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31/03/2006

L'Assemblée nationale a bien voté le CPE

Cette affaire de CPE a donné lieu a des complaisances et, plus grave à des contre-vérités journalistiques.
Le CPE est peut-être mauvais, mais en tout cas nous avons été trop longtemps complaisants avec la revendication principale des manifestants, à savoir le "retrait". Comme me le soufflait hier un sénateur, " le retrait est une considération physiologique mais pas constitutionnelle." Un gouvernement ne peut nullement "retirer" une loi qui est à l'ordre du jour, il ne peut même pas retirer un article. Surtout quand la loi est votée.
Et la loi, bonne ou mauvaise, a été votée.
Et c'est la l'erreur commise par tout le monde et rabâchée dans les débats sans aucune contradiction, sauf par quelques rares observateurs scrupuleux: L'Assemblée Nationale a bien discuté du CPE, c'est à dire de l'amendement modifiant l'article 3 du projet de loi sur l'égalité des chances. Cet amendement a fait l'objet de multiples sous-amendements tendant à le modifier, et presque tous ont été repoussés. Enfin l'Assemblée a adopté le CPE par 51 voix contre 23. Il suffit de se reporter au compte-rendu analytique de la troisième séance du 8 février.
Il est vrai que le gouvernement, lassé par les manoeuvres de retardement de l'opposition destinées à gagner (ou à faire perdre, c'est selon) du temps, a finalement engagé sa responsabilité (Art 49-3), mais sur l'ensemble du texte sur l'égalité des chances, entraînant, en effet, son adoption sans vote. L'opposition a, à juste titre, dénoncé cette décision sur un texte sur lequel le gouvernement avait déjà demandé l'urgence (une seule lecture à l'assemblée et au sénat). Mais pourquoi n'a-t-elle pas déposé, sur un sujet aussi important et comme elle en a le droit, une motion de censure? Est-ce parce que nous étions à la veille des vacances parlementaires et que les députés voulaient, comme tout le monde, partir en congé?
N'ayant pas épuisé tous les recours parlementaires, l'opposition n'est pas très bien placée pour soutenir la rue. Le parlement a été traité cavalièrement mais guère plus que depuis l'instauration de cet article 49-3, utiliser régulièrement depuis 1958.
On peut demander et souhaiter que Chirac demande une nouvelle délibération du texte, en raison du contexte social. Mais cette demande ne peut en aucun cas s'appuyer sur le motif que le parlement ne se serait pas prononcé sur le point contesté, à savoir le CPE.
La gauche qui n'a pas fait complètement son travail d'opposition parlementaire montre dans cette affaire une dangereuse fascination pour la rue.

29/03/2006

Le million

Le Million! C'est le nouveau mètre étalon de la vie politique française. De manifestants bien sûr. Il est largement dépassé ce soir, même selon la police (de Sarkozy, il est vrai, donc davantage portée à la sincérité des chiffres en la circonstance), les syndicats en annoncent même trois.
Première réaction: Villepin est cuit. Il devait être l'alternative chiraquienne à Sarkozy. Aujourd'hui, on ne voit pas comment il serait, en 2007, en situation d'incarner quoique ce soit. Je serais Sarko, je ne me réjouirais pas trop vite. La gauche a remporté les régionales, elle a fait gagner le non, aujourd'hui elle gagnerait haut la main, en tout cas des législatives et, avec Ségolène Royal (ou Jospin?) peut-être aussi la présidentielle. Je ne vois pas comment cela peut s'inverser en 12 mois.
Ce n'est pas très réjouissant car la gauche n'a absolument rien à proposer au pays et n'a même pas fait l'inventaire du jospinisme, en reconnaissant par exemple le mal qu'ont fait les 35 heures.
Chirac, lui, est nu. Il peut laisser Villepin administrer les affaires courantes. Ou bien nommer Sarkozy à Matignon dans une sorte de remake de Mission Impossible, ou bien encore, il en serait bien inspiré, démissionner. Au moins prendrait-il la gauche de vitesse, ce qui serait le dernier service à rendre à son camp. Et même au pays, qui serait fixé plus rapidement sur son avenir. Dans pratiquement toutes les autres démocraties européennes face à une telle perte de légitimité populaire, confirmée depuis deux ans dans les urnes et dans la rue, le pouvoir aurait depuis longtemps anticipé l'échéance. Pas en France, semble-t-il. C'est l'immobilisme français, institutionnel, économique et politique.
La leçon à tirer pour les suivants: commencer par dire ce que l'on a l'intention de faire et surtout faire ce que l'on a dit, ou risquer d'être haché menu au bout de 12 ou 20 mois par des Français en forme révolutionnaire et malheureusement assez peu conscients des problèmes et des reculs du pays.


