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01/11/2007

Attention danger, Enfants

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Les enfants. Il faut faire très attention avec les enfants et surtout s'ils se retrouvent pris au milieu d'un choc de civilisations, de cultures, d'opinions, de race, de religion, j'en passe. Voir Guy Môquet. Voir il y a très longtemps (qui s'en souvient?) la pénible affaire Finaly qui, un demi siècle après l'affaire Dreyfus, faillit encore couper la France, ses intellectuels, en deux. Voir les pseudos orphelins du Tchad (ou du Darfour, on ne sait plus) arrachés à leurs parents avec la complicité de quelques chefs de tribus. Pathétique épopée de quelques illuminés de l'humanitaire qui pensaient sans doute savoir mieux que de pauvres sauvages ce qui était bon pour les (leurs?) enfants. Quoi? On ne va pas chipoter avec les lois locales quand ils s'agit de sauver les enfants. Une bonne éducation à l'occidentale, les bonnes manières, des vêtements propres valent quand même mieux que la vie dans des camps de fortune. Même avec papa et maman. Ce raisonnement a un nom, celà s'appelle du néo-colonialisme. Avec ses bonnes intentions et même ses "côtés positifs". Mais néo coloniales quand même, voire un tantinet raciste.
Bien sûr, Idriss Déby, avec ses grotesques accusations (pédophilie, trafic d'organe, esclavage) s'y entend à merveille pour réveiller les "vieux démons", et faire sangloter l'homme blanc. Comme Khadafi avec les infirmières bulgares, le président tchadien fait sa petite tambouille politique sur le dos des occidentaux. Sauf que les infirmières étaient, elles, totalement innocentes. L'affaire ne sent pas bon du tout, et, celà n'a pas manqué, il y a eu à Abéché des manifestations anti-occidentales, durant laquelle la foule chauffée à blanc (sans jeu de mot) a failli lyncher.
Il faut certes veiller à ce que les droits des accusés soient respectés, en fonction des règles internationales, mais dans un premier temps se mobiliser pour les deux journalistes scandaleusement traités comme des complices. Sans doute parce qu'ils sont Français et blancs comme les aventuriers de l'arche de Zoé. Il faut dire que c'est aussi du racisme. (On peut signer la pétition exigeant la libération des journalistes ici)
Comment traitons-nous les enfants? Les notres bien sûr, mais aussi ceux des "autres".Quand ils sont "sans papiers", la police française les piège, et leurs parents aussi, à la sortie des écoles, où les poursuit chez eux. De temps en temps en tentant de s'enfuir par le balcon, il y en a un qui tombe (A Amiens, le jeune russo-tchétchène Ivan Demsky débouté du droit d'asile , lui et ses parents). Il éviter tout vision angélique de l'immigration. Mais affirmer aussi que la politique doit se faire au niveau européen et qu'une fois passées les frontières, même clandestinement on ne peut traiter de la sorte des êtres humains.
En Inde, 60 millions d'enfants seraient au travail. Payés moins, beaucoup moins qu'un  dollar par jour. Quand ils sont payés. L'enquête clandestine publiée par l'Observer britannique a montré que des gamins de 10 ans étaient vendus par leurs parents contre une misère pour travailler 16 heures par jour dans des ateliers de confection poisseux et n'étaient même pas payés. Quand ils ne sont pas assez vaillants on les bat. C'est Oliver Twist à New Dehli, au XXIème siècle.
Qui doit-on blâmer? La firme Gap, américaine, qui entend participer à la lutte contre le sida en Afrique et qui,malgré ses engagements à banir le travail des enfants, sa collaboration avec les ONG, ses 90 inspecteurs, ne peut contrôler jusqu'au moindre sous-traitant indien? Ou bien le gouvernement indien qui ne semble pas très empressé de faire respecter ses propres lois? C'est au choix, selon ses préjugés altermondialistes ou occidentalistes. Mais la vérité est qu'ils sont également responsables. Gap sait très bien qu'il ne paye pas à ses fournisseurs un prix juste, susceptible de garantir un échange équitable, et qu'il exige des délais de livraison tellement courts qu'il les oblige à sous-traiter à n'importe qui. Le gouvernement indien ne peut s'exonérer de sa responsabilité et ses protestations sont ridicules (il accuse l'Europe de préparer des mesures protectionnistes, au nom de la protection des enfants). Le pire, c'est que les deux calculs sont également contreproductifs. En ne garantissant pas l'éducation la plus avancée à ses enfants l'Inde qui manque déjà d'ingénieurs ne prépare guère son propre avenir qui sourira aux pays dont la population jouira du meilleur niveau de formation.
Gap se tire aussi une balle dans le pied. Les dégâts d'image de cette affaire vont lui couter très cher. La mère ou le père de famille européen ou américain hésitera sans doute un peu plus avant d'entrer dans un magasin Gap pour y acheter à son enfant un vêtement pour lequel un autre gamin moins chanceux aura trimé pendant que le leur allait à l'école. De surcroit, les ventes de Gap  baissent déjà parce que l'enseigne peine à renouveler ses collections assez rapidement. La mode change vite et l'avenir est aux circuits courts. En comparaison, Zara s'en tire beaucoup mieux. Au lieu de presser les sous-traitants et s'exposer à une mésaventure comme celle de Gap en Inde, l'enseigne espagnole a "relocalisé" sa production en Afrique du Nord. Les salaires y sont (un peu) plus élevés qu'en Inde mais elle n'y perd pas beaucoup car aujourd'hui les coûts de main d'œuvre représentent une part très modeste, autour de 10%, du  prix de vente final d'une chemise ou d'un T shirt de marque. A la caisse, nous payons surtout pour les dépenses de marketing et de transport de la marque en question. Mieux, il s'avère que le prix d'un vêtement est aussi, et peut-être surtout, une affaire de communication! Si Gap-qui a annoncé qu'il allait détruire la marchandise "made in India" concernée par le scandale, manifestait ne serait-ce qu'une intention de produire ailleurs, cela ferait peut-être réfléchir les autorités indiennes.
Leçon de ces histoires: Quand nous jouons avec les enfants, nous ne perdons rien à faire en sorte que ce soient eux les gagnants.

