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09/03/2007

Quand, ne craignant plus rien, tonton Raymond en vient à règler quelques comptes...


La harangue de Barre contre le lobby juif, l' éloge funèbre de son ancien ministre Papon, et du "pays" Gollnisch, son autojustification pathétique de ses propos tenus après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic lui ont valu le soutien du dit Gollnisch mais aussi de Dieudonné, ce qui dit assez dans quel état Barre termine sa vie publique. Là dessus, je souscris à ce qu'en a dit Claude Askolovitch. Nous avons les mêmes souvenirs. J'ajouterai ceci: Barre peut bien en vouloir à un "lobby juif". J'ai déjà dit que cette expression, en soit, ne me choquait pas. Celà a été utilisé par quelques sites pas très bien intentionnés et j'en profite pour préciser: On peut très bien appeler "lobby juif" le regroupement de certains juifs, de certaines associations qui estiment, à un moment donné qu'elles veulent unir leur force pour mettre en échec ce qu'elles considèrent être des actions nuisibles à l'idée qu'elles se font des intérêts des Juifs, mais plus souvent- puisqu'il s'agit de politique- d'Israël. L'ennui c'est que, primo elles peuvent très bien se tromper sur ce qui est bon pour les Juifs et pour Israël: quels Juifs? Les religieux ou les laïcs? Quel Israël? Celui des colonies ou celui qui s'encanaille à Tel Aviv? Bon, déjà. Secondo, l'autre problème c'est que le poids démographique des Juifs Français ne peut faire peur qu'aux antisémites qui ont tendance à le surpondérer. A tout casser 6 à 700000 personnes, et encore pas toutes revendiquées comme telles. Ça ne peut pas avoir de réel poids politique, comme par exemple influencer sur le résultat politique dans une ville comme New York. L'antisémitisme commence lorsque l'on prête à ce "lobby" des pouvoirs, ou une influence qu'ils n'a pas. Mais il arrive, allez, disons deux ou trois fois dans un siècle, que ces Juifs qui ne sont pas d'accord sur grand chose quand il s'agit de politique, soient soudain tous d'accord et avec eux, ça arrive aussi, une bonne partie du reste des Français, assez parfois pour faire une majorité du peuple français. Pendant l'affaire Dreyfus ça n'a pas été sans mal. Sous Pétain, on sait que les persécutions anti-juives ont été le déclencheur, avec le STO, d'un lent mais inexorable retournement d'une opinion d'abord largement maréchaliste vers la résistance, ou en tout cas disons vers les "anti-boches" et "les anti-collabo". Le comportement de Papon a révulsé la France et la justice a tranché. La France juge tout aussi sévèrement l'attitude de Raymond Barre. Ce qui s'est passé, en 1981, c'est que pour une fois, une partie importante des Juifs de ce pays, qu'ils soient de gauche ou de droite ont soutenu Mitterrand. ils l'ont fait comme beaucoup d'autres catégories de Français pour des tas de raisons. Simplement, le comportement méprisant de la France giscardobarriste vis à vis des Juifs et d'Israël en était une de plus. Là dessus, Barre a complètement tort d'incriminer " la partie la plus à gauche du lobby juif". Celle là était de toute façon acquise à Mitterrand. Ce qui s'est passé, c'est que le Renouveau Juif réunissait des Juifs plutôt à droite, plutôt des bourgeois commerçants qui auraient dû craindre l'arrivée des "socialocommunistes", mais qui, à cause de comportements comme ceux de Barre après Copernic, ou de Giscard courbé devant les pétromonarques, ont voté à rebours de ce que leur dictaient leurs interêts sociologiques. Je crois que cela ne s'est pas reproduit depuis.

 
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