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08/09/2008

Sarkozy est-il un (mauvais) social democrate?

On connait le principe des politiques social-démocrates: compenser le déséquilibre entre la rémunération du capital et du travail, financer la protection sociale au moyen de taxes et de prélèvements sur les revenus les plus élevés. Cet effet redistributif dont se charge la puissance publique, outre qu'il se réclame d'une certaine idée de la justice sociale a pour conséquence de soutenir la consommation (on prend à ceux qui épargnent pour donner à ceux qui n'ont pas de quoi consommer) et donc la croissance. Sauf que la mondialisation et le dérapage des dépenses de santé sont venus gripper cette belle mécanique qui fit les beaux jours de la gauche scandinave et dont nos gouvernements français de gauche comme de droite ont essayé de s' inspirer, sans toujours bien y arriver, même quand ils prétendaient au contraire mener des politiques socialistes ou liberales. Aujourd'hui en effet la distribution de pouvoir d'achat, au lieu de soutenir la croissance, aggrave le déficit du commerce exterieur (les gens achètent des écrans plats fabriqués en Chine) et la non maitrise des dépenses sociales est à l'origine d'une colossale dette publique. D'où l'interêt récent, en France, pour les politiques dites " de l'offre". On trouve ses adeptes aussi bien à droite qu'à gauche. Des socialistes comme Dominique Strauss Khan ou Michel Rocard admettent fort bien qu'on ne peut pas augmenter indéfiniment les impôts et que la justice sociale n'est pas proportionnelle au niveau de taxation. Le point de départ de ces politiques "de l'offre" est de constater qu'avant d'avoir des richesses à redistribuer il faut commencer par en produire, et donc que le rôle assigné à la politique économique doit être d'encourager l'industrie et les services en les aidant à accroitre leur compétitivité afin qu'ils créent de l'emploi et des revenus, l'Etat se chargeant dans un deuxième temps seulement de corriger les inégalités.
Pour cela, il faut non seulement maitriser les dépenses publiques mais rester à un niveau de taxation raisonnable. Or, de ce point de vue la France ne peut plus se permettre-et depuis bien longtemps déjà- d'augmenter les prélèvements obligatoires. Leur part représente 43,5% du Pib en 2007, soit à peine moins que les 44,9% du pic historique de 1999. Ce poids s'explique essentiellement par les besoins de financements de la Sécurité Sociale. Du reste on paye relativement peu d'impôts en France et beaucoup de cotisations sociales, c'est à dire qu'en France on continue de trouver plus normal de taxer les salariés que les rentiers et les héritiers, le travail, l'arbre, plutôt que son fruit. Resultat, très rapidement il n'y a plus de fruits... Lorsque tous les grands pays européens-y compris les social-democraties du nord de l'Europe- s'employaient à faire baisser les prélèvements obligatoires, la France, seule ou presque, continuait de montrer son incapacité à suivre ce chemin vertueux, s'obstinant à vivre au dessus de ses moyens. Résultat: nous avons aujourd'hui le record d'Europe des prélèvements. Et on continue!
Le RSA est une excellente disposition qui transformera un revenu d'assistance (le RMI) en une incitation à reprendre une activité. Encore eut-il fallu en limiter l'application dans le temps pour ne pas encourager la précarité sur fonds publics. Avouer que l'on est incapable de trouver 1 milliard et demi d'euros d'économies (ne serait-ce que dans des dépenses improductives, il ne s'agit pas de couper les dépenses de recherche et developpement d'ailleurs trop faibles) dans un budget de près de 1000 milliards est tout simplement à désesperer du génie français. Les plus démoralisés doivent être ceux qui ont voté pour Sarkozy en ésperant précisément une rupture avec les mauvaises habitudes du passé. Pour l'instant, à quelques exceptions près, comme celle du sénateur Alain Lambert, nul dans son camp ne cherche à le remettre dans le droit chemin de ses promesses électorales. La décision du Président (Le parlement n'a pas été consulté. On attend les effets de la réforme de la constitution avec impatience!) de le financer par une taxation de l'épargne est  donc non seulement anti économique mais injuste socialement (le bouclier fiscal). Cela ressemble à une mesure de gauche, raison pour laquelle le PS et les medias politiquement corrects l'on d'abord saluée, mais c'est uniquement un trompe-l'oeil: On ne taxe pas les "gros" capitalistes (il n'y a qu'à voir le scandale du régime fiscal des stocks-option), mais seulement la consommation differée de millions de français moyens inquiets pour leur retraite. En espérant simplement que le prélèvement soit suffisament faible pour être indolore et donc sans conséquences politiques. Tout celà confirme que la politique économique n'a pas de pilote en France. D'ailleurs savez-vous qu' il n'y a même pas de conseiller en charge de l'économie à l'Elysée? A moins qu'Henri Gaino ne s'en charge. Dans ce cas, helas, tout s'explique.

Commentaires

La rupture, quelle blague!
La rupture n'est que médiatique, cette politique est vide de sens et de projets.
Il ne peuvent pas baisser les impôts car chacun à son niveau(Pésident, ministre, députés, maires etc...) ne souhaite baisser son train de vie (voitures de fonction, conseillers à gogos, déplacement en avion défraiement etc...).
Il est inconcevable pour cette droite décompléxée de faire porter le poids de ces dépenses sur les plus riches, non... la classe moyenne à bon dos!
Voilà un commentaire bien populo

Écrit par : othello | 08/09/2008

SARKO ceci, Sarko cela. SARKO est devenu le paratonnerre des foudres qui tombent sur cette pauvre vieille France, économique, sociale, politique . SARKO s'adapte ,Sarko est visionnaire , rien qu'à voir comment il essaye de gagner de vitesse l'Italie et la Chine pour placer des centrales nucléaires avant eux.....Sarko essaye de refaire démarrer l'économie par tous les moyens. Il dépense beaucoup d'énergies , les éternells pourfandeurs de leçons mais qui ne règlent rien , disent qu'il brasse de l'air, mais en tous cas il ne laisse pas s'enfoncer la France sans rien faire, comme le fait Raymond Domenech en football. Ce n'est pas en se plaignant et en critiquant qu'on fait avancer les choses . La mondialisation va faire en sorte que les riches d'hier vont s'appauvrir et que l'avenir s'ouvrira toujours à ceux qui osent,et ceux qui veulent aussi une part du gateau que d'autres, pendant des siècles ,ont bien entamé.
Sarko c'est la dernière chance de la France; et en plus c'est un VERSEAU............

Écrit par : BRAMI | 08/09/2008

Mouarf!
Tout est (très mal) dit dans le commentaire (bourré d'âneries) de Brami : on a élut un PDG bling bling !!

Super! Sauf que la, notre "ventilateur national" a un peu commencé la délocalisation...

Écrit par : sikidi | 08/09/2008

N'y a-t-il personne qui relise... et corrige les fautes d'orthographe? Dans ce cas je me propose, c'est ma spécialité et j'ai du temps...

Monsieur ATTAL est beaucoup plus à l'aise dans l'expression oral !

Cordialement

Écrit par : Eddy | 28/09/2008

C’est surtout ce calembour dans le titre de ce billet bien à discuter qui remporte la palme. En effet y-a-t-il une différence quelconque entre être maivais et être social-démocrate. Peut-être, c’est notre cher monsieur qui le sait.

Écrit par : Harriet - No Faxing Payday Loan | 29/01/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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