Commentaires

Un des aspects généraux de la santé des enfants travailleur est à relier avec l'insalubrité des zones dans lesquelles ils vivent, qui se caractérisent par des infrastructures sanitaires : pas d'eau courante, peu de postes de soins, pas de ramassage des ordures, une moindre attention et compréhension du personnel soignant, …

L'endroit où travaillent les enfants et le travail qu'ils y exécutent ont également une incidence sur la santé des enfants, et ce à deux niveaux : physique et psychologique.
Même si les données sont partielles, les maladies dites " de carences " sont importantes, souvent associées à des problèmes nutritionnels, ce qui se reflète dans des symptômes comme une stature et un développement physique moins important.

Les maladies développées sont souvent liées aux exigences du travail ; ainsi les crieurs dans les transports en commun développent ils souvent des maladies respiratoires, les enfants travaillant dans la rue, des infections de la peau, dans les milieux industriels (lumière et aération déficientes) des maladies respiratoires et des intoxications dues aux produits toxiques utilisés.

Quand au facteur psychologique, c'est certainement dans les travaux de nuit, et dans la rue que les conditions sont les plus dures, dues à une consommation d'alcool et de drogues, à une violence et à une discrimination plus fortes et à un manque de sommeil récurrent.

On peut dire, sans prendre de risques, qu'aucune des activités développées ne l'est dans un cadre adéquat à la bonne santé des enfants travailleurs.

dr el bey

Écrit par : el bey redouane | 01/11/2007

Un des aspects généraux de la santé des enfants travailleur est à relier avec l'insalubrité des zones dans lesquelles ils vivent, qui se caractérisent par des infrastructures sanitaires : pas d'eau courante, peu de postes de soins, pas de ramassage des ordures, une moindre attention et compréhension du personnel soignant, …

L'endroit où travaillent les enfants et le travail qu'ils y exécutent ont également une incidence sur la santé des enfants, et ce à deux niveaux : physique et psychologique.
Même si les données sont partielles, les maladies dites " de carences " sont importantes, souvent associées à des problèmes nutritionnels, ce qui se reflète dans des symptômes comme une stature et un développement physique moins important.

Les maladies développées sont souvent liées aux exigences du travail ; ainsi les crieurs dans les transports en commun développent ils souvent des maladies respiratoires, les enfants travaillant dans la rue, des infections de la peau, dans les milieux industriels (lumière et aération déficientes) des maladies respiratoires et des intoxications dues aux produits toxiques utilisés.

