Avertir le modérateur

30/12/2008

Le Hamas, Amos Oz et la sécurité des citoyens d'Israël

Les blogueurs de droite se sont rués sur les déclarations de l'écrivain de gauche israélien Amos Oz. Ce dernier écrit notament dans Yédioth Aharonoth:
"Les bombardements systématiques subis par les citoyens des villes et villages d'Israël constituent un crime de guerre et un crime contre l'humanité. L'Etat d'Israël doit protéger ses citoyens. Nul n'ignore que le gouvernement israélien ne veut pas entrer dans la Bande de Gaza, et qu'il préférerait continuer cette trêve que le Hamas a violée avant de l'annuler. Mais la souffrance des civils israéliens dans la zone frontalière avec Gaza ne saurait perdurer."
Amos Oz a parfaitement raison.
Il dit aussi que le monde se contrefout du calvaire des habitants du sud d'Israël, appelle leur gouvernement à la retenue mais ne songerait pas à exercer plus de pression sur le Hamas.
Il a encore mille fois raison.
On peut même ajouter que le Hamas est une organisation de type fasciste, qui s'est emparé du pouvoir à Gaza par un putsch, n'y tolère aucune opposition et que dans ses mosquées on y répand une idéologie de haine antisémite que les nazis n'auraient pas reniée.
L'explication avancée par le Hamas pour justifier ses tirs de Qassam, et maintenant de Grad (forcer Israël à mettre un terme au blocus de Gaza) est totalement hypocrite et fantaisiste. Les tirs ont en effet commencé dès le lendemain de l'évacuation du territoire par l'armée israélienne, il y a 8 ans. Il n'y avait pas de blocus.
Aux dernières nouvelles le Hamas serait prêt à un accord de paix avec Israël sur base des frontières de 67. Cela reste à démontrer. Pour l'instant on voit surtout qu'il veut prouver aux Palestiniens qu'on ne peut rien obtenir d'Israël sinon par la force, c'est à dire qu'il cherche à ridiculiser et à humilier les Palestiniens qui, depuis Oslo, ont fait le choix courageux de la négociation et de la coexistence.
Mais malgré celà le Hamas controle la bande de Gaza et Israël doit faire avec. Il ne décide plus du destin de Gaza. c'était même tout l'interêt de l'évacuation: couper le cordon avec les Palestiniens.
Pour en revenir à notre écrivain de gauche, quand on fait une citation, il faut le lire au delà du premier paragraphe.
Or, un peu plus loin dans le même texte, Amos Oz ajoute ceci:
"le Hamas désire passionnément pousser Israël à une campagne militaire : si, au cours de cette opération israélienne, des dizaines ou des centaines de civils palestiniens – y compris des femmes et des enfants - sont tués, la radicalisation s'en trouvera renforcée à Gaza, ébranlant peut-être même, en Cisjordanie, le gouvernement d'Abou Mazen, qui laisserait alors la place aux extrémistes du Hamas(...)Pour Israël, la meilleure solution serait d'arriver à un cessez-le-feu total, en contrepartie d'un allégement du blocus imposé à la Bande de Gaza. Si le Hamas persiste dans son refus de cessez le feu et poursuit ses bombardements contre les civils israéliens, il faut redouter qu'une opération militaire ne joue le jeu du Hamas. Le calcul du Hamas est simple, cynique et scélérat : si d'innocents civils israéliens sont tués - parfait. Si de nombreux Palestiniens innocents sont tués - mieux encore. Face à cette position, Israël doit agir intelligemment, et non pas dans une explosion de fureur."
Encore une fois Amos Oz a parfaitement raison.
Et nous en sommes ce soir, selon l'UNRWA à 64 civils tués, parmi eux des enfants.
Le problème avec cette opération "Plomb durci", ce n'est pas qu'elle soit illégitime-Israël a le devoir de protéger ses citoyens-, mais plutôt qu'elle soit dictée par des considérations à courte vue, électoralistes, et que si elle est militairement réussie (ce qui est probable, le Hamas n'étant pas aussi redoutable que le Hezbollah), elle risque d'être politiquement contre-productive...et coûter un grand nombre de vies innocentes.
Dans toute guerre, il y a toujours des sacrifices pénibles.
En règle générale on en estime le prix et on  le compare avec celui de l'inaction.
Si un danger vital est encouru on est enclin à prendre davantage de risques et à exposer davantage de vies, de son côté et du côté de l'ennemi.
En trois jours de guerre 2 civils israéliens ont été tués, soit autant qu'en 8 ans de harcèlement du Hamas.
La vie des habitants de Sdérot est absolument infernale, mais le Hamas ne fait pas peser un danger vital sur Israël. En revanche les différents leaders politiques israéliens avaient peur de payer le prix fort en terme électoral le 10 fevrier en cas d'inaction.
Le Hamas n'est pas exactement le partenaire idéal qu'Israël aimerait avoir. Mais Israël n'a pas toujours bien traité ses partenaires.
Or, demain, il pourrait même y avoir pire que le Hamas à Gaza.
Aujourd'hui le Hamas pousse Israël à agir dans une direction douteuse. Le Hamas n'y gagnera peut-être pas, mais Israël non plus.
Il pourrait donc ne pas y avoir de gagnant du tout.
Zvi Harel, le très avisé commentateur de Haaretz estime lui aussi que cette guerre était parfaitement évitable, car les exigences des deux côtés sont parfaitement raisonables et acceptables:
Le Hamas se dit prêt à reconduire la trève à condition qu'Israël allège substantiellement le blocus de Gaza.
Israël réclame un calme absolu sur les localités du sud-ce qui suppose que le Hamas se fasse respecter de groupes encore plus extrémistes que lui, en échange de quoi Israël se consolera que les gazaouis vivent sous la férule des islamistes, et aura alors rempli ses devoirs vis à vis de ses citoyens.