Autre chose: ce soir j'ai suivi les deux premiers quarts de finale de la Champion's League sur Canal et les élections israéliennes sur internet. C'était parfait!
J'ai trouvé Arsenal, mon équipe fétiche, impressionante, candidate sérieuse au titre (une finale contre Lyon me comblerait), alors que le Barça, équipe également très plaisante était un peu poussive et malheureuse face à Benfica, toujours sous-estimée-à tort-dans ce genre de compétition.Ça promet! (Il y avait 5 champions du monde de 98 sur la pelouse à Londres!)
Mon commentaire à chaud sur les élections israéliennes, pour ceux que cela intéresse:
Un centre de gravité très clair au centre gauche. Olmert a été choisi pour gérer l'héritage spirituel de Sharon mais c'est un CPE. L'homme n'est pas aimé, il est à l'essai. Peretz est le premier leader travailliste qui fasse enfin du social une priorité et il est vraisemblable que pour la première fois une part significative des déshérités sépharades des villes de développement, clientèle traditionnelle du Likoud, a voté pour cet authentique homme de gauche. Il devrait obtenir un grand ministère économique et social dans le prochain gouvernement. Les pauvres, de plus en plus nombreux ont adhéré à son discours "marxien": l'économique commande le politique. Autrement dit en luttant contre la pauvreté, on oeuvre pour la paix. En somme, qu'il faut arrêter d'arroser les colonies religieuses de cisjordannie, ce qui n'apporte que la guerre et encore plus de pauvreté en Israël.

Les israéliens viennent donc de donner un mandat pour de nouvelles évacuations de territoires occupés. Une autre chose est frappante. Pratiquement tous les partis sont en faveur de ce principe, à part le PNR (Mafdal), parti des colons qui ne pèse que 7% environ. Même le Likoud, même Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman! Ce dernier veut même rendre des territoires israéliens depuis 1948, au motif qu'ils sont peuplés d'Arabes, ce qui-au passage- est une injure raciste envers 20% de la population non juive d'Israël qui s'est toujours montrée loyale.
Bref, il y existe un consensus très large sur cette question en Israël, ce qui est une avancée considérable. Certains veulent le faire unilatéralement comme l'a initié Sharon, d'autres souhaitent ouvrir des négociations préalables avec les palestiniens. Il y aura des avocats des deux méthodes dans le prochain gouvernement.
Pour l'instant la victoire du Hamas, la libanisation de Gaza, d'où le Djihad Islamique vient de lancer sa première roquette Katyoucha sur Israël, et la victoire de Kadima, semblent donner raison aux premiers. Mais le Hamas multiplie les signes d'ouverture: la trêve observée à la lettre et une réaction extraordinairement mesurée sur l'affaire de la prison de Jericho.
Il y aura donc certainement un jour prochain des négociations avec les islamistes palestiniens. D'ailleurs, Nissim Zvili l'a révélé vendredi sur Public Sénat, dans Bibliothèque Medicis, devant Jean-Pierre Elkabbach: Il avait proposé à son gouvernement de commencer à parler avec le Hamas en 1995!
A ce soir sur RTL.

