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06/10/2008

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30/09/2008

Keith Olberman


Keith Olbermann, un talk Show qui décoiffe sur MSNBC. Qui oserait mettre à l'antenne un type pareil dans notre Télé française endormie?

23/09/2008

Le déclin de l'empire américain?

D'abord se méfier. Donc point d'interrogation de rigueur. Le déclin et même la fin de l'empire américain ont été annoncé moult fois, on sait ce qu'il en a été. Mais tout de même: Mille milliards de dollars? Comment supporter le prix astronomique, inouï du sauvetage d'un système financier infernal, totalement dérégulé qui menace de faire basculer le monde dans la récession? Comme toujours, les Etats-Unis feront appel aux acheteurs de bons de trésor, au premier rang desquels la banque de Chine, pour financer un déficit qui de colossal va devenir abyssal. Il va plus que doubler. Malgré ça, comme c' est très bien expliqué ici, cela ne devrait pas provoquer en soi une déterioration de la confiance que font les investisseurs dans le gouvernement américain. Les banques, qui étaient les vrais étendards de cet empire sans colonie, qui pouvaient s'endetter -et donc investir dans l'économie du monde entier- à hauteur de 30 fois leurs fonds propres, seront mises sous tutelle  et devront être recapitalisées par des homologues étrangères ou s'ouvrir à des fonds souverains, venant le plus souvent de pays du golfe (ce qu'elles ont dejà commencé à faire). Il y a un an environ le gouvernement fédéral avait fait obstacle à l'aquisition des ports américains par les émirats. Cette fois il n'y a plus guerre le choix.En fait, ce sont des pans entiers de l'économie américaine, ses actifs symboles de sa souveraineté et de sa puissance  qui seront ainsi bradés, sans que le gouvernement puisse faire quoi que ce soit pour stopper le mouvement. Quand au prochain président il sera pieds et poings liés et n'aura plus un sou pour financer ses promesses, qu'il s'agisse du système de santé- qui n'est pas prêt de voir le jour- ou de la guerre en Afghanistan ou en Irak.
Et là, on commence à pourvoir pronostiquer un recul de l'influence américaine dans le monde. Cette crise financière dont on n'a pas encore commencé de mesurer les effets marque la fin de la période commencée le 11 septembre 2001, durant laquelle l'hyperpuissance américaine se lançait quasiment seule dans la "guerre contre le terrorisme"afin de restaurer sa crédibilité. Cette crise n'efface pas la précédente mais s'y ajoute, ce qui complique encore davantage les problèmes du monde et le rend encore plus incertain et dangereux. Certains espèrent qu'au moins les Américains se montreront davantage disposés à la coopération avec leurs alliés naturels, notament en Europe. Ce serait un bien, mais n'est pas totalement certain. On ne doit d'ailleurs pas se réjouir de ce déclin relatif car le reste du monde n'est pas prêt à occuper la place que tenaient jusqu'ici les Etats-Unis, que ce soit en tant que garant de la sécurité ou comme moteur de la croissance mondiale. A terme, je crois que l'on peut faire confiance au génie américain pour sortir le pays de l'impasse, mais dans l'intervalle, ça va sérieusement tanguer!