Quand au facteur psychologique, c'est certainement dans les travaux de nuit, et dans la rue que les conditions sont les plus dures, dues à une consommation d'alcool et de drogues, à une violence et à une discrimination plus fortes et à un manque de sommeil récurrent.

On peut dire, sans prendre de risques, qu'aucune des activités développées ne l'est dans un cadre adéquat à la bonne santé des enfants travailleurs.

Écrit par : el bey redouane | 01/11/2007

Excellentissime....C'est vraiment du néo-colialisme cette "affaire" de l'Arche de Zoé.

Écrit par : ALLAIN JULES C@MMUNICATION | 02/11/2007

Jeme rappelle de ce reportage qu'on avait vu il n'y a pas si longtemps,des journalistes ont accompagnés un groupe de clandestins pour la traversée du canal de Giraltar, ils les ont suivis pas a pas a travers plusieurs pays d'Afrique ( Mali, Niger, Maroc, Algerie) ils ont embarqués avec eux a bord de pirogues, les passeurs faisaient subir brimades et humiliations a tous ces pauvres gueux, y compris aux journalistes, mais il fallait passer par là, pour que nous, téléspectateurs, puissions nous faire une idée des perilleuses traversées des clandestins vers l'Eldorado.
Au final : tout ce beau monde a été accueilli par les autorités espagnoles, hormis les passeurs bien sur !
Une question : Est-ce que les autorités ESPAGNOLES ont accusés les journalites d'aide a l'immigration clandestine ?
Oups !!!! l'Espagne est un pays DEMOCRATIQUE!
Ma fille de 16ans en 1ereS, option SVT, a elle aussi été déboutée par la fameuse circulaire, aujourd'hui, elle oscille entre déprime et espoir, elle continue a etre brillante au lycée, elle sait que c'est sa seule planche de salut. si un jour elle veut etre régularisée.
A tous ces laissés pour compte, je leur dit " Faites en sorte de mettre ttes les chances de votre coté, soyez irreprochables, dans votre conduite, vos études, votre quotidien, et un jour le soleil se léve aussi a l'Est " (sourire)

Écrit par : Avalone | 02/11/2007

En Inde, comme dans tous les pays démocratique, employé un enfant est prohibé. C’est même écrit dans l’article 24 de la constitution indienne.

En plus, il est extraordinairement simple d’assigner les contrevenants dans le tribunal (un « writ petition » ne coute que quelques euros).

Il faudra savoir que l’institution judiciaire indienne fonctionne bien. Il y a 25 ans, j’étais étudiant en école d’ingénieurs. Je présider un organisme qui traquer ce genre de choses quotidiennement.

Les ONGs, au lieu d’accuser le gouvernement indien (les autorités indiennes ne sont pas naïves – ils comprennent bien les manouvres), doivent, à mon avis, travailler avec les ONGs indiennes et solliciter les tribunaux pour faire avancer, enfin un cause noble.

Dans votre page, il y a beaucoup d’erreurs et d’imprécisions. Si j’ai un peu de temps je vous amènerais des éléments intéressants.

Écrit par : PARIDIMAL | 05/11/2007

"Plusieurs dizaines de millions de sans logis, un taux de "chômage" avoisinant souvent les 50 %, un taux d'illettrisme de 40 à 60 % selon les régions, des conditions de travail précaires (la moitié des ouvriers non qualifiés sont des journaliers), un système d'aides sociales quasi inexistant dans un pays où seules les entreprises sont supposées payer un impôt, les ravages de l'alcoolisme, un état et une administration corrompus ; voilà le côté sombre de ce pays qui renferme par ailleurs de si nombreuses richesses, tant sur le plan culturel, spirituel et historique que sur le plan économique. Si l'on parle de Bangalore comme de la nouvelle Silicon Valley, cela n'empêche pas les bidonvilles de s'accumuler à sa périphérie "

"Malgré les actions réalisées depuis plusieurs années par diverses associations indiennes pour interdire et empêcher le travail des enfants, la pauvreté, le chômage et l'alcoolisme, trois des grands fléaux auxquels est confrontée la population indienne, obligent les parents à envoyer leurs enfants travailler ou mendier."

"Mendiants, serveurs, ouvriers ou tailleurs de pierre pour quelques roupies quotidiennes, les enfants sont victimes d'une exploitation abusive dès le plus jeune âge."


