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03/03/2006

Langues pendues ou fourchues ?

La justice est saisie après les insultes proférées publiquement par Georges Frêche, non pas contre les Harkis en général mais contre quelques uns avec lesquels il avait un différent politique. Cela reste un comportement particulièrement indigne, venant d'un élu du peuple. Frêche a finalement été suspendu des instances du PS, mais Hollande, décidément allergique aux conflits s'est fait prier. La France devrait s'inspirer du système anglais qui permet de mettre en congé temporairement un élu, un peu comme une exclusion temporaire dans une compétition sportive. Ken Livingstone, le maire de Londres, vient d'en faire les frais: 4 semaines de suspension pour voir traité un journaliste juif de "gardien de camp de concentration." Au moins Frêche s'est-il excusé, ce qu'a obstinément refusé Livingstone.
Au delà de cette lamentable affaire, il peut-être intéressant de poser la question des limites imposées au discours politique, ou par extension à d'autres catégories de professions en contact avec le public comme les enseignants ou les journalistes, dont on veut à la fois qu'ils s'écartent le plus possible de la langue de bois et du politiquement correct, au risque de choquer des minorités ou des communautés de plus en plus chatouilleuses sur la question.
La longue liste des dérapages de Frêche ne plaide pas en sa faveur, c'est pourquoi un rappel à l'ordre, et en effet une sanction s'imposait.
En revanche, il me semble que la suspension, pour 4 mois, du professeur de physique du lycée d'enseignement catholique Gerson (Paris XVI) relève de l'acharnement. "S'il tu as froid dans le frigo (la dour de récréation ou l'élève juif était puni), il restera de la place pour toi dans le four." avait ironisé M. Ricci. Sans doute la blague n'est-elle pas bien maligne. Mais il ne faut pas confondre balourdise et antisémitisme. Certains élèves font remarquer que "le four" c'était pour M. Ricci le bureau du surveillant général où "ça chauffe pour les élèves." On ne peut accuser aussi légèrement un homme d'antisémitisme.
Où alors au train ou vont les choses il faudra bientôt rebaptiser la rue du Four à Paris, au motif qu'elle rappellerait de mauvais souvenir aux juifs...
Cette histoire me rappelle la scène inaugurale de "La tâche", le roman de Roth. Un professeur d'université commet l'imprudence de se demander devant sa classe si deux de ses élèves qui brillent par leur absence ne sont pas des "zombies". Il ignore qu'il s'agit de deux étudiants noirs et c'est le début d'un enfer qui va conduire à sa suspension pour cause de propos racistes...

 

Commentaires

Les langues fourchent de partout et dans un pays doué de la parole vient un second don, celui de l'art de la justice, un vrai marché en expansion. Et les médias par leurs regards assidus et répétés peuvent à mon sens être accusés d'acharnement ciblés. Oui Dieudonné déconne dans son commerce, oui Georges Freches doit être irréprochable dans sont rôle. Suite à mon avis sur l'Inde, ne supportant pas un pays de castes hermétiques et haineuses, je constate en France des similitudes. Les associations juives de France sont très sensibles, je le comprend. L'histoire leurs donnent raisons. Cependant une douleur passée et l'histoire ne doivent pas nous handicaper dans nos respects mutuels, les français n'habitaient pas non plus tous à Vichy. J'en viens à un fait , j'ai écouté, lors de la promo sur TF1 du spectacle d'Arthur, une tirade mettant en scènes toutes la gente féminine dans le rôle de prostituées hormis celle qui peut nous être mariée et puis Le pape Benoit 16 cité comme un possible amant de ces prostituées. Alors voilà ai-je droit de l'exprimer sans que quelqu'un discerne dans mes propos une goutte d'antisémitisme. Je vous avoue que je n'aime pas du tout Arthur, j'ai l'occasion parfois de l'entendre à la radio et je constate la aussi un dangereux "anti-catholisme" si l'on peut l'exprimer ainsi. Alors d'accord Dieudonné a fauté mais je désirerais tant une vigilance sur ces provocations d'Arthur. Quand j'avais TPS, j'aimais regardé TFJ, j'aimais entendre Mr Sitruck (désolé pour l'orthographe). J'avais ainsi un discours plein d'intélligence de culture. puis dans une autre emission de cette chaine, Je vois BHL parlait de manière virulante des palestiniens pour la défense d'Israël. Puis sur les discours sur les arméniens, j'entend intervenir un élu français, Mr Devédjian. Dans un pays laique comme la France, comment peut on avec tant de légèreté discourir contre elle ou en dehors de son sujet ? Le racisme à bien des formes, ce jour à la radio, l'animateur dit de ne plus appeler un de ses coéquipier "Zep" car le mot est déposé. Oui non seulement les expressions malencontreuses, parfois, à caractères exnophobes, non seulement les illustrations d'hommes historiques mais des mots, des slogans, des titres ne peuvent s'exprimer sans être taxés d'inconvenant et conmdanable pénalement ou inderdit car protéger de copyrignt. Et tout cela à commencé quand sur un timbre, la clop d'André Malraux avait été gratté !!! Liberté d'expression et vigileance.

Écrit par : Philippe | 14/03/2006

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