15/09/2008

Obama est loin d'avoir gagné


Fin janvier j'annonçais ici même, contre l'avis de tous les "experts" une surprise Obama. Aujourd'hui, alors que presque tout le monde le voit déjà s'installer à la Maison Blanche, je crains qu'à moins qu'il ne réagisse très rapidement il ne soit en train de perdre l'élection.
En fait les Républicains sont en train, avec le retour de Karl Rove, de refaire peu ou prou le même coup qu'en 2000 et surtout 2004. L'éditorialiste  du New York Times, Moreen Dowd a très bien résumé le choix qui s'offre désormais aux américains, surtout depuis le choix de la candidate à la vice présidence sur le ticket républicain:
Primo: Palin donne le sentiment que "réflechir, c'est du passé". Seule compte l'action. Elle est capable de débiter des platitudes apprises par coeur avec la même décontraction que W. Bush en 2000. Il lui suffit, par exemple, d'observer la Russie depuis l'Alaska pour savoir ce qu'il faut faire avec elle et pour le reste elle est prête à partir en guerre pour la Georgie si celle-ci devient membre de l'Otan et rester sans rien dire ni penser si Israël attaque l'Iran, car elle considère que ce n'est pas le problème des Etats-Unis.
Secondo: Elle offre une alternative à l'image de la femme libérée heroïne de "Sex and the City". Voici revenue avec elle la femme pionnière avec un bébé dans une main et dans l'autre une bible et un fusil.
Tercio: Elle fait passer Obama pour un crâne d'oeuf. Intelligent, beau parleur mais crâne d'oeuf. Pensez: une espèce de Fabius ou de Juppé noir...
Et face à cet iceberg qui déboule dans la campagne comment réagit-il? Avec calme et rationnalité. Il dit que ce n'est pas ce qui interesse vraiment les gens, que ces mensonges qui ne trompent personne c'est précisément ce pourquoi de plus en plus d'Américains se détournent de la politique. Il a raison, bien sûr, et ce n'est pas seulement vrai là-bas. Et il proclame de sa belle voix grâve: "enough!", Assez! Mais les Républicains, eux, trouvent que ce n'est pas du tout assez et ils sont près à faire à M. Parfait, M.Gendre-idéal-même-s'il-est-noir le même coup qu'à Kerry et avant lui à Gore qui était des types infiniments supérieurs intellectuellement et moralement aussi à Bush.
La presse, télé comprise, se déchaine contre McCain et Palin dénonçant leurs arguments, les mensonges de l'un et l'incompétence de l'autre, mais on dirait qu'à part quelques cercles privilégiés ou intellectuels, on n'écoute plus leurs remarques. Après tout, Bush n'a pas été élu pour sa compétence en politique étrangère, et confronté à une terrifiante attaque terroriste dont tout le monde pensait qu'elle serait infailliblement suivie de répliques, il a assuré la séurité du territoire national, fût-ce au prix de la guerre en Afghanistan et surtout en Irak.
Bien sûr, rien n'est encore tout à fait joué. Obama compte sur l'Economie, le ras le bol de l'Irak, l'effet des scandales financiers comme Enron ou encore le traumatisme du passage de Katrina qui aurait, selon certains analystes comme l'économiste Jacques Mistral annoncé le retour du besoin d'Etat et de régulation chez les américains.
Tout ça est bien beau, mais pour l'instant c'est une campagne ou il est impossible de parler un minimum de politique et Obama va bien devoir trouver la solution rapidement, sinon les beaux espoirs placés dans cette Amérique "que nous aimons" risquent de s'effondrer comme chateau de sable.

08/09/2008

Sarkozy est-il un (mauvais) social democrate?