16/12/2008

Lancer de Babouches sur Bush: Est-ce de l'art ou de la politique?


C'est le happening de l'année 2008: Le double lancer de tatane du journaliste egyptien Mountadar al Zaidi. La double esquive de Bush. Bon pied, bon oeil. Le premier (sorte de version orientale de notre entartreur belge) est devenu le héros de l'année dans le monde arabe, détronant le petit Mohamed Al-Duhra. Dans les rues arabes on ne défile plus en brulant le drapeau américain, mais en brandissant des chaussures: la nouvelle arme de l'opprimé arabe face à la puissante armée du "grand satan". Le second quitte la scène en montrant que si sa politique moyen-orientale fut pour le moins approximative, il lui reste de bon reflèxes. Aux dernières nouvelles chacun s'emploierait à éviter la prison à "Human Pompe", et c'est tant mieux. Si tous les anti-américains se contentaient de lancer des chaussures sur l'objet de leur ressentiment plutôt que de poser des bombes ou de mitrailler d'innocentes victimes, l'humanité aura fait un grand pas en avant. Mieux vaut une paire de godasses sur Bush que deux avions sur le World Trade Center. Une chose parait certaine, compte tenu de l'enthousiasme arabe, aucun Thierry Meyssan ne viendra nous expliquer qu'il s'agit d'une conspiration américaine destinée à prouver la santé de leur Président. Just kiding.

