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16/02/2009

Procès Colonna: le malaise

Il est temps de confier le malaise de plus en plus grand que me procure le procès Colonna, maintenant en appel devant la cour d'appel spéciale de Paris.

Le meurtre du préfet Erignac est un des plus odieux que l'on puisse imaginer dans une démocratie. L'Etat défié est sommé de réagir. Au point de condamner à perpétuité un "coupable idéal"? Lors du procès en appel, l'accusation  est mise en capilotade, et la réaction de la cour d'assise spéciale permet de douter de son indépendance. L'actuelle Garde des sceaux elle-même ne vient-elle pas de déclarer devant des élèves magistrats que "l'indépendance n'es pas un dogme"?

Résumons les nombreuses étrangetés de ce dossier:
Dénoncé par des participants au commando comme étant le tueur, en cavale, Yvan Colonna est finalement arrêté dans des conditions curieuses qui évoquent une négociation. Le ministre de l'intérieur de l'époque, aujourd'hui Nicolas Sarkozy se félicite publiquement de l'arrestation de "l'assassin du préfet", au mépris de la présomption d'innocence la plus élémentaire. Un climat de plus en plus plombé pèse sur la cour d'assise spéciale de Paris qui débat de l'affaire en appel. On évoque une cause "sacrée". Craint-on que le chef de l'Etat ne perde la face en cas d'aquitement? Un ancien collaborateur du défunt préfet vient "soulager sa conscience", il redoute qu'un innocent soit condamné, révèle que deux membres du commando sont sans doute encore au large. Un expert balistique, à peine pris au sérieux par l'accusation, affirme que le tueur mesurait une quinzaine de centimètre de plus que Colonna. Le chroniqueur du figaro, Stéphane Durand-Souffland, vieux routier des prétoires, laisse transpirer son malaise et parle d'une athmosphère de "curée judiciaire".

Déjà certains contre-attaquent en affirmant que rien de tout cela ne prouve l'innocence de Colonna! Doit-on leur rappeler qu'en droit il ne s'agit pas de cela mais seulement de prouver la culpabilité d'un prévenu, au delà du doute raisonnable? Colonna s'est dit "condamné d'avance" et franchement on peut de moins en moins lui donner tort. Il ne faudrait pas qu'à un crime odieux, la justice de notre pays réponde par un procès politique expéditif.

11/02/2009

Lendemain d'élections

Comme vous pouvez le constater mes prévisions n'étaient pas trop mauvaises! En théorie, c'est à Livni d'essayer de former une coalition. Mais laquelle? Si elle veut rester fidèle à son programme elle devra reconnaitre que sa place est dans l'opposition. En effet, elle ne peut atteindre 60 sièges qu'avec le soutien de Lieberman et/ou du Shass qui sont farouchement opposés à toute concession sur les territoires et sur Jérusalem. Faire un gouvernement avec eux reste possible (on a déjà tout vu en Israël!), mais serait une trahison. Si elle l'avait souhaité Livni aurait du reste pu arriver à ce genre de gouvernement improbable sans aller aux élections. Elle a préféré la clarté, ce qui est à son honneur. Cela prendra du temps mais Peres, comme tout le monde, devra admettre que les israéliens se sont prononcés pour un gouvernement de droite. les scores du Likoud et d'Israël Beitenou sont particulièrement spéctaculaires dans le Nord et le sud du pays qui ont été touchés par les tirs de roquette du Hezbollah ou du Hamas. De ce point de vue on peut dire que ce sont ces deux mouvements qui ont une fois de plus fait l'éléction israélienne.
Reste une dernière possibilité qui aurait sa cohérence et pourrait permettre de négocier un accord avec les palestiniens: Un gouvernement Kadima-Likoud avec rotation du poste de premier ministre entre Netanyahou et Livni (Barak a l'air d'avoir compris que le parti travailliste ne peut se refaire une santé que dans l'opposition). Ce  serait un gouvernement assez homogène car il n'y a pas énormémément de différence entre les deux partis sur le fond,  mais je n'y crois pas beaucoup car Netanyahou a la possibilité d'être le seul patron en s'alliant avec Lieberman. C'est son seul objectif. Advienne que pourra.

10/02/2009

Jour d'élection en Israël

On peut toujours se tromper, et la prédiction, en matière de politique israélienne, est sacrément hasardeuse. Néanmoins, on peut risquer que le vainqueur des legislatives s'appellera Netanyahou. Même si dans la dernière ligne droite il ne parvenait pas à devancer Tsipi Livni et Kadima, il est fort probable que le Parti Travailliste sera si faible qu'il ne permettra pas au parti centriste de construire une coalition durable et surtout assez forte pour négocier la paix. Dans ces conditions Netanyhaou sera le maitre du jeu. Le moins mauvais scenario, et sans doute celui qu'il souhaite serait une "grande coalition" avec Kadima et les travaillistes. Immobilisme garanti mais ce serait quand même moins terrible qu'un gouvernement droite-extrême droite-religieux. Je pense que Netanyaou n'a aucune envie de s'associer au croquemitaine Lieberman. C'est un pragmatique.
Netanyahou ne veut pas de nouvelles évacuations de colonies et dans ces conditions il y a fort à parier que les négociations avaec les palestiniens n'avanceront pas d'un pouce sous son leadership, à moins d'une très forte et très improbable pression américaine. Mais en même temps regardez le bilan de Kadima: orpheline de son concepteur, Ariel Sharon, la coalition de centre gauche n'a tenu aucune de ses promesses et a fini par cette guerre stupide de Gaza: les roquettes continuent de tomber sur le sud d'Israël. Les israéliens sont persuadés qu'elle s'est arrêtée trop tôt et s'imaginent qu'avec le Likoud Israël serait allé jusqu'au bout. Mais quel bout? Face à cette ennemi là Israël n'avait qu'une solution rationnelle: négocier avec le Fatah pour l'éliminer. Mais où sont ces "douloureuses décisions" dont parlait Olmert? Résultat, zéro pointé. La gauche est démobilisée et La droite revient en Israël, et bientôt lorsque des élections auront lieu en Palestine, le Hamas gagnera à nouveau et encore plus nettement, car selon les sondages une forte majorité de palestiniens de cisjordannie estiment qu'il est le vainqueur de la guerre de Gaza. Ces élections pourraient avoir lieu si Israël échange la libération de Guilad Shalit contre celle des députés du Hamas à l'assemblée legislative palestinienne. Ceux-ci siègeraient à nouveau et constateraient que le mandat d'Abbas a échu  le 9 janvier. Le Hamas pourrait alors remporter aussi la présidence. Il n'y aurait alors vraiment plus de partenaire pour la paix. Beau travail.

 
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