On connait le principe des politiques social-démocrates: compenser le déséquilibre entre la rémunération du capital et du travail, financer la protection sociale au moyen de taxes et de prélèvements sur les revenus les plus élevés. Cet effet redistributif dont se charge la puissance publique, outre qu'il se réclame d'une certaine idée de la justice sociale a pour conséquence de soutenir la consommation (on prend à ceux qui épargnent pour donner à ceux qui n'ont pas de quoi consommer) et donc la croissance. Sauf que la mondialisation et le dérapage des dépenses de santé sont venus gripper cette belle mécanique qui fit les beaux jours de la gauche scandinave et dont nos gouvernements français de gauche comme de droite ont essayé de s' inspirer, sans toujours bien y arriver, même quand ils prétendaient au contraire mener des politiques socialistes ou liberales. Aujourd'hui en effet la distribution de pouvoir d'achat, au lieu de soutenir la croissance, aggrave le déficit du commerce exterieur (les gens achètent des écrans plats fabriqués en Chine) et la non maitrise des dépenses sociales est à l'origine d'une colossale dette publique. D'où l'interêt récent, en France, pour les politiques dites " de l'offre". On trouve ses adeptes aussi bien à droite qu'à gauche. Des socialistes comme Dominique Strauss Khan ou Michel Rocard admettent fort bien qu'on ne peut pas augmenter indéfiniment les impôts et que la justice sociale n'est pas proportionnelle au niveau de taxation. Le point de départ de ces politiques "de l'offre" est de constater qu'avant d'avoir des richesses à redistribuer il faut commencer par en produire, et donc que le rôle assigné à la politique économique doit être d'encourager l'industrie et les services en les aidant à accroitre leur compétitivité afin qu'ils créent de l'emploi et des revenus, l'Etat se chargeant dans un deuxième temps seulement de corriger les inégalités.
Pour cela, il faut non seulement maitriser les dépenses publiques mais rester à un niveau de taxation raisonnable. Or, de ce point de vue la France ne peut plus se permettre-et depuis bien longtemps déjà- d'augmenter les prélèvements obligatoires. Leur part représente 43,5% du Pib en 2007, soit à peine moins que les 44,9% du pic historique de 1999. Ce poids s'explique essentiellement par les besoins de financements de la Sécurité Sociale. Du reste on paye relativement peu d'impôts en France et beaucoup de cotisations sociales, c'est à dire qu'en France on continue de trouver plus normal de taxer les salariés que les rentiers et les héritiers, le travail, l'arbre, plutôt que son fruit. Resultat, très rapidement il n'y a plus de fruits... Lorsque tous les grands pays européens-y compris les social-democraties du nord de l'Europe- s'employaient à faire baisser les prélèvements obligatoires, la France, seule ou presque, continuait de montrer son incapacité à suivre ce chemin vertueux, s'obstinant à vivre au dessus de ses moyens. Résultat: nous avons aujourd'hui le record d'Europe des prélèvements. Et on continue!
Le RSA est une excellente disposition qui transformera un revenu d'assistance (le RMI) en une incitation à reprendre une activité. Encore eut-il fallu en limiter l'application dans le temps pour ne pas encourager la précarité sur fonds publics. Avouer que l'on est incapable de trouver 1 milliard et demi d'euros d'économies (ne serait-ce que dans des dépenses improductives, il ne s'agit pas de couper les dépenses de recherche et developpement d'ailleurs trop faibles) dans un budget de près de 1000 milliards est tout simplement à désesperer du génie français. Les plus démoralisés doivent être ceux qui ont voté pour Sarkozy en ésperant précisément une rupture avec les mauvaises habitudes du passé. Pour l'instant, à quelques exceptions près, comme celle du sénateur Alain Lambert, nul dans son camp ne cherche à le remettre dans le droit chemin de ses promesses électorales. La décision du Président (Le parlement n'a pas été consulté. On attend les effets de la réforme de la constitution avec impatience!) de le financer par une taxation de l'épargne est  donc non seulement anti économique mais injuste socialement (le bouclier fiscal). Cela ressemble à une mesure de gauche, raison pour laquelle le PS et les medias politiquement corrects l'on d'abord saluée, mais c'est uniquement un trompe-l'oeil: On ne taxe pas les "gros" capitalistes (il n'y a qu'à voir le scandale du régime fiscal des stocks-option), mais seulement la consommation differée de millions de français moyens inquiets pour leur retraite. En espérant simplement que le prélèvement soit suffisament faible pour être indolore et donc sans conséquences politiques. Tout celà confirme que la politique économique n'a pas de pilote en France. D'ailleurs savez-vous qu' il n'y a même pas de conseiller en charge de l'économie à l'Elysée? A moins qu'Henri Gaino ne s'en charge. Dans ce cas, helas, tout s'explique.