27/03/2006

Antisémitisme dieudonnesque (suite)

Je vous "recommande" une petite visite sur le site des amis de Dieudo, en particulier cet article puant l'antisémitisme façon "Je suis partout". Y sont dénoncé les "sionistes" qui auraient envahi les medias. Le mieux, ce sont les commentaires. On y lit par exemple que la majorité des journalistes politiques sont juifs "mais qu'on n'a pas le droit de le dire." Votre serviteur y est dénoncé en bonne place, ce qui mériterait amplement une action en justice. J'ai dédidé depuis longtemps de ne pas poursuivre ce genre de propos, estimant ce genre d'initiative contre-productives.
Par ailleurs, Tristan Mendès-France nous révèle ici que cet article comportait, avant modération, un passage encore plus nauséabond dans lequel était dréssée une liste vertigineuse de Juifs, ou plutôt de noms à consonnance juive (qu'est-ce qu'un Juif je vous le demande?), soit invités soit invitant dans les medias. C'est du propre. Depuis Le Pen personne n'avait osé, ce qui ajoute du sens à la précédente note.

23/03/2006

Dieudonné franchit le Rubicon

Voici un des premiers signes patents que, dans les banlieues, le FN élargit son audience au delà du "petit blanc raciste". En 2002, Le Pen avait déjà réalisé le meilleur score de tous les candidats chez les moins de 25 ans. Aujourd'hui, les jeunes séduits par Dieudonné, et par le discours sur les "indigènes de la République" ne cachent plus leur sympathie pour le FN, comme le montre ce compte rendu du récent non-lieu en faveur de Bruno Gollnisch, pour négation de crimes contre l'humanité. Ce texte, on ne peut plus complaisant pour le Délégué Général du FN émane du collectif "La Banlieue s'exprime", parainnée par Dieudonné, comme l'indique le site dieudonniste "les ogres." Il ne se contente pas de prendre fait et cause pour Gollnisch, mais appelle à sanctionner dans les urnes tous ses accusateurs renvoyés en correctionnelle pour diffamation. Est-ce un appel à voter FN? A moins que Dieudonné ne compte présenter ses propres listes?
Les amis de Dieudonné répondront certainement qu'il s'agit là de l'expression d'une solidarité des "muselés" au nom de la liberté d'expression. Liberté d'expression qui s'arrête, pour Dieudonné, lorsqu'il est mis en cause, comme l'attestent ses efforts (heureusement vains) pour censurer le livre d'Anne Sophie Mercier "La vérité sur Dieudonné".

21/03/2006

Message personnel

A l'intention de celui qui a cru pouvoir me nuire professionnellement en attirant l'attention de mon boss sur la note "cousu de fil noir", et en la qualifiant de "raciste". Je crois avoir reconnu la méthode à laquelle je commence à être familier. Ces gens là ont en effet déjà cherché à s'immiscer dans ma vie privée et professionnelle.
Sachez donc, vous qui vous croyez tout permis et puisque vous semblez "apprécier" ce blog que:
1/ La manoeuvre, grossière, a complètement échoué.
2/ Je ne me laisserai pas intimider.
Continuez comme ça et vous aurez de très mauvaises surprises.
Pardon pour les autres.

Qui sont les casseurs? Réponse de France2

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France 2 a diffusé hier soir au 20 heures deux reportages très instructifs et "incorrects" sur les manifs, ou plutôt les "after". Le premier montre une bataille rangée, samedi soir place de la nation longtemps après la dispersion, entre CRS et "manifestants". Ceux-ci lancent des projectiles divers sur les policiers qui finissent par charger. Au milieu, un homme gît à terre, probablement piétiné au passage. On nous le présente comme le syndicaliste de Sud-PTT qui depuis se trouve dans le coma, pronostic vital reservé. Ses camarades interviewés témoignent: C'est bien lui, il a été frappé puis piétiné sans ménagement. Alors, on se demande si, journalistiquement, on peut aller un tout petit peu plus loin et poser cette question, sans passer pour un affreux réactionnaire: Est-ce donc le rôle de syndicalistes de défier ainsi les forces de l'ordre? Comment peut-on, ne serait-ce qu'évoquer l'hypothèse d'une bavure, à partir du moment où les affrontements ont été provoqués par les activistes de Sud, syndicat d'extrême gauche? Au moins France 2 nous a-t-il montré autre chose qui contredit les lénifiantes affirmations habituelles en pareil cas, à savoir: "les casseurs n'ont rien à voir avec les paisibles manifestants, ce sont des autonomes, des anarchistes, des provocateurs incontrôlés."
Les casseurs dont il s'agit ici ont repris tranquillement leur travail à la poste le lundi matin. Si, par malheur, leur camarade décède, le "mouvement" aura son martyr et le gouvernement sera montré du doigt.
Un postier. En 1986, les policiers voltigeurs motocyclistes-dissous depuis- dispersaient à coup de matraque les manifestants pacifistes. Malik Oussekine a été tabassé dans une petite rue alors qu'il rentrait chez lui. On ne sait même pas s'il avait pris une part active au défilé.
Deuxième reportage. Des jeunes interpellés samedi passent en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Il leur est reproché d'avoir cassé la vitrine d'un magasin d'électronique et/ou d'avoir volé des ordinateurs. Surprise. Là aussi il ne s'agit ni d'un casseur autonome, ni même d'un jeune de banlieue "issu de l'immigration" venu en découdre avec les flics et piller (Il y en a, France 2 nous montre aussi ceux qui viennent aux manifs uniquement pour ça), mais d'un jeune étudiant en économie bien sous tout rapport. Il prend trois mois avec sursis, et paraît désolé: Il s'excuse, même: "Je me suis laissé tenter. Je regrette. J'aurais pu gâcher mes études." L'erreur est humaine, mais avouez que cela modifie un peu la perception que l'on a de ce mouvement

