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08/11/2007

Voiture balai


Les jurés du Goncourt-Renaudot ont donc une fois de plus choisi de remercier la maison Gallimard à qui sont revenus les deux prix cette année encore. Très fort, car le livre de Daniel Pennac (chagrin d'école) n'est même pas à proprement parler un roman, mais une énième digression sur les tares par ailleurs bien réelles de notre Education Nationale. Il parait (Giesbert) que c'est digne de Pagnol. S'il le dit...
Moi, je regretterai que les prix, les grands en tout cas puisqu'il reste encore le Médicis et l'Interallié aient encore laissé passer Olivier Adam. Mais il faut dire que lorsqu'on a déjà ignoré Michel Houellebecq, le seul auteur qui ait réellement secoué une littérature française moribonde, on est pas à ça près. Ça, en l'occurrence, s'appelle "A l'abri de rien" (L'olivier). Je ne crie pas au chef d'oeuvre, c'est plein de défauts agaçants ( comme ces allusions répétées à Céline et au "Voyage"), mais par ailleurs c'est fort, juste, engagé, courageux, et oui, social. Une écriture fluide et qui donne en même temps des coups de poing dans le ventre. Adam touche, émeut avec son héroïne brisée et qui perd pied parce qu'elle ne parvient pas à canaliser ses sentiments. Et puis, par dessus tout, moi, ce qui me plait c'est qu'il me fait réfléchir aussi, en appuyant sur une plaie de notre société, à savoir notre façon de nous comporter face aux réfugiés, à l'étrangeté. Bref un roman français qui ne vous fait pas perdre votre temps. Plutôt rare.
 

Commentaires

Bonjour,
Moi aussi j'étais en colère lorsque "La possibilité d'une île" a été écarté, c'est d'ailleurs la seule fois où je me suis intéressée aux prix littéraires, qui n'en valent décidément pas la peine.

Pour votre information, voici une adresse où je détaille la façon dont Yannick Haenel, pour son roman "Cercle" (Gallimard, prix Décembre), a pillé plusieurs de mes livres :

http://amainsnues.hautetfort.com/

Écrit par : Alina Reyes | 09/11/2007

CERCLE VICIEUX

C chaque fois autant plaisir de vs retrouver sur la mm longueur d’onde. J’ai bcp appécié aussi ce livre, avec d’autres réserves personnelles, certes. Ravi particulièrement de ces bouffées d’émotion lorsque l’héroïne (?) évoque ses enfants. Certainement ému de réaliser en mm temps le talent de ce type pour évoquer ce sentiment si troublant de (p)maternité. Toute cette tendresse.

Malgré tt, 700 romans édités, une poigné retenus pour aussi peu de maisons d’édition ! C gentil de permettre Au Diable Vauvert ou à Actes Sud de rester en vacances. Je cite mes favorites, mais ON peut s’amuser à rallonger la liste.

Quel flair, cela dit, ont les jurés pour arriver à souvent ne garder en lice que ds le périmètre, secteur gardé, territoire germanopraté. A se demander tj comment cette 12 de maisons d’éviction peut tenir un Salon du Livre ensuite avec si peu de collègues. Il faut croire que le racket, disons l’effort financier nécessaire l’été, pour préparer l’abrivado de la rentrée paraît si disproportionné avec ces torrents de dossiers de presse, critiques rédigées d’un journal à l’autre, d’une émission aussi entre des rédacteurs tantôt journalistes et tantôt écri-vains, tt ce catimini qui permet de limiter les dégâts et de s’assurer un bon papier à droite et à gauche si l’auteur a les 2 casquettes.

Echange de services et Ono dit Biot remporte la dernière médaille faisant fi de ces interventions au Point ou ds A Nous Paris et qui sait où ? où il conservera le pouvoir de parler ou non d’un ouvrage ds l’impunité de publications néfastes sur le sien alors. Ts ces pigistes qui donnent leur avis afin de modérer ceux de leurs confrères sur leur ouvrage. Dérèglement du jeu. Fottorino du Monde récompensé aussi, Hatzfeld ancien de Libé ds la foulée. Ca sent la consanguinité.

Que ces familles en réseau fassent une cérémonie d’un soir qui récompenserait à l’instar des Césars et autres tocards, la meilleure maison d’édition, le meilleur auteur pour une fiction, la meilleure traduction. Là aussi ON peut s’amuser à rallonger la liste. Un soir pour tous et qu’elles arrêtent avec ces sélections prévisibles et multiples pour se rincer dans chaque gastos de la capitale comme si c’était moins bon au Thé Marcel de Sète, en se faisant passer pour des artistes voire des intellectuelles différentes des autres vendeuses du journal de 20h, des productions de Canul + ou du télé-agerber.

Ceux qui s’en sortent sans participer à cette orgie n’en ont que + de mérite et donc Adam évidemment. Pensée pour Modiano en écrivain dorénavant de référence, relève de nos classiques, Vivre en mm temps que lui m’inspire le frisson que devaient ressentir les contemporains d’Hugo ou de Molière. Je regrette tellement Yves Navarre.

Suerte !

Écrit par : Serda encore 1 fois | 15/11/2007

Oui Modiano bien sûr. Ah! Navarre. mais Le Ono dit Bio est un bon bouquin, et il faut rappeler que l'interallié annonce la couleur il récompense un roman écrit par un journaliste. Prix à mon avis très mérité.

Écrit par : sylvain | 16/11/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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