25/08/2008

Perles de l'été

Pendant ces vacances, j'ai fait ceinture. Même pas de connexion internet sous la main! Petite session de rattrapage, pour ne pas vous laisser sur votre faim!
-Dès mon retour, crise internationale majeure avec la guerre russo-georgienne qui balaie les espoirs de l'après guerre froide. Je me suis d'abord méfié de l'anti-poutinisme primaire, réflexe des medias français. Saakachvili n'avait-il pas déclenché les hostilités en lançant cette attaque contre les séparatistes ossètes au prix de nombreuses victimes civiles? Puis, très vite la réalité du piège russe n'a pas tardé à éclater, tout comme les réelles intentions de Moscou: Abattre le régime pro-occidental georgien et "finlandiser" un pays qui regarde vers l'Union Européenne et l'Otan. Medvedev et Poutine se sont joué de Sarko qui pensait sincèrement que les Russes étaient encore des "partenaires" qui voulaient seulement donner une leçon au diablotin de Tbilissi. Il s'agissait en fait de défier l'Otan et de mettre à l'épreuve la résolution de l'occident. L'affaire n'est pas terminée. Certes, personne n'a envie de "mourrir pour Tbilissi", mais il est inconcevable de laisser la Russie contrôler le transit du pétrole d'Azerbaïdjan via l'oleoduc BTC, alors qu'elle a déjà montré qu'elle n'hésitait pas à faire un usage politique des robinets de gaz.
La donne géopolitique globaleva s'en trouver durablement modifiée. Cela a déjà pour éffet de remettre en selle Mc Cain dans la course à la Maison Blanche et explique le choix du véteran Jo Biden comme collistier d'Obama. Ce n'est qu'un début. Avec la Russie on est passé en quelques semaines de la détente d'après guerre froide à la sècheresse des thèses Huntingtonienne sur le "choc des civilisations".
-Les JO ont été un triomphe total, sportif et politique, pour la Chine. Poulidor est bien français. Nous sommes quasiment champions du monde des medailles d'argent et de bronze et nous sommes satisfaits, semble-t-il, de jouer les seconds rôle (pardon aux experts, étonnants et à Alain Bernard). Comme prévu, les milliers de journalistes accrédités à Pekin ont décortiqué les vices du régime chinois, aux quatre coins d'un pays-continent, ouvert les yeux du monde sur les exactions au Tibet, les atteintes au droits sociaux et humains etc...Je plaisante bien sûr. Il n'y en a eu que pour l'excellence de l'organisation chinoise, la gentillesse de l'accueil etc. Ces jeux resteront comme ceux de la honte et de la crétinisation de masse. Mais c'était inévitable tant le CIO a abdiqué son ideal. Le choix de Pékin était bien entendu une erreur. Il n'a été fait que pour satisfaire les sponsors, ces nouveaux dieux du stade. C'est d'ailleurs, hélas tout ce que sont devenus les JO: Tout sauf des "jeux" justement, plutôt une opération commerciale planétaire, comme l'attestent les émoluments extravagants du héros de ces jeux, Michael Phelps.
Est-il trop tard pour en tirer les leçons, à Sotchi par exemple?
-Dix soldats français tombés en Afghanistan en une seule journée. Etait-ce une erreur de les y envoyer? Je ne crois pas. Mais de laisser le pilotage de cette "guerre" aux Américains qui viennent encore de commettre une gigantesque bavure en bombardant un rassemblement de civils et ont ainsi le don de se mettre à dos les populations civiles, certainement. De faire comme si le Pakistan n'était pas la source du problème, aussi.
-Coup de chapeau à Jack Lang. Dieu sait s'il n'est pas toujours irréprochable, mais en votant en faveur d'une réforme constitutionnelle certes incomplète (le Sénat), mais qui restaure le parlementarisme, il a été un des rares fidèles aux idéaux du Parti Socialiste depuis 50 ans. Quand au PS il s'est encore discrédité dans une opposition bête et méchante. Pitoyable.
-Siné antisémite? J'ai écrit, il y a quelques années et avant d'autres-dans "La plaie"- que cette question est déplacée. La seule chose interessante c'est de se prononcer sur ce qui est dit et écrit. De ce point de vue, il n'y a pas deux sortes d'antisémitisme. Un antisémitisme de droite, à la Le Pen qui mériterait châtiment immédiat, et un autre auquel l'anarchisme servirait de circonstance atténuante. Or la sortie du vieil anar de Charlie Hebdo était bien puante, révélatrice d'une levée d' interdits. Il n'y a qu'à voir, sur google (et depuis des années) le nombre de recherches du type "Sarkozy+juif" et ces derniers jours, comme le révèle site de La Paix Maintenant, "Biden+juif". Il semble que dès qu'une personnalité émerge dans une position de pouvoir, le dernier jeu à la mode, à l'abri de ce cabinet d'ombre qu'est internet, soit de vérifier si il, ou elle, n'a pas des accointances juives. Inquiétant...et surtout révélateur.