20/03/2006

Une histoire de piston

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C'est un jeune collégien de Nanterre, appelons le Karim, il redouble sa troisième et adore le foot. Si ses résultats ne s'améliorent pas, ce sera le BEP direct. Sa mère l'élève toute seule. Son père vit au Sénégal. Il n'a pas abandonné son fils, c'est sa mère qui est partie pour que son fils grandisse en France. Elle était la nounou de mes nièces, à Nanterre. La cousine chez qui elle habitait était la voisine de palier de ma soeur. Aujourd'hui l'une de mes nièces travaille à M6, au Marketing. Elle a obtenu un stage pour Karim. Le stage d'observation en entreprise que tous les élèves de troisième doivent faire.
Un jour, il y a quelques semaines, la prof principale de Karim demande à ses élèves s'ils ont tous trouvé quelque chose, parce que pour ceux qui n'ont rien, elle a trouvé, elle, un chantier à Gennevilliers. La prof qui connaît la situation sociale et familiale de Karim lui propose le chantier.
-Pas besoin madame, j'ai un stage à M6.
-M6? La télé?
Stupéfaction de l'enseignante et de toute la classe.
-Arrête de te moquer de nous, tu veux?
Il était tout simplement impossible qu'un môme de Nanterre, en quasi échec scolaire- et black de surcroît- puisse entrouvrir la porte de la télé. La télé! autant dire le symbole de la réussite aux yeux de ces gosses!
Il a fallu que ma nièce appelle plusieurs fois la prof de Karim pour qu'elle admette que grâce à ses voisins français, bourgeois, qui ont donc quitté Nanterre depuis un certain temps pour habiter le centre de Paris, Karim échapperait au chantier. Pour l'instant en tout cas.
Cette histoire est, hélas, un parfait résumé des blocages français. Karim comme tous les petits blacks de 16 ans souffre du racisme. Comme beaucoup d' enfants élevés par des mères célibataires, d'origine étrangère et qui ont du mal a joindre les deux bouts, ses résultats scolaires sont médiocres. Ma soeur lui donne des cours de maths, mais cela ne suffit pas. Toutefois, pour Karim la principale difficulté c'est de ne pas disposer d' assez de réseaux pour que l'on puisse lui faire confiance. A moins qu'il perce dans le foot. Il paraît qu'il joue très bien, mais de là à faire une carrière professionnelle...
Il y a 15 ans j'ai écrit, avec Claude Askolovitch, un livre qui s'appelait "La France du piston" qui expliquait à quel point ces dynamiques de réseaux étaient prépondérantes en France. Tout le monde se sert de ses réseaux pour commencer dans la vie. Même ma nièce de M6 qui avait fait une maîtrise de gestion à Dauphine a eu un piston pour trouver ce job. Je n'imaginais pas à quel point nous avions raison.
La France est un pays conservateur qui se méfie des jeunes pas assez bien nés, qui condamne au chômage les élèves qui ne suivent pas le parcours normal de l'élitisme républicain: Bonne famille, bonnes études générales, bonne université ou grande école. L'innovation, la créativité n'est pas assez valorisée, sauf dans quelques domaines comme le rap ou le sport ou excellent d'ailleurs les jeunes laissés pour compte de banlieue, qu'ils soient black, blancs ou beurs.
Vendredi, je recevais à Public Sénat, Christian Blanc, l'ancien président d'Air France. Il a parfaitement bien résumé les ressorts de la crise que nous traversons: "68 était un mouvement pour changer la société. Aujourd'hui la revendication principale c'est d'y entrer."

