aux emmerdeurs...

Excusez la trivialité mais là, on nous prend vraiment pour des cons...

08/11/2007

Voiture balai


Les jurés du Goncourt-Renaudot ont donc une fois de plus choisi de remercier la maison Gallimard à qui sont revenus les deux prix cette année encore. Très fort, car le livre de Daniel Pennac (chagrin d'école) n'est même pas à proprement parler un roman, mais une énième digression sur les tares par ailleurs bien réelles de notre Education Nationale. Il parait (Giesbert) que c'est digne de Pagnol. S'il le dit...
Moi, je regretterai que les prix, les grands en tout cas puisqu'il reste encore le Médicis et l'Interallié aient encore laissé passer Olivier Adam. Mais il faut dire que lorsqu'on a déjà ignoré Michel Houellebecq, le seul auteur qui ait réellement secoué une littérature française moribonde, on est pas à ça près. Ça, en l'occurrence, s'appelle "A l'abri de rien" (L'olivier). Je ne crie pas au chef d'oeuvre, c'est plein de défauts agaçants ( comme ces allusions répétées à Céline et au "Voyage"), mais par ailleurs c'est fort, juste, engagé, courageux, et oui, social. Une écriture fluide et qui donne en même temps des coups de poing dans le ventre. Adam touche, émeut avec son héroïne brisée et qui perd pied parce qu'elle ne parvient pas à canaliser ses sentiments. Et puis, par dessus tout, moi, ce qui me plait c'est qu'il me fait réfléchir aussi, en appuyant sur une plaie de notre société, à savoir notre façon de nous comporter face aux réfugiés, à l'étrangeté. Bref un roman français qui ne vous fait pas perdre votre temps. Plutôt rare.
 

 
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