13/07/2008

Allons enfants!

Tout le monde ou presque sera là. Il ne manquera que Khadafi qui se considère davantage comme un africain que comme un méditerranéen et qui a besoin de se singulariser par des coups d'éclats. Sacré Mouamar! Je voudrais dire deux ou trois choses rapides sur ce lancement en grande pompe de l'Union pour la Méditerranée.
Primo que c'est évidement une excellente idée, mais qu'elle me parait mort-née. C'est très simple, la France n'a pas les moyens financiers de mener cette politique d'ouverture au sud. D'élargissement, serait-on tenté de dire. Bruxelles a déjà redimensionné l'affaire, en laissant toutefois au Président français, et pour six mois de l'UE le plaisir de produire un "show". Hors-mis des plans de dépollution de la Méditérannée, des arrières pensées sur le nucléaire civil, cette union ne comporte guère de projet concret. On ne sait même pas si, passé les six mois de présidence française, ce n'est pas la République Tchèque qui assurera-comme prévu- la co-présidence de l'UPM. Je veux bien, mais n'en déplaise aux bureaucrates bruxellois, tout comme l'Europe, la Méditerranée c'est d'abord une réalité géographique!
Deuxio, c'est un immense malentendu. Le Nord veut montrer qu'il n'adhère pas au choc des civilisations et aider les pays du sud à créer des emplois chez eux pour que leur jeunesse de déferle pas sur nos frèles économies, alors qu'au sud on ne rêve que de visas pour travailler dans les prospères contrées du Nord.
Tertio. On fait beaucoup de bruit autour de la présence d'Assad, le 13 et même le 14. Je ne vois pas comment Sarkozy aurait pu le renvoyer à Damas alors que ses collègues iraient, eux, congratuler l'armée française. Souhaité de le 13, sa présence le 14 devenait inévitable. Bien sûr, la Syrie a une nouvelle fois dicté sa loi au Liban. Elle finit toujours par obtenir ce qu'elle veut et ne donne rien en échange. Mais elle existe et aussi bien au Liban qu'avec Israël il ne peut pas y avoir de paix sans elle. Qu'on espère pas non plus que ce hochet méditerranéen va faire d'elle par magie un pays en voie de démocratisation. Le pouvoir syrien est un clan qui ne peut se maintenir au pouvoir que par le sang et la terreur. Mais si l'on met de côté Israël, et aussi la Turquie et le Maroc qui font de réels efforts en direction de la démocratie, ou sont les démocrates autour de cette Méditerranée?
On va donc festoyer pendant ces deux jours. La France aura deux ou trois raisons de se feliciter de son initiative (l'ouverture d'une ambassade syrienne au Liban, peut-être des contacts israélo-syriens sans lendemains en coulisse), mais toute comparaison entre cette UPM et la naissance de l'Europe serait abusive et nous prendrait vraiment, nous autre mediterranéens, pour de enfants.
Bonnes vacances!