19/03/2006

"Avec arme, à savoir avec oeuf"

Un citoyen parisien créateur d'un collectif de quartier intitulé "salauds de pauvres" est poursuivi devant les tribunaux pour avoir lancé un oeuf (frais ou pourri?) sur la dame De Panafieu alors que celle-ci visitait une cité HLM du XIXème. La citation à comparaitre évoque "une agression avec arme, à savoir un oeuf" Si les flics se mettent à faire du Alfred Jarry dans leurs commissariats....
Demain, je vous entretiendrais de sujets beaucoup plus graves

17/03/2006

Matignon et le péril jeune

Liberation nous apprend ce matin que le CPE est sorti du cerveau d'un jeune technocrate qui a fait ses débuts au Parti Socialiste, côté "jeunes rocardiens", Louis-Charles Viossat. Passé ensuite par le cabinet de Jacques Barrot, il se retrouve au moment de la canicule 2003 directeur de cabinet du ministre de la santé Jean François Mattei, où, selon libé, il a brillé par son absence durant la crise, laissant le soin à son adjointe de gérer la crise. Recasé dans une usine à gaz administrative, c'est lui que Villepin est allé chercher pour lui confier le dossier de l'emploi des jeunes.

Peut-on imaginer plus bel exemple de la façon dont se font les carrières dans la haute fonction publique. où aucune faute ne se paye jamais très longtemps. Responsable mais pas coupable, et surtout hautement recyclable! On connaît la suite. Le CPE n'est peut-être pas une mauvaise mesure mais son accouchement technocratique peut expliquer la façon dont il est perçu dans une partie de la jeunesse. L'autre explication, comme le note aussi Libé, c'est que ni Matignon ni l'Elysée n'ont de conseiller chargé des questions interessant la jeunesse!

16/03/2006

Assez de temps perdu

En France, il n'est jamais très bien vu de demander une acceleration des échéances électorales. Pourtant nous n'avons plus d'autre choix. Comme le note avec lucidité Jacques Attali dans l'Express, les difficultés économiques de la France sont étroitement liées à l'absence de confiance des Français dans la capaicité de leurs dirigeants à gouverner et des étrangers dans la valeur de la parole de la France. Il ne s'agit même plus de savoir si le CPE est ou non une bonne mesure. Dans une démocratie fonctionnant normalement, un premier ministre serait fondé à appliquer un texte de loi, même face à la grogne de la rue qui n'a quand même rien d'une situation révolutionnaire. Après tout, si les étudiants ne veulent plus aller en cours, cela n'empêche pas un pays de fonctionner normalement. Il vaudrait mieux s'interroger sur les raisons de leur malaise qui àa à voir avec  l'impossibilité de toute réforme de l'université depuis 20 ans parce que les mêmes étudiants croient obstinément que l'ont peut avoir des diplômes qualifiants sans selection.

En Allemagne quand Shröeder a perdu une élection dans un seul Lander il a décidé de convoquer des élections générales pour demander au peuple de clarifier cette situation et éventuellement de lui donner un nouveau mandat. Il a failli gagner et aurait été conforté dans son programme de réformes. En France, non seulement ce Président a été élu sans que son score ait une signification politique claireet  cette majorité élue sur un programme flou, mais lorsqu'elle a perdu 20 régions sur 22, il ne s'est rien passé.

Dans ces conditions il ne faut pas s'étonner que la France fasse du surplace et  céde à la tentation de l'enfermement.

 
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