"Depuis les années 1980, les ONG, les syndicats et d'autres associations se sont mobilisés pour révéler et dénoncer les conditions de travail d'enfants, et en particulier dans les fabriques de vêtements ou de jouets en Asie. Ils utilisent différents outils (pétitions, campagnes d'opinion, affiches, Internet à partir des années 1990) pour attirer l'attention des médias, le point culminant ayant sans doute été la marche mondiale contre le travail des enfants en 1998. Le résultat de ces actions est une surveillance accrue de certains entreprises (notamment Nike ou Disney), la création d'organisations de consommateurs (aux États-Unis, la National Consumers League) ainsi que quelques mesures gouvernementales — ne ciblant toutefois que les pires formes de travail . "

"Suite à la pression de ces organisations, certaines entreprises se dotent d'une « charte éthique » et autres codes de bonnes pratiques. Certaines de ces actions sont sincères, notamment la certification SA 8000, issue des conventions de l'OIT. Cependant, la multiplication de la sous-traitance empêche de contrôler efficacement les mécanismes de production. D'autre part, la « consommation citoyenne » s'est développée : elle utilise le commerce équitable pour s'assurer que les produits achetés ont été fabriqués dans des conditions respectueuses du droit des travailleurs, et le boycott pour faire pression sur les entreprises. Ces deux actions ont leurs limites : les labels « commerce équitable » recouvrent des critères variables et parfois contestés[79] ; le boycott peut mener à des licenciements massifs d'enfants travailleurs. L'exemple le plus connu est celui du Bangladesh en 1992 : le projet de loi du sénateur américain Harkin d'interdire l'import de marchandises fabriquées par des enfants entraine le licenciement « préventif » de près de 50 000 enfants au Bangladesh, où la majorité de la production part vers les États-Unis et où 100 000 enfants travaillent alors dans l'industrie textile. Ces actions témoignent toutefois d'une meilleure prise de conscience par le public."

"""Tous les enfants doivent trouver réponse à quelques besoins vitaux physico-psychologiques et affectifs de base pour pouvoir se développer « normalement ». L'enfance et la petite enfance sont réputées être des périodes importantes pour la formation de la personnalité du futur adulte."""

DEFINITION : Un enfant est un être humain dont le développement se situe entre la naissance et la puberté.
L'origine du mot enfant est latine : infans signifiait, chez les Romains, « qui ne parle pas ».
Les concept d'enfance et les valeurs y afférentes ont beaucoup évolué de l'antiquité à nos jours, selon les civilisations, les classes sociales et les contextes et la personnalité des parents.

Au 21 eme siècle, force est de constater deux statuts de l'enfant radicalement opposés :
l' enfant-roi , et l'enfant-martyr .
Les oppositions sont caractéristiques de notre monde : oui et non, blanc et noir, pauvre et riche, nord et sud, chaud et froid , bonheur et malheur ...

Certaines sont inacceptables .


[Marie-Antoinette Grégoire-Coupal]
Extrait de Le Sanglot sous les rires


[Alain Gilot]
Extrait du film documentaire L'Enfant et la pirogue

Écrit par : Corinne Tiger/Botti | 14/11/2007

>
[Marie-Antoinette Grégoire-Coupal]
Extrait de Le Sanglot sous les rires

>
[Alain Gilot]
Extrait du film documentaire L'Enfant et la pirogue

Écrit par : Koryn | 14/11/2007

Rebonjour Sylvain,

Je joins les deux citations manquantes à mon texte précédent ( problème technique dont je suis confuse ...) , à méditer :


Un peuple qui prend ses enfants par la main est un peuple qui vivra longtemps.
Alain Gilot -
Extrait du film documentaire L'Enfant et la pirogue -

Pour être un adulte au rendement puissant il faut avoir été d'abord un enfant solidement formé en même temps qu'un enfant heureux .
Marie-Antoinette Grégoire -Coupal
Extrait de Le sanglot sous les rires

Écrit par : Koryn | 14/11/2007

Bonjour Sylvain,

J'ai retrouvé la photo de CM2 à l'Ecole du Cèdre , je me souviens de la majorité des noms, tu te situes entre Christian Louvet et ... François Grimaud ? au dessus se trouve Valentine Lebras, et en dessous Pierre Maurice etc ...
Quel chemin depuis !!!
Je peux effectivement la scanner, où dois-je l'envoyer ?

Cordialement,
Une ancienne du Cèdre

Écrit par : koryn | 14/12/2007

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