03/07/2008

Miracle à la colombienne

Ingrid Betancourt est donc libre. Libérée par l'armée colombienne, il faut le dire et le redire, sans tirer le moindre coup de feu. Avec elle 13 autres otages américains et colombiens. On n'ose dire qu'il s'agit là d'une opération "à l'israélienne", tant ce genre de comparaison sont dangereuses pour leurs auteurs de nos jours... C'est en tout cas une leçon de professionalisme et d'humanité de la part d'une armée et d'un Président (Uribe) régulièrement diffamé, en particulier sur la toile. Il y avait tant d'âmes vertueuses qui eussent préféré voir ici le triomphe de Chavez, l'homme qui met à terre l'économie de son pays et son peuple à l'abri de grands discours anti-impérialistes! Mais brisons-là, l'heure n'est pas aux règlements de compte. On verra comment certains s'arrangent avec leurs sempiternelles rengaines pacifistes. A les entendre il aurait fallu céder à toutes les exigences, même les plus baroques, d'une guerilla aux abois. La fermeté résolue peut aussi payer. Souhaitons que cette leçon soit méditée.
On ne reprochera pas non plus à Sarkozy d'avoir lui aussi donné l'impression de céder au "mirage Chavez". Pour réussir, il fallait bien sûr mettre toutes les chances de son côté,  et la pression qu'il a mise en permanence sur tous les acteurs a été très précieuse. Un peu plus de solidarité manifeste avec Uribe n'aurait toutefois pas été déplacée. Mais il faut dire que la famille d'Ingrid n'a jamais cru à la stratégie du Président colombien. On ne peut pas non plus le lui reprocher, mais cela à sûrement influencé Sarkozy.
Il y a en effet quelque chose de quasi miraculeux dans cette libération qui a pris de court tout le monde, à commencer par le Président français qui n'était visiblement pas dans la confidence. Le secret est bien sûr le principal ingrédient de la réussite de telles actions d'éclat.
Les Farcs ne sont pas vaincues pour autant. Elles ont encore des dizaines d'otages anonymes auxquels il faut penser plus que jamais. Les problèmes sociaux de la colombie demeurent, bien sûr, même si la situation de ce pays est bien préférable à celle de son voisin du nord pourtant imbibé d'or noir.

21/06/2008

Halte au feu sur Hortefeux

Brice Hortefeux trimbale une sale réputation. Surtout depuis qu’il a accepté d’être le premier ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. (cette dernière attribution étant devenue depuis les municipales « développement solidaire », ce qui sonne mieux. Il faut dire qu'aux yeux de certains professionnels de la vigilance, créer un ministère de l’immigration était déjà céder à la lepénisation des esprits. Mais alors, lui accoler « l’identité nationale », là, ceux qui "s’y connaissent" voyaient assurément le retour de Vichy et de la milice. Hortefeux ne valait guère mieux qu'un héritier de Darnand.
Il n’est pas toujours mauvais d’être un mal aimé. Impopulaire presque par vocation, il ne risquait pas d'advenir à nore ministre les mêmes mésaventures qu'à son maître politique, Nicolas Sarkozy: Point de de temps à perdre en vaine tentative de séduction du microcosme, il restait seulement à travailler pour mettre en œuvre la première politique d’immigration digne de ce nom. Car l’invocation abusive du vilain passé français n’était pour les gens "aux idées larges" qu’une argutie pour de nier l’évidence : l’immigration est un défi économique, social et même stratégique pour toutes les nations, aussi bien émergeantes que développées. Pour y répondre il faut une politique qui se substitue à l’aveuglement responsable de nombreux maux français : déficit des comptes publics, chômage, insécurité dans les banlieues, racisme, régression dans le relativisme culture (comme l’illustre l’affaire du mariage annulé de Lille, ou celle du gymnase réservé aux femmes). Or jusqu'ici ce qui faisait office de politique était le laisser-faire, le laxisme, un peu à la tête du client, assortie de temps à autre d'une repression au faciès. Une sorte d'ultra liberalisme migratoire défendu, c'est curieux, par ceux-là même qui vomissent le mot en L...Résultat, sous couvert de compassion altermondialiste on laissait s'enrichir les passeurs sans scrupules et parfois criminels, les trafiquants d'êtres humains, marchands de sommeil et autres patrons véreux. Ce sont d'alleurs parfois les mêmes, associés dans ces filières exploiteuses de misère.
Cette semaine, Hortefeux présentait dans une conférence de presse interminable, au dessus des forces du pauvre journaliste submergé (2heures! Même Sarkozy n'orait pas osé.), le premier bilan de sa politique qu'il définit en trois mots: Equilibre, fermeté et justice.
Pour l'équilibre on fut heureux d'entendre le ministre affirmer que l'immigration zéro n'était "ni possible ni souhaitable" et même que, pour peu qu'elle soit maitrisée, elle pouvait être "un atout" pour la France. Oui vous avez bien lu et vous vous souvenez sans doute de la formule de Bernard Stasi "l'immgration, une chance pour la France" qui lui valu d'être vilipendé durant des années par le FN? On n'en est pas loin.
Côté fermeté on ne sera pas surpris de voir que les reconduites à la frontière sont en forte augmentation (+31% depuis juin 2007) et que le rythme s'accélère. Plus spectaculaire, celle des retours volontaires (+374% en un an), ce qui prouve que des perspectives reviennent dans les pays du sud et que les aides sont donc plus incitatives. C'est une bonne nouvelle. De même on interpelle plus d'employeurs en fraude et de marchands de sommeil. L'immigration professionnelle ("choisie") se développe rapidement alors que les regroupements familiaux diminuent sous le coup des mesures dissuasives comme les tests de Français et peut-être les fameux tests ADN ( Je n'ai pas eu la patience d'attendre la fin de la conference pour poser une question sur ce sujet.). Par ailleurs, les conjoints inactifs ayant déjà bénéficié du regroupement familial sont incités à prendre une activité de type "emploi à la personne". Bref on s'assure désormais avant d'autoriser le séjour d'un étranger qu'il jouiera de conditions de vie décentes, comparables à celle de tout citoyen. C'est tout simplement une question de respect des droits de l'Homme. Tout ceci est excellent. Je suis davantage géné en revanche, revolté même, par les arrestations "d'aidants", près de 4000 personnes en un an soit une hausse de 28,5%. Héberger de façon désinteressée un clandestin est un comportement digne et même un devoir moral. En faire un délit est un scandale.
Justice enfin, envers les étrangers en situation régulière et tout ceux qui respectent la loi. A propos de la récente grève des sans-papier employés de la restauration et de l'hotellerie en région parisienne, Hortefeux a avancé des chiffres qui font réfléchir: A Paris, où le taux de chomage des étrangers-hors UE- est le triple de la moyenne nationale, sur 22000 étrangers (réguliers) demandeurs d'emploi, 1500 cherchent un emploi de cuisinier ou d'agent d'entretien. Régulariser massivement les clandestins reviendrait à défavoriser ceux qui ont souvent peiné pour se mettre en règle. Il n'annonce donc que quelque centaines de régularisations.
on verra comment tous ceux qui croient défendre les étrangers réagiront à ces premiers résultats. Ils ont l'air de convenir en tout cas aux pays d'origine de l'immigration, essentiellement en Afrique puisque le gouvernement français signe des dizaines d'accord avec eux et qu'une demi douzaine d'ambassadeurs assistaient au show d'Hortefeux.

12/06/2008

Les atouts de l'Iran en Afghanistan

Entretien de France 24 avec le ministre des affaires étrangères iranien  (dans notre jargon on dit le “mae”), Manouchehr Mottaki. Ça se passe  à la résidence de l’ambassadeur, un magnifique hôtel particulier dans le XVII arrondissement de paris, jouissant d’un superbe patio surrélevé “à l’orientale”. En y pénétrant, j’ai davantage l’oeil d’un agent immobilier que d’un journaliste et je me dis que les persans envoyés par le Shah avaient décidément bien du goût.
Face à moi, l’un des plus haut dignitaries de la République Islamique, un proche d’Ali Larijani candidat malheureux à l’élection présidentielle et ancien négociateur sur le dossier nucléaire. Comme j’ai déjà pu le vérifier la politique étrangère iranienne ne se comprend que si l’on en comprend et si l’on en  décode les nombreuses subtilités. L’homme est d’une courtoisie absolue, le verbe est onctueux, le ton on ne peut plus mesuré et meme modéré, qui n’en masque pas moins l’orthodoxie du propos. Lorsque je lui demande pourquoi il a lui meme appelé les musulmans du monde entier à détruire Israël (“Si chaque musulman jetait un baquet d’eau sur l’entité sioniste, elle serait submergée”), il commence par répondre qu’il respecte ceux qui ne partagent pas le point de vue iranien! Mais attention que l’on comprenne bien: Téhéran ne songe pas à vitrifier Israël, mais considère “en fonction des réalités “le régime sioniste honni” a perdu toute légitimité aux yeux du monde…comme ce fut le cas pour le régime de l’Apartheid. On nous reservira cette comparaison réchauffée (mais très appréciée de Jimmy Carter) à Durban2 en 2009…
Une version “humaniste” destinée aux occidentaux. Devant les orientaux les iraniens prennent moins de gants.
Cela dit, je pense que cette confrontation rhétorique avec “l’ennemi sioniste” en dissimule une autre bien plus importante pour comprendre l’évolution des rapports de force au moyen orient: l’affrontement entre le “croissant chiite”, manoeuvré par l’Iran et le monde sunnite dont le leadership fragile est assuré par l’Arabie Saoudite.
Le programme nucléaire iranien fournit une occasion d’une joute verbale avec Israël qui arrange les deux parties qui justifie de maintenir une garde haute. Mais il est surtout fait pour intimider ou inquiéter les voisins immédiats de l’Iran, au premier chef l’Arabie saoudite et les pays du golfe. Et cet objectif est déjà en partie atteint. La puissance d’Israël ne gene nullement l’Iran, elle maintient la pression sur le monde arabe et entretien le prestige de l’Iran qui par Hezbollah interposé tient la dragée haute à l’Etat Hébreu. Voilà pourquoi Téhéran et son allié au Liban feront tout ce qui est en leur possible pour empêcher un règlement négocié du conflit Israélo-palestinien.
Reste l’Afghanistan, la conférence sur la reconstruction du pays, raison du passage à Paris du “mae” (il ne verra évidement aucun officiel français. En tout cas pas au grand jour l’Iran est blacklistée.). Quel jeu y joue exactement les iraniens? Une partie d’échecs-jeu dont ils sont les inventeurs dans lequel comme il se doit ils dissimulent parfaitement leur coup suivant. En 2001 ils ont soutenu les moudjahidines de Massoud dans leur combat contre les Talibans. Aujourd’hui encore lorsque je l’interroge sur le risque de leur  retour au pouvoir, Mottaki incrimine “ceux qui, à coup de pétrollars, ont nourrit ces extrémistes”, comprenez l’Arabie Saoudite. Pourtant les services américains et britanniques sont persuadés que l’Iran leur fournit aujourd’hui de l’armement (des elements pour des “road bombs” déclenchées à distance au passage des convois de l’OTAN). En septembre 2007 deux camions ont été interceptés à la frontière irano-afghane. Mais l’Iran continue de nier. Il faut dire que depuis le mensonge des ADM en Irak, on ne sait plus à quelle source se fier…
Dans le même temps l’Iran aide économiquement l’Afghanistan. Mottaki explique qu’avec $ 500000 les iraniens, très proches culturellement des Afghans, font ce que “d’autres” (c’est à dire les pays de l’OTAN) font avec 5 millions. Et sur ce point, on le croit volontiers.
En résumé, L’Iran soutient Karzai“tant qu’il sera là” (on saurait être plus clair), par réalisme et “parce que c’est le choix du peuple”. Mais les troupes de l’OTAN n’y seront pas éternellement, et Téhéran attend leur départ avec impatience pour étendre son influence dans un pays crucial à ses yeux. De là à forcer un peu ce destin, il n’y a qu’un pas….

Pour voir l'entretien rendez-vous sur le site de France 24, rubrique "débat "puis "entretien", il sera en ligne ce soir après sa diffusion (22H45)

 
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