Notons déjà qu'en plus d'être devenu mondialement célèbre (A-t-il entendu parler de la prophétie d'Andy Warhol sur le quart d'heure de célèbrité auquel chacun a droit?), l'obscur journaliste sera peut-être riche. En effet, sans même passer par la case E-bay, l'objet du délit s'arrache à prix d'or. $100000 à droite pour l'ancien coach de l'équipe de foot irakienne! 10 millions à gauche pour un saoudien anonyme! La paire de babouches achetée quelques dollars sur un marché de Bagdad spécialement pour l'occasion est devenue une oeuvre d'art...la video visionnée des millions de fois sur You-Tube. Gageons que modèle en question fera fureur à Bagdad ou au Caïre en 2009. Je me pose quand même la question: En droit irakien, l'agresseur reste-t-il le propriétaire des chaussures, qui deviennent des pièces à conviction? Rien n'est moins sûr, puisque si en la matière, s'agissant d'un "meuble", possession vaut titre, les chaussures appartiennent donc désormais-si la justice et l'Etat irakien ne s'en saisissent pas-à celui qui les a ramassées, c'est à dire, très probablement, à un membre du service de sécurité du Président américain. Mais cessons de pérorer. En 2003, les irakiens heureux d'être liberés du tyran Saddam frappaient sa statue de la semelle de leurs chaussures, geste qui vaut suprême insulte dans le monde arabe. 5 ans plus tard, Bush échappe de justesse au ridicule grâce à son sens de l'esquive. Il s'en est fallu de peu, mais, après tout, c'est le geste qui compte, non? Dans son premier commentaire, Bush, sur un ton assez patelin, a fait observer que c'était une façon comme une autre d'attirer l'attention sur soi dans une société libre et démocratique. Façon de souligner le chemin parcouru par les irakiens en quelques années. Nous vous avons débarassé d'un dictateur et en plus nous vous donnons même la possibilité de nous foutre des coups de semelles sur la gueule. C'est pas extra la démocratie? Encore une victoire de Washington, donc, mais que les Arabes transforment en défaite. Pourtant, essayez donc de lancer une paire de chaussures à la figure, disons de Khadafi ou d'Assad, et on en reparlera. Les libérateurs (spécialement les liberateurs américains comme Donald Rumsfeld) commettent des erreurs. Celles-ci se nomment Abu-Ghraïb ou encore la dissolution du parti Baas. Mais leur plus grande est de penser que les opprimés leur seront reconnaissant éternellement d'avoir mis fin à leur calvaire. La victoire du libérateur ne fait au contraire que souligner leur propre impuissance à se soustraire au joug qui les écrasait.

05/12/2008

Un ministère de la relance? Courtelinesque

Incorrigibles français. Sacré Sarko. On sait que chez nous, face à un problème on crée une taxe...désormais, lorsque ce n'est pas assez, face à un grave problème, on crée un ministère.
La crise est là. la récession est annoncée en 2009. Avec elle, hélas, une inévitable montée du chômage annoncée déjà par les fermetures partielles dans l'industrie, parfois dès le 15 décembre pour plusieurs semaines. C'est d'accord, l'Etat doit absolument se substituer au marché déprimé et jouer son rôle d'acheteur, d'investisseur, de prêteur en dernier recours. Relance keynesienne. Tant pis pour le déficit qui va se creuser, et aussi pour la dette. La crise est mondiale, Bruxelles a mis entre parenthèse l'application des critères de convergence, ses objections face aux distorsions de concurrence que vont générer ces soutiens étatiques à des secteurs en déclin. Tout cela vaut, à conditions que ces dépenses de relance soient strictement limitées dans le temps et que l'on indique dès maintenant comment l'on entend assainir rapidement les finances publiques et désendetter l'Etat, lorsque la reprise sera là. Aux Etats-Unis, pays qui a une aversion traditionnelle pour la dépense publique, Obama a indiqué qu'à côté des plans de sauvetage et de relance, on ferait la chasse au gaspi. En France, on ne dit rien. Au contraire, histoire de faciliter la reprise en main de l'ump voulue par Sarkozy, on crée...un ministère, une administration supplémentaire avec force chauffeurs, secretaires, conseillers techniques etc...avec ses dépenses courantes et extraordinaires...Et tout celà pour...coordonner les dépenses liées à la relance. Du Courteline.
Pensiez-vous que le Premier ministre, dont on se demande chaque jour un peu plus à quoi il sert, pouvait parfaitement faire l'affaire? L'Elysée n'est pas de cet avis qui s'empresse de servir ce marroquin sur un plateau à Patrick Devedjian, sans attendre le remaniement annoncé pour début 2009.
Et vous voulez que l'on croit à la "